Bartonella tribocorum
Description
Voir aussi le fichier Bartonella.
Systématique
Chronologiquement, Bartonella tribocorum est la douzième espèce décrite au sein du genre Bartonella (voir : ). Cette nomenclature a été proposée en 1998 pour deux souches de Bartonella sp. isolées du sang de rats sauvages (Rattus norvegicus) vivant dans l'Est de la France.
Cette bactérie est présente dans les érythrocytes et elle possède les caractères phénotypiques du genre Bartonella.
La séquence du gène codant pour l'ARNr 16S présente un pourcentage d'homologie supérieur ou égal à 97,9 p. cent avec celles des souches types des autres espèces du genre* (l'homologie la plus forte, 99,6 p. cent, est observée avec Bartonella elizabethae) et l'analyse partielle de la séquence du gène codant pour la citrate synthétase montre un pourcentage d'homologie supérieur ou égal à 94,9 p. cent avec Bartonella sp. souche "C5-rat", Bartonella grahamii, Bartonella sp. souche "C7-rat" et Bartonella elizabethae.
Les études d'hybridation ADN - ADN effectuées avec les souches types des espèces phylogénétiquement proches** (homologie de séquence de l'ARNr 16S supérieure à 98 p. cent) montrent que les deux souches isolées constituent une nouvelle espèce.
Caractères bactériologiques
Bartonella tribocorum est un bacille à Gram négatif, de 0,5 mm de diamètre sur 1 à 2 mm de longueur, dépourvu de flagelle, aérobie, oxydase et catalase négatives.
Les caractères biochimiques ont été étudiés à l'aide de tablettes Rosco Diagnostica (VP, hydrolyse de la tributyrine, pyrazinamidase, activité peptidasique vis-à-vis de la proline-bêta-naphtylamide et de la benzoyl-arginine-bêta-naphtylamide [activité trypsine-like]) ou à l'aide du kit MicroScan® Rapid Anaerobe Panel (Baxter Diagnostics).
. Une réponse positive est notée pour les tests leucine-arylamidase, méthionine-arylamidase, lysine-arylamidase, glycine-arylamidase, arginine-arylamidase, tryptophane-arylamidase, glycylglycylarylamidase et activité trypsine-like.
. Un résultat négatif est obtenu pour les tests VP, pyrazinamidase, uréase, acidification du tréhalose, proline-arylamidase, pyrrolidonyl-arylamidase, hydrolyse du bis-p-nitrophényl phosphate et du p-nitrophényl N-acétyl-bêta-D-glucosaminide.
. Parmi les tests effectués, seule l'activité peptidasique vis-à-vis de la proline-bêta-naphtylamide permet de distinguer Bartonella tribocorum (réponse négative) de Bartonella alsatica (réponse positive).
Comme pour les autres bartonelles, la culture de Bartonella tribocorum est longue et difficile. A l'isolement, les colonies ne sont obtenues qu'après 10 jours d'incubation et, lors d'un repiquage, les colonies apparaissent en 5 jours. Sur une gélose Columbia enrichie de 5 p. cent de sang de lapin défibriné, incubée à 35 °C en atmosphère humide et en présence de 5 p. cent de CO2, les colonies sont rugueuses, enchâssées dans la gélose, compactes, difficiles à mettre en suspension et leur diamètre est inférieur à 1 mm.
Habitat et pouvoir pathogène
Les deux souches de Bartonella tribocorum ont été isolées de deux rats, capturés sur les bords du Rhin à l'aide d'un piège et retrouvés noyés au moment des analyses.
Le rat est une espèce animale capable de coloniser les biotopes urbains et ruraux, vivant parfois à proximité immédiate de l'homme et susceptible de contaminer l'homme soit sur un mode direct soit par l'intermédiaire de ses ectoparasites (telle que Xenopsylla cheopis). Le nombre de souches isolées est trop faible pour permettre une analyse épidémiologique et, actuellement, aucune donnée ne permet de savoir si Bartonella tribocorum est transmissible à l'homme.
On peut cependant remarquer :
- que plusieurs espèces de bartonelles (Bartonella bacilliformis, Bartonella clarridgeiae, Bartonella elizabethae, Bartonella henselae, Bartonella quintana et Bartonella vinsonii subsp. vinsonii) sont pathogènes pour l'homme et que certaines de ces espèces (notamment Bartonella henselae et Bartonella clarridgeiae) sont des agents de zoonoses ;
- que des souches de bartonelles ont déjà été isolées du sang de rats (Rattus norvegicus, Rattus rattus, Rattus sp.) dans différentes régions du monde (Bolivie, Paraguay, Pérou, USA) et que le taux d'infection peut atteindre 51 p. cent ;
- que l'une des souches isolées du rat (Rattus sp.) par Birtles et Raoult, la souche "C7-rat", appartient certainement à l'espèce Bartonella elizabethae ce qui suggère que Bartonella elizabethae pourrait être un agent de zoonose.
Orientation bibliographique
BIRTLES (R.J.) et RAOULT (D.) : Comparison of partial citrate synthase gene (gltA) sequences for phylogenetic analysis of Bartonella species. Int. J. Syst. Bacteriol., 1996, 46, 891-897.
HELLER (R.), KUBINA (M.), MARIET (P.), RIEGEL (P.), DELACOUR (G.), DEHIO (C.), LAMARQUE (F.), KASTEN (R.), BOULOUIS (H.J.), MONTEIL (H.), CHOMEL (B.) et PIÉMONT (Y.) : Bartonella alsatica sp. nov., a new Bartonella species isolated from the blood of wild rabbits. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 283-288.
HELLER (R.), RIEGEL (P.), HANSMANN (Y.), DELACOUR (G.), BERMOND (D.), DEHIO (C.), LAMARQUE (F.), MONTEIL (H.), CHOMEL (B.) et PIÉMONT (Y.) : Bartonella tribocorum sp. nov., a new Bartonella species isolated from the blood of wild rats. Int. J. Syst. Bacteriol., 1998, 48, 1333-1339.
* : Bartonella bacilliformis, Bartonella clarridgeiae, Bartonella doshiae, Bartonella elizabethae, Bartonella grahamii, Bartonella henselae, Bartonella quintana, Bartonella taylorii, Bartonella vinsonii subsp. berkhoffii et Bartonella vinsonii subsp. vinsonii.
Bartonella alsatica, espèce décrite en 1999, n'a pas été incluse dans cette étude et dans la publication décrivant Bartonella alsatica, le pourcentage d'homologie avec Bartonella tribocorum n'a pas été établi.
N.B. : Il n'existe pas de souches disponibles pour Bartonella peromysci et Bartonella talpae.
Retour
** : Bartonella doshiae, Bartonella elizabethae, Bartonella grahamii, Bartonella henselae, Bartonella quintana, Bartonella taylorii et Bartonella vinsonii subsp. vinsonii.
Retour
Source archivée : consulter la page originale