Aeromonas molluscorum
Créé le 23 novembre 2004
AEROMONAS MOLLUSCORUM
Voir aussi le fichier : ¤ "Aeromonadales, Aeromonadaceae".
Systématique
Les résultats d'une étude phénotypique, publiée en 2002, permettent à Miñana-Galbis et al. de caractériser cinq souches du genre Aeromonas, isolées de mollusques bivalves (Cardium sp., Donax trunculus, Ensis sp., Mytilus sp.) et constituant un phénon particulier que les auteurs appellent le phénon VI.
En 2004, la même équipe soumet ces cinq souches à une étude de "taxonomie mixte et consensuelle" (polyphasic taxonomy ; voir le fichier ¤ "Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne").
L'étude des ARNr 16S confirme l'appartenance des cinq souches au genre Aeromonas et montre qu'elles sont phylogénétiquement plus proches de Aeromonas encheleia que des autres espèces du genre.
L'étude du génome effectuée par AFLP (Amplified Fragment Length Polymorphism) révèle que les cinq souches forment un groupe distinct de tous les autres représentants du genre Aeromonas.
Les valeurs du G + C p. cent des cinq souches sont comprises entre 59,0 et 59,4 ce qui est compatible avec les valeurs obtenues avec les autres espèces du genre Aeromonas (G + C p. cent variant de 40 à 63).
Les hybridations ADN-ADN, réalisées sur deux des cinq souches isolées de mollusques bivalves (les souches 848T et 93M), mettent en évidence un pourcentage d'homologie de 93 p. cent. En revanche, les pourcentages d'homologie obtenus entre l'ADN de la souche 848T et l'ADN des souches types des diverses espèces du genre Aeromonas sont inférieurs à 45. Les cinq souches constituent donc une genomospecies distincte (voir le fichier ¤ "Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne").
Cette genomospecies peut être caractérisée par ses caractères phénotypiques si bien que, le 15 novembre 2004, Miñana-Galbis et al. valident la nomenclature de Aeromonas molluscorum (souche type 848T = CECT 5864 = LMG 22214).
Caractères bactériologiques
Aeromonas molluscorum présente les caractères généraux de la famille des Aeromonadaceae* et du genre Aeromonas**.
. Les souches de Aeromonas molluscorum se présentent comme des bacilles à Gram négatif, droits, de 1,2 à 2,2 µm de longueur sur 0,5 à 1,0 µm de diamètre, mobiles grâce à un flagelle polaire, aéro-anaérobies, chimio-organotrophes, à métabolisme oxydatif et fermentatif, oxydase positive, catalase positive, réduisant les nitrates en nitrites et résistants à 150 µg de O/129.
. Une réponse positive est obtenue avec les tests ADH, rouge de méthyle, ONPG, hydrolyse de l'esculine, hydrolyse de la gélatine, DNase, hydrolyse de l'arbutine, acidification du L-arabinose, de l'arbutine (à l'exception d'une souche), du D-cellobiose (à l'exception d'une souche), de la dextrine, du D-galactose, du glycérol, du D-mannitol, du D-mannose, du D-saccharose et du D-tréhalose.
. Une réponse négative est notée pour les tests indole, VP, LDC, ODC, uréase, production de gaz lors de l'acidification du glucose, production d'hydrogène sulfuré à partir de la cystéine ou du thiosulfate, hydrolyse de l'amidon, hydrolyse de l'élastine, hydrolyse de la xanthine, acidification du lactose, du D-mélibiose, du D-raffinose, du L-rhamnose, du sorbitol et du D-xylose.
. Quelques caractères permettant de différencier Aeromonas molluscorum des autres espèces mésophiles du genre Aeromonas sont donnés dans le tableau I et dans le tableau II.
La température optimale de croissance est comprise entre 25 et 30 °C, mais Aeromonas molluscorum est capable de se multiplier à des températures variant de 4 à 37 °C. En revanche, aucune culture n'est obtenue à 40,5 °C.
Aeromonas molluscorum cultive en présence de 0 à 3 p. cent de NaCl et à un pH de 9, mais aucune culture n'est observée en présence de 6 p. cent de NaCl ou à un pH de 4,5.
Sur gélose de MacConkey, les colonies sont incolores.
Après 48 heures d'incubation à 25 °C, les colonies obtenues sur une gélose trypticase soja sont circulaires, non pigmentées ou de couleur beige, translucides ou opaques et leur diamètre varie de 3 à 4 mm.
Habitat et pouvoir pathogène
L'habitat et le pouvoir pathogène de Aeromonas molluscorum sont encore inconnus. Toutes les souches ont été isolées de mollusques bivalves, prélevés en 1997, chez des commerçants de Barcelone (Espagne).
Diagnostic bactériologique
Après broyage de 25 grammes de chair dans 250 mL d'une solution de Ringer diluée au quart, les souches de Aeromonas molluscorum peuvent être isolées sur le milieu sélectif de Havelaar*** et sur le milieu sélectif de Havelaar contenant 10 mg d'ampicilline par litre. L'isolement peut être précédé d'une phase d'enrichissement de 18 heures dans un bouillon à pH 9 ou dans un bouillon trypticase soja.
Les colonies jaunes, susceptibles d'être des Aeromonas sp., sont ensuite identifiées par leurs caractères phénotypiques (voir tableau I).
Les espèces phénotypiquement les plus proches sont Aeromonas caviae, Aeromonas media et ¤ Aeromonas simiae.
. L'absence de production d'indole et l'absence d'hydrolyse de l'amidon différencient Aeromonas molluscorum de Aeromonas caviae qui donne une réponse positive à ces deux tests.
. Aeromonas media produit un pigment brun diffusible, elle possède un pouvoir indologène et elle hydrolyse l'amidon.
. Aeromonas molluscorum donne une réponse négative au test LDC et elle acidifie le L-arabinose et le D-mannitol, ce qui différencie cette espèce de ¤ Aeromonas simiae.
Orientation bibliographique
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Voir aussi
Source : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire, J.P. Euzéby — version archivée.