Bacterio

Bergeyella zoohelcum

Autres dénominations : Weeksella, zoohelcum

Description

Autres dénominations : CDC groupe IIj, Weeksella zoohelcum. Systématique Dans le Bergey’s Manual of Systematic Bacteriology, le genre Flavobacterium comprend 24 espèces (dont 17 sont considérées comme incertae sedis) ainsi que les bactéries des groupes CDC IIf et IIj. En 1986, les souches des groupes IIf et IIj ont été placées dans le nouveau genre Weeksella sous les dénominations respectives de Weeksella virosa et de Weeksella zoohelcum. Les espèces du genre Weeksella se différencient des flavobactéries par l’absence de pigmentation des colonies, par l’absence de pouvoir saccharolytique et par leur sensibilité à la pénicilline. En fait, le genre Weeksella apparaît hétérogène et, en 1994, Vandamme et al. proposent de restreindre le genre Weeksella à sa seule espèce type, Weeksella virosa et de transférer Weeksella zoohelcum dans le nouveau genre Bergeyella. Caractères bactériologiques La description du genre Bergeyella et de son unique espèce, Bergeyella zoohelcum, est la suivante : Bacilles à Gram négatif, non sporulés, non capsulés, immobiles, dépourvus de granules de poly-bêta-hydroxybutyrate, ne possédant pas de sphingolipides, aérobies à métabolisme respiratoire, chimio-organotrophes, inactifs sur les sucres. Caractères positifs : catalase, oxydase, indole, uréase (milieu de Christensen ou de Ferguson) et sensibilité au composé vibriostatique O/129. Caractères négatifs : oxydation ou fermentation des sucres, nitrate réductase, nitrite réductase , hydrolyse de l'esculine, hydrolyse du Tween 80, hydrolyse de l'amidon, hydrolyse de la tyrosine, citrate de Simmons, H2S, lysine décarboxylase, ornithine décarboxylase, arginine di-hydrolase et bêta galactosidase. Caractères variables : gélatinase (caractère généralement positif mais les résultats peuvent être variables selon les techniques utilisées). Les principaux caractères permettant de différencier ce genre des genres apparentés sont présentés sur le tableau I. Une culture est obtenue pour températures comprises entre 18 °C et 42 °C mais, le germe ne cultive pas à 5 °C. Après 24-48 heures d'incubation sur gélose au sang de cheval, les colonies sont circulaires, non pigmentées, non hémolytiques, d’aspect butyreux ou muqueux et leur diamètre est compris entre 0,5 et 1 mm. La croissance est faible après culture sur gélose nutritive et nulle sur gélose de MacConkey ou sur une gélose au cétrimide ou sur gélose samonella-shigella. Habitat et pouvoir pathogène Bergeyella zoohelcum semble faire partie de la flore normale de la cavité buccale et des voies respiratoires supérieures des carnivores (selon les études, 38 à 90 p. cent des chiens seraient porteurs). Cette espèce est isolée de plaies consécutives à des morsures ou à des griffures de chats et surtout de chiens pouvant conduire à des complications (abcès, septicémies, méningites). Diagnostic bactériologique Le diagnostic n’est pas difficile dans la mesure où le bactériologiste connaît l’existence de cette bactérie et pense à la rechercher après morsures ou griffures infligées par un carnivore. Outre les caractères morphologiques et culturaux, l’identification repose sur le type respiratoire, la présence d’une oxydase, l’absence de pouvoir saccharolytique, la production d’indole, la présence d’une uréase intense et rapide (environ 5 minutes) sur milieu de Ferguson et sur la sensibilité au composé vibriostatique O/129. Sensibilité aux antibiotiques La sensibilité aux antibiotiques est bonne, notamment à la pénicilline G, à l’ampicilline, à la céfalotine, à la streptomycine, à l’érythromycine, aux tétracyclines, à l’acide nalidixique, à la rifampicine et aux sulfamides. Quelques souches résistent toutefois à la kanamycine et à la polymyxine B. Orientation bibliographique BAILIE (W. E.), STOWE (E.C.) et SCHMITT (A.M.) : Aerobic bacterial flora of oral and nasal fluids of canines with reference to bacteria associated with bites. J. Clin. Microbiol., 1978, 7, 223-231. BIZET (C.), BIMET (F.), CRUAUD (C.), NOELL (F.) et KIREDJIAN (M.) : Quatre cas d’infections humaines à Weeksella zoohelcum. Méd. Mal. Infect., 1989, 19, 788-790. ESCANDE (F.) et LION (C.) : Epidémiologie (1985-1992) des infections à Pasteurella et bactéries apparentées. Méd. Mal. Infect., 1993, 23 (spécial), 520-525. HOLMES (B.), STEIGERWALT (A.G.), WEAVER (R.E.) et BRENNER (D.J.) : Weeksella zoohelcum sp. nov. (formely group IIj), from human clinical specimens. System. Appl. Microbiol., 1986, 8, 191-196. HOLMES (B.), STEIGERWALT (A.G.), WEAVER (R.E.) et BRENNER (D.J.) : Weeksella virosa gen. nov., sp. nov. (formerly group IIf) found in human clinical specimens. System. Appl. Microbiol., 1986, 8, 185-190. REINA (J.) et BORRELL (N.) : Leg abscess by Weeksella zoohelcum following dog bite. Clin. Infect. Dis., 1992, 14, 1162-1163. RICHARD (C) et KIREDJIAN (M.) : Méthodes de laboratoire pour l’identification des bacilles à gram négatif aérobies stricts (Pseudomonas, Alcaligenes, Flavobacterium, Acinetobacter, Brucella, Bordetella), 319 pages, Institut Pasteur, Paris, 1992. SAPHIR (D.A.) et CARTER (G.R.) : Gingival flora of the dog with special reference to bacteria associated with bite. J. Clin. Microbiol., 1976, 3, 344-349. TATUM (H.W.), EWING (W.H.) et WEAVER (R.E.) : Chapter 24. Miscellaneous Gram-negative bacteria. In : Manual of clinical microbiology, second edition. E.H. LENNETTE, E.H. SPAULDING et J.P. TRUANT (ed.), American Society for Microbiology, Washington, 1974, 270-294. VANDAMME (P.), BERNARDET (J.F.), SEGERS (P.), KERSTERS (K.) et HOLMES (B.) : New perspectives in the classification of the flavobacteria : description of Chryseobacterium gen. nov., Bergeyella gen. nov., and Empedobacter nom. rev. Int. J. Syst. Bacteriol., 1994, 44, 827-831.

Source archivée : consulter la page originale