Bacterio

ACTINOBACILLUS EQUULI, “ACTINOBACILLUS TAXON 11 de BISGAARD”

Autres dénominations : Bacillus, nephritidis, equi, Bacterium, viscosum, equuli, pyosepticus, equirulis, pyosepticum, Eberthella, viscosa, Shigella

Maladies et dénominations associées

Actinobacillose des équidés

Description

Autres dénominations : "Bacillus nephritidis equi", "Bacterium viscosum equi", "Bacillus equuli", "Bacillus pyosepticus equi", "Bacillus equirulis", "Bacterium pyosepticum viscosum", "Bacterium pyosepticum viscosum equi", "Bacterium pyosepticum", "Bacterium equi", "Bacillus pyosepticus", "Eberthella viscosa", "Shigella equi", "Shigella viscosa", "Shigella equirulis", "Shigella equuli". Systématique Le genre Actinobacillus qui fait partie de la famille des Pasteurellaceae, est constitué de 15 espèces ayant un statut officiel dans la nomenclature dont une, Actinobacillus equuli, est responsable d’infections souvent graves chez les équidés. Les équidés peuvent également héberger des souches, décrites initialement sous les dénominations de Actinobacillus suis ou de Actinobacillus equuli variant hémolytique et qui constituent en fait un groupe distinct dénommé "Actinobacillus taxon 11 de Bisgaard". Des études phylogéniques récentes montrent que le genre Actinobacillus forme un groupe hétérogène au sein des Pasteurellaceae. Ainsi, Actinobacillus equuli et "Actinobacillus taxon 11 de Bisgaard" sont phylogéniquement plus proches de Haemophilus parahaemolyticus que de Actinobacillus seminis et de Actinobacillus capsulatus. Caractères bactériologiques Actinobacillus equuli et "Actinobacillus taxon 11 de Bisgaard" sont des bacilles ou des coccobacilles, à Gram négatif, présentant souvent une coloration bipolaire, aéro-anaérobies facultatifs, immobiles et non sporulés. Les examens bactérioscopiques révèlent une alternance de formes bacillaires et de formes coccoïdes rappelant les lettres de l’alphabet morse. La culture peut être obtenue sur gélose de MacConkey ou sur gélose nutritive incubées en atmosphère normale mais la croissance est favorisée par l’emploi d’une gélose au sang et par l’incubation dans une atmosphère enrichie de 5 p. cent de CO2. Sur gélose au sang de mouton, les colonies de Actinobacillus equuli sont adhérantes à la gélose, très visqueuses, filantes et généralement non hémolytiques alors que les colonies de "Actinobacillus taxon 11 de Bisgaard" sont moins visqueuses, très adhérantes et entourées d’une faible zone d’hémolyse. En bouillon, les cultures, surtout celles de Actinobacillus equuli, donnent un sédiment visqueux. Les principaux caractères biochimiques sont donnés dans le tableau I. Habitat et pouvoir pathogène Comme les autres espèces du genre, Actinobacillus equuli et "Actinobacillus taxon 11 de Bisgaard" sont des commensaux des voies respiratoires, du pharynx et du tube digestif des animaux. Ces bactéries sont responsables d’infections connues sous le nom d’actinobacilloses ou de shigelloses (Actinobacillus equuli était appelé autrefois "Shigella equuli") qui sévissent chez les poulains et éventuellement chez les adultes. La shigellose du poulain représenterait entre 5 et 20 p. cent des causes de mortalité dans les premiers jours de la vie. Chez les poulains, la contamination semble se faire au moment du part. L’affection se traduit par une septicémie dont les signes cliniques apparaissent généralement dans les 24-48 premières heures suivant la naissance et qui conduit rapidement à la mort. Les animaux sont abattus (la maladie est parfois appelée maladie du sommeil ou maladie du poulain triste), couchés, anorexiques, la température rectale s’élève jusqu’à 41 °C et ils présentent de la diarrhée et des troubles respiratoires. Chez les poulains qui survivent à l’infection, on observe fréquemment des arthrites. A l’autopsie, on note des pétéchies présentes sur de nombreux organes, des abcès de la taille d’une tête d’épingle dans la corticale des reins et un liquide synovial hémorragique ou présentant des flocons de fibrine. Chez les adultes, l’infection conduit généralement à des septicémies et à des avortements sporadiques mais elle provoque également des abcès (notamment sous maxillaires), des troubles respiratoires (laryngites, pneumonies), des arthrites, des métrites et des mammites. Exceptionnellement, Actinobacillus equuli ou des bactéries proches ont été retrouvés chez l’homme à la suite de morsures de chevaux et ce germe a été isolé d’un cas de pneumopathie chez un jockey. Diagnostic bactériologique Les prélèvements sont de nature très variée : tissus présentant des lésions (les reins présentant des abcès de la corticale et les poumons constituent d’excellents prélèvements), liquide synovial, écouvillonnage nasaux, .... L’isolement est réalisé sur gélose au sang de mouton incubée à 37 °C dans une atmosphère enrichie en CO2. Après culture, le diagnostic repose sur les commémoratifs, sur l’aspect des colonies, sur la bactérioscopie et sur les caractères bactériologiques présentés dans le tableau I. Le diagnostic différentiel est à faire avec les autres membres de la famille des Pasteurellaceae. Les Haemophilus sp. sont facilement éliminés sur les caractères culturaux par contre, la distinction avec le genre Pasteurella est plus délicate (les galeries miniaturisées conduisent souvent à un diagnostic erroné de Pasteurella sp.) et devra recourir à un ensemble d’arguments basés notamment sur les caractères morphologiques, culturaux et biochimiques. Notons que, à l’exception de Pasteurella mairii, aucune pasteurelle n’est à la fois uréase +, indole -, ONPG +, gaz -. Sensibilité aux antibiotiques Actinobacillus equuli et "Actinobacillus taxon 11 de Bisgaard" sont sensibles à de nombreux antibiotiques : bêta-lactamines, aminosides, tétracyclines, chloramphénicol, sulfamides, ... mais une résistance a été observée vis-à-vis de la novobiocine et de l’oléandomycine. Prophylaxie Il n’existe pas de vaccins commerciaux permettant de prévenir l’infection et la prophylaxie repose uniquement sur des mesures d’hygiène et sur la désinfection des locaux. L’ingestion du colostrum par le poulain réaliserait une excellente prophylaxie des formes néonatales. Orientation bibliographique BAKER (J.R.) : An outbreak of neonatal deaths in foals due to Actinobacillus equuli. Vet. Rec., 1972, 90, 630-632. BISGAARD (M.) : Ecology and significance of Pasteurellaceae in animals. Zbl. Bakt., 1993, 279, 7-26. CARMAN (M.G.) et HODGES (R.T.) : Actinobacillus suis infection of horses. N.Z. Vet. J., 1982, 30, 82-84. DEWHIRST (F.E.), PASTER (B.J.), OLSEN (I.) et FRASER (G.J.) : Phylogeny of the Pasteurellaceae as determined by comparison of 16S ribosomal ribonucleic acid sequences. Zbl. Bakt., 1993, 279, 35-44. HARTWIGK (H.) et GERBER (H.) : Infectious diseases. In : Equine diseases (WINTZER HJ ed.) Verlag Paul Parey, Berlin, Hamburg, 1986, 359-393. JANG (S.S), BIBERSTEIN (E.L.) et HIRSH (D.C.) : Actinobacillus suis-like organisms in horses. Am. J. Vet. Res., 1987, 48, 1036-1038. KIM (B.H., PHILLIPS (J.E.) et ATHERTON (J.G.) : Actinobacillus suis in the horse. Vet. Rec., 1976, 98, 239. PEEL (M.M.), HORNIDGE (K.A.), LUPPINO (M.), STACPOOLE (A.M.) et WEAVER RE : Actinobacillus spp. and related bacteria in infected wounds of human bitten by horses and sheep. J. Clin. Microbiol., 1991, 29, 2535-2538. PHILLIPS (J.E.) : Genus III. Actinobacillus Brumpt 1910, 849AL. In : Bergey’s Manual of Systematic Bacteriology. Volume 1 (Krieg NR, Holt JG, eds), Williams & Wilkins, Baltimore, 1984, 570-576. PHILLIPS (J.E.) : Actinobacillus. In : Diagnostic procedures in veterinary bacteriology and mycology (Carter GR, Cole JR, eds) 5e Ed. Academic Press, Inc., San Diego, 1990, 143-149. RICHARD (P.), CAILLON (J.), DRUGEON (H.B.) et ESCANDE (F.) : Pneumopathie humaine à Actinobacillus equuli. Méd. Mal. Infect., 1991, 21, 654-656. VAISSAIRE (J.), COLLOBERT-LAUGIER (C.), BAROUX (D.) et PLATEAU (E.) : L’actinobacillose (shigellose) du poulain. Importance de l’affection. Bull. Acad. Vét. de France, 1987, 60, 385-391. YONG (C.W.) et GRIFFIN (S.) : An outbreak of actinobacillosis in foals. Can. Vet. J., 1992, 33, 192.

Source archivée : consulter la page originale