Enterococcus canis
Créé le 11 août 2003
Dernière modification le 02 juillet 2004
ENTEROCOCCUS CANIS
La nomenclature de Enterococcus canis a été validement publiée le 7 juillet 2003 par De Graef et al. pour deux souches, isolées en association avec d'autres bactéries, de l'oreille externe de chiens souffrant d'otite chronique et pour 11 souches isolées d'écouvillonnages rectaux de chiens en bonne santé.
Pour De Graef et al., l'habitat de Enterococcus canis serait l'intestin. Les deux souches isolées d'otites externes seraient de simples contaminants non impliqués dans le processus inflammatoire (les lésions de l'oreille externe sont en effet fréquemment contaminées par la flore fécale).
Outre leurs caractères bactériologiques, les 13 souches ont été initialement identifiées par leurs profils de restriction des espaces intergéniques situés entre les gènes codant pour les ARNt (tDNA-PCR).
Les séquences des ARNr 16S d'une souche isolée de l'oreille externe (la souche LMG 12316 qui sera désignée comme la souche type) et d'une souche isolée de la flore anale présentent 99,6 p. cent d'homologie. Une comparaison des séquences des ARNr 16S montre une forte homologie avec les souches types des espèces placées dans le groupe Enterococcus faecium1 (98,4 à 99,0 p. cent d'homologie) et avec les souches types des espèces placées dans le groupe Enterococcus avium2 (97,9 à 98,3 p. cent d'homologie). Toutefois, les homologies ADN - ADN, effectuées entre les souches isolées du chien et les souches types des espèces placées dans le groupe Enterococcus faecium, ne dépassent pas 13 p. cent. Les souches d'origine canine constituent donc une nouvelle genomospecies3 au sein du groupe Enterococcus faecium ce qui est confirmé par l'analyse électrophorétique des protéines cellulaires. Un tel résultat, déjà observé pour d'autres espèces du genre Enterococcus, illustre bien les limites du séquençage des ARNr 16S pour définir une espèce bactérienne4.
Les souches d'origine canine peuvent être identifiées par leurs caractères bactériologiques ce qui conduit De Graef et al. à proposer la nomenclature de Enterococcus canis.
Les souches de Enterococcus canis sont constituées de coques légèrement allongés, à Gram positif, aéro-anaérobies, immobiles, non sporulés, groupés en paires, en courtes chaînes ou en amas.
La présence de l'antigène du groupe D de Lancefield (recherche effectuée avec des kits "Streptococcal Grouping kit" de Oxoid) donne un résultat variable selon les souches.
Les principaux caractères biochimiques ont été étudiés à l'aide de galeries API 50CH, de galeries API 20 STREP, de galeries BBL Crystal Gram-positive ID kit5 et de tablettes Rosco.
Une réponse positive est observée pour les tests hydrolyse de l'esculine, leucine arylamidase, pyrrolidonyl arylamidase, L-acide pyroglutamique-AMC (réaction parfois faiblement positive), L-phénylalanine-AMC, 4MU-alpha -D-glucoside, L-tryptophane-AMC, L-valine-AMC, 4MU-phosphate, L-isoleucine-AMC, p-nitrophényl-bêta-D-glucoside, p-nitrophényl-phosphate et p-nitrophényl-bêta-D-cellobioside.
Une réponse négative est obtenue pour les tests hippurate, bêta-glucuronidase, bêta-galactosidase et phosphatase alcaline.
Une réponse variable selon les souches ou la technique utilisée est notée pour les tests arginine dihydrolase (résultat négatif avec une galerie API 20 STREP ou une tablette Rosco alors que 6 souches sur 13 donnent un résultat positif avec une galerie BBL Crystal Gram-positive ID kit), VP (résultat négatif avec une galerie API 20 STREP alors que 2 souches sur 13 donnent un résultat positif avec une tablette Rosco), 4MU-bêta-D-glucuronide et uréase (des résultats variables sont obtenus en utilisant des galeries BBL Crystal Gram-positive ID kit alors que la réponse est positive avec les autres rechniques).
En utilisant une galerie API 20 STREP ou API 50CH, Enterococcus canis acidifie l'amygdaline, le L-arabinose, l'arbutine, le cellobiose, le D-fructose, le galactose, le bêta-gentiobiose, la N-acétyl-glucosamine, le gluconate, le 2-cétogluconate (réponse souvent tardive), le D-glucose, le glycérol (réponse souvent tardive), le lactose, le maltose, le D-mannose, le mannitol, le ribose et la salicine.
Une réponse négative est notée pour l'acidification de l'adonitol, du D-arabitol, du L-arabitol, du dulcitol, de l'érythritol, du D-fucose, du L-fucose, du 5-cétogluconate, du glycogène, de l'inuline, du D-lyxose, de l'alpha-méthyl-D-mannoside, du mélézitose, du mélibiose, du D-raffinose, du rhamnose, du sorbitol, du L-sorbose, du D-tagatose, du D-turanose, du xylitol et du L-xylose.
L'acidification de l'amidon, du D-arabinose, de l'alpha-méthyl-D-glucoside, du saccharose, du tréhalose et du D xylose est variable selon les souches.
La croissance n'est pas affectée par la présence ou l'absence de dioxyde de carbone. Elle est optimale pour une température de 37 °C mais Enterococcus canis cultive aussi à 25, 30 ou 42 °C.
Les souches cultivent en présence de 6,5 p. cent de NaCl, sur le milieu de Edwards6 (colonies hydrolysant l'esculine) et sur le milieu bile-esculine7 (croissance abondante avec noircissement du milieu). Après 24 heures d'incubation, aucune croissance n'est observée sur le milieu de Slanetz-Bartley8. Toutefois, après 48 heures d'incubation on voit apparaître de minuscules colonies. L'absence de croissance (ou la faible croissance) observée sur la gélose de Slanetz-Bartley révèle une sensibilité à l'azide de sodium.
Les colonies obtenues sur une gélose au sang de cheval sont circulaires, lisses et elles s'entourent d'une zone d'hémolyse alpha.
Les principaux caractères permettant de différencier Enterococcus canis des autres espèces placées dans le groupe de Enterococcus faecium sont présentés dans le tableau I.
Orientation bibliographique
BAELE (M.), BAELE (P.), VANEECHOUTTE (M.), STORMS (V.), BUTAYE (P.), DEVRIESE (L.A.), VERSCHRAEGEN (G.), GILLIS (M.) et HAESEBROUCK (F.) : Application of tRNA intergenic spacer PCR for identification of Enterococcus species J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 4201-4207.
DE GRAEF (E.M.) : Communication personnelle en date du 11 août 2003.
DE GRAEF (E.M.), DEVRIESE (L.A.), VANCANNEYT (M.), BAELE (M.), COLLINS (M.D.), LEFEBVRE (K.), SWINGS (J.) aetnd HAESEBROUCK (F.) : Description of Enterococcus canis sp. nov. from dogs and reclassification of Enterococcus porcinus Teixeira et al. 2001 as a junior synonym of Enterococcus villorum Vancanneyt et al. 2001. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2003, 53, 1069-1074.
Erratum : Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2004, 54, 1423.
WILLIAMS (A.M.), RODRIGUES (U.M.) et COLLINS (M.D.) : Intragenic relationships of enterococci as determined by reverse transcriptase sequencing of small-subunit rRNA. Res. Microbiol., 1991, 142, 67-74.
Voir aussi
Source : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire, J.P. Euzéby — version archivée.