Bacterio

Arcanobacterium

Autres dénominations : Arcanobacterium, bernardiae, Actinomyces, haemolyticum, Corynebacterium, pyogenes, Bacillus pyogenes

Description

Autres dénominations : Arcanobacterium bernardiae : Actinomyces bernardiae. Arcanobacterium haemolyticum : "Corynebacterium haemolyticum". Arcanobacterium pyogenes : "Bacillus pyogenes", Corynebacterium pyogenes, Actinomyces pyogenes. Systématique Le genre Arcanobacterium a été créé pour une espèce préalablement connue sous le nom de "Corynebacterium haemolyticum" et il compte actuellement 4 espèces : Arcanobacterium bernardiae, Arcanobacterium haemolyticum, Arcanobacterium phocae et Arcanobacterium pyogenes. "Corynebacterium haemolyticum" a été isolé pour la première fois en 1946 de cas d'infections de l'homme et placé dans le genre Corynebacterium. La position taxonomique de cette bactérie ainsi que ses relations avec Corynebacterium pyogenes (actuellement Arcanobacterium pyogenes) ont été controversées et cette nomenclature n'a pas été intégrée dans les "Approved Lists of Bacterial Names". Certains auteurs, ont proposé de placer "Corynebacterium haemolyticum" et Corynebacterium pyogenes dans le genre Streptococcus et ont considéré que "Corynebacterium haemolyticum" n'était qu'un mutant de Corynebacterium pyogenes. En 1982, Collins et al. montrent que "Corynebacterium haemolyticum" et Corynebacterium pyogenes sont deux taxons distincts (notamment ils diffèrent par la structure de leurs ménaquinones) et que "Corynebacterium haemolyticum" et Corynebacterium pyogenes ne sont ni des streptocoques ni des corynébactéries. Les auteurs concluent que Corynebacterium pyogenes devrait être placé dans le genre Actinomyces et que la position taxonomique de "Corynebacterium haemolyticum" reste à élucider. Dans une publication ultérieure, en se basant sur les résultats d'études de taxonomie numérique et de chimiotaxonomie, Collins et al. (1982) confirment leurs résultats et ils proposent de placer "Corynebacterium haemolyticum" dans le nouveau genre Arcanobacterium avec la nomenclature de Arcanobacterium haemolyticum. Ces nouvelles nomenclatures ont été validées en 1983. Les travaux de Stackebrandt et al. (1997) permettent de placer le genre Arcanobacterium dans la classe des Actinobacteria, sous-classe des Actinobacteridae, ordre des Actinomycetales, sous-ordre des Actinomycineae, famille des Actinomycetaceae. Corynebacterium pyogenes est une espèce connue depuis longtemps et cette nomenclature figure dans les "Approved Lists of Bacterial Names" bien que l'absence d'acide mycolique, l'absence de communauté antigénique avec d'autres corynébactéries (dont Corynebacterium diphtheriae), la présence de lysine au lieu de l'acide meso-diaminopimélique dans la chaîne tétrapeptidique du peptidoglycane, la présence de glucose et de rhamnose au lieu de galactose et d'arabinose comme sucres majeurs de la paroi, l'absence de catalase, l'absence de métabolisme aérobie et les résultats de plusieurs études de taxonomie numérique suggèrent que cette bactérie n'est pas une corynébactérie. En dépit de quelques caractéristiques communes avec les streptocoques (notamment, du fait de la présence de rhamnose, Corynebacterium pyogenes réagit avec un sérum spécifique dirigé contre l'antigène du groupe G de Lancefield), Corynebacterium pyogenes n'appartient pas au genre Streptococcus car il a un métabolisme hétérofermentaire, il possède un cytochrome et la valeur de son G + C p. cent est plus élevée. En 1982, Reddy et al. proposent de transférer Corynebacterium pyogenes dans le genre Actinomyces. Leur argumentation repose sur la nature des acides produits lors de la fermentation du glucose, sur le fait que Corynebacterium pyogenes comme la plupart des Actinomyces sp. est une bactérie anaérobie aérotolérante, sur des similitudes dans les caractères biochimiques, sur des similitudes dans la composition de la paroi et dans l'ultrastructure, sur la présence de cytochrome b également retrouvé chez certains Actinomyces sp., sur la présence de communautés antigéniques avec Actinomyces odontolyticus et sur la valeur du G + C p. cent. Dans une étude ultérieure, une autre équipe arrive à des conclusions similaires et propose également le transfert de Corynebacterium pyogenes dans le genre Actinomyces. En 1997, Ramos et al. comparent les séquences des gènes codant pour l’ARNr 16S de toutes les espèces du genre Actinomyces (à l’exception de Actinomyces europaeus et de Actinomyces graevenitzii qui n’ont été décrites qu’en 1997), d’une souche de Actinomyces sp. (la souche M2546/94/1) isolée d’un phoque (Phoca vitulina) et de Arcanobacterium haemolyticum. Leurs résultats révèlent que Actinomyces pyogenes et Arcanobacterium haemolyticum sont étroitement apparentés ce qui conduit les auteurs à transférer Actinomyces pyogenes dans le genre Arcanobacterium. L'étude de Ramos et al. (1997) montre également que Actinomyces bernardiae ainsi que la souche M2546/94/1 sont phylogénétiquement proches de Arcanobacterium haemolyticum. Aussi, ces auteurs proposent une nouvelle combinaison (Arcanobacterium bernardiae) et la création d'une nouvelle espèce, Arcanobacterium phocae, pour accueillir la souche M2546/94/1 et 5 autres souches phénotypiquement semblables et toutes isolées de phoques. Caractères bactériologiques La définition du genre Arcanobacterium proposée par Collins et al. 1982 est la suivante : . L'examen d'une culture de 18 heures effectuée sur gélose au sang révèle des bacilles ténus, de forme irrégulière souvent groupés en V. Lorsque les cultures vieillissent, les bactéries deviennent granuleuses et se segmentent si bien qu'elles peuvent avoir l'allure de petits coques de forme irrégulière. Quelle que soit leur morphologie, ce sont des germes à Gram positif, non acidorésistants, immobiles et non sporulés. . Le type respiratoire est aéro-anaérobie. La température optimale de croissance est de 37 °C et la croissance est favorisée par l'adjonction de sang ou de sérum ainsi que par une incubation effectuée dans une atmosphère enrichie en CO2. Un chauffage de 15 min. à 60 °C provoque la mort des bactéries. Le glucose, la dextrine, le lactose et d'autres sucres sont acidifiés. . Le troisième acide aminé de la chaîne tétrapeptidique du peptidoglycane est de la lysine, la paroi ne contient pas d'acide mycolique et les acides gras à longues chaînes sont des acides non ramifiés et mono-insaturés. Les principales quinones respiratoires sont des ménaquinones tétrahydrogénées à 9 unités isoprènes. Le G + C p. cent est évalué à 50-52. L'espèce type est Arcanobacterium haemolyticum. L'inclusion de nouvelles espèces dans le genre Arcanobacterium n'a pas modifié de façon radicale la description de ce genre. Toutefois, l'acidification de la dextrine n'a pas été recherchée pour Arcanobacterium bernardiae et Arcanobacterium phocae, le résultat de l'acidification du lactose n'est pas précisé pour Arcanobacterium bernardiae, les ménaquinones de Arcanobacterium pyogenes possèdent 10 unités isoprènes (structure non précisée pour Arcanobacterium bernardiae et Arcanobacterium phocae) et les valeurs du G + C p. cent de Arcanobacterium bernardiae et de Arcanobacterium pyogenes sont supérieures à 52 (la valeur du G + C p. cent de Arcanobacterium phocae n'est pas précisée). Les caractères bactériologiques permettant de distinguer ces 4 espèces figurent dans le tableau I. Habitat et pouvoir pathogène L'habitat de Arcanobacterium haemolyticum et de Arcanobacterium bernardiae n'est pas connu avec certitude. Ces 2 espèces sont isolées d'infections de l'homme (infections pharyngées, infections cutanées, septicémies, infections du système nerveux central, endocardites et ostéomyélites pour Arcanobacterium haemolyticum, abcès, infections urinaires, infections oculaires, plaies et septicémies pour Arcanobacterium bernardiae). Dans le "Bergey's Manual of Systematic Bacteriology", Collins et Cummins précisent que Arcanobacterium haemolyticum a été parfois isolé chez des animaux domestiques, sans donner de précisions supplémentaires. A la connaissance de l'auteur, aucune autre publication ne fait état de l'isolement de cette bactérie en médecine vétérinaire. Arcanobacterium phocae a été isolé chez des phoques et son pouvoir pathogène est incertain. Arcanobacterium pyogenes est bien connu des bactériologistes vétérinaires car cette espèce, souvent associée aux muqueuses des animaux, est responsable d’infections notamment chez les ruminants et chez le porc. Plus rarement, des infections sont décrites chez l’homme et principalement chez des sujets vivants en zone rurale. Orientation bibliographique COLLINS (M.D.) et CUMMINS (C.S.) : Genus Arcanobacterium Collins, Jones and Schofield 1983, 438VP (effective publication: Collins, Jones and Schofield 1982, 1280). In: P.H.A. SNEATH, N.S. MAIR, M.E. SHARPE and J.G. HOLT (ed.) Bergey’s Manual of Systematic Bacteriology, vol. 2, The Williams & Wilkins Co., Baltimore, 1986, p. 1287-1288. COLLINS (M.D.) et JONES (D.) : Reclassification of Corynebacterium pyogenes (Glage) in the genus Actinomyces, as Actinomyces pyogenes comb. nov. J. Gen. Microbiol., 1982, 128, 901-903. 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