Bacterio

Globicatella

Description

Autre dénomination : Globicatella sanguinis : Globicatella sanguis. Systématique et caractères bactériologiques Le genre Globicatella et l'espèce Globicatella sanguis ont été proposés par Collins et al. en 1992 pour classer neuf souches bactériennes isolées de prélèvements d'origine humaine. Par la suite, ces nomenclatures ont été validement publiées par inscription sur la liste de validation n° 53 et l'épithète spécifique sanguis a été corrigé en sanguinis*. Les souches de Globicatella sp. se présentent sous la forme de coques ou de cellules ovoïdes, immobiles, à Gram positif, groupés par deux ou en courtes chaînes mais jamais en tétrades, aéro-anaérobies, catalase négative, acidifiant le glucose sans production de gaz, ne produisant pas d'acétoïne, arginine dihydrolase négative, produisant une pyrrolidonyl arylamidase mais pas de leucine arylamidase, sensibles à la vancomycine, dépourvus d'antigène de groupe de Lancefield et possédant un peptidoglycane du type A1alpha (voir le fichier Classification des peptidoglycanes selon Schleifer et Kandler). Sur gélose au sang de mouton, les colonies s'entourent d'une zone d'hémolyse alpha. La croissance est obtenue en présence de 6,5 p. cent de NaCl mais cette espèce ne cultive ni à 10 °C ni à 45 °C. Ces caractères phénotypiques, à l'exception du mode de groupement, évoquent une bactérie du genre Aerococcus. La séquence de 1340 nucléotides de l'ARNr 16S de la souche 1152-78 = NCFB 2835 = CCUG 32999 (qui deviendra la souche type de Globicatella sanguinis) présente environ 91 p. cent de similitude avec celles des souches types de Aerococcus viridans ou de Aerococcus urinae. Les études phylogénétiques montrent que la souche 1152-78 ainsi que les huit autres souches forment un groupe distinct des autres coques à Gram positif, aéro-anaérobies, dépourvus de catalase et identifiés en 1992. En 1997, Collins et al. caractérisent un nouveau genre, le genre Facklamia, phylogénétiquement plus proche de Globicatella sanguinis que ne le sont les Aerococcus sp. Outre les caractères mentionnés ci-dessus, les souches de Globicatella sanguinis hydrolysent l'esculine, l'hippurate et l'amidon et elles acidifient le glycogène, le maltose, le mannitol, le mélibiose, le raffinose, le ribose, la salicine, le saccharose et le tréhalose. Une réponse négative est obtenue pour la synthèse d'une uréase et pour l'acidification de l'arabinose, du glycérol et du sorbose. L'acidification du méthyl-bêta-D-glucopyranoside, du lactose, du pullulane et du sorbitol sont des caractères variables et il en va de même pour la synthèse d'une bêta-glucosidase. Habitat et pouvoir pathogène Les premières souches de Globicatella sanguinis ont été isolées de l'homme et, notamment, du sang, de l'urine, du LCR et de plaies. Le pouvoir pathogène de cette espèce est peu documenté mais certains malades présentaient une septicémie ou une infection urinaire ou une méningite. En novembre 2000, Vela et al. rapportent l'isolement, en culture pure, d'une souche de Globicatella sanguinis à partir du sang et du cerveau d'un agneau. L'animal, âgé de huit mois, faisait partie d'un troupeau au sein duquel 30 agneaux ont présenté des signes cliniques évoquant une infection par Listeria monocytogenes : anorexie, apathie, ataxie, nystagmus et port anormal de la tête. Douze animaux sont morts dans les deux à cinq jours suivant l'apparition des symptômes soit un taux de mortalité de 40 p. cent. Les examens nécropsiques et anatomo-pathologiques, réalisés sur un animal sacrifié, ont mis en évidence une congestion du cerveau, la présence de pétéchies sur les méninges, des lésions de méningo-encéphalite suppurée et la présence de coques à Gram positif dans les vaisseaux méningés. Un échantillon de sang, prélevé avant le sacrifice et cultivé dans un milieu diphasique pour hémoculture ainsi qu'un échantillon de cerveau cultivé sur une gélose Columbia au sang de mouton ont permis d'isoler un coque à Gram positif, catalase négative, aéro-anaérobies ne pouvant être identifié ni par le système API rapid ID 32 Strep ni par l'utilisation de galeries API 20 Strep. L'ARNr 16S de la souche isolée du cerveau présente 99,5 p. cent d'homologie avec la souche type de Globicatella sanguinis et une étude des caractères phénotypiques, réalisée en parallèle sur la souche d'origine ovine et sur la souche type de Globicatella sanguinis, révèle une similitude des deux souches. Un seul agneau a fait l'objet d'un examen bactériologique mais, compte tenu de l'analogie des signes cliniques observés chez tous les animaux malades, Vela et al. estiment que Globicatella sanguinis est à l'origine de tous les cas d'infection. À la connaissance de l'auteur, aucune autre souche de Globicatella sanguinis n'a été isolée (ou caractérisée) chez l'animal. Diagnostic bactériologique Le diagnostic de Globicatella sanguinis est un diagnostic très difficile et il convient de différencier cette bactérie des autres coques à Gram positif, aéro-anaérobies et dépourvus de catalase (voir tableau I). La démarche bactériologique consistant à placer une souche inconnue dans un genre puis dans une espèce n'est d'aucune aide car aucun caractère ne permet l'identification certaine du genre Globicatella. Compte tenu de cette difficulté, Vela et al. soulignent l'intérêt de l'étude de la séquence des ARNr 16S pour l'identification correcte de Globicatella sanguinis. La démarche consistant à étudier en parallèle une souche inconnue et les souches types des espèces phénotypiquement apparentées alourdit le travail mais pourrait éviter les nombreuses erreurs commises lors de l'identification des coques à Gram positif, aéro-anaérobies et dépourvus de catalase. En utilisant des techniques classiques, le diagnostic différentiel entre Globicatella sanguinis et les Aerococcus sp. ne repose que sur le mode de groupement. Facklamia hominis, Facklamia ignava, Facklamia languida et Facklamia tabacinasalis se différencient de Globicatella sanguinis car elles n'acidifient ni le maltose ni le mannitol ni le saccharose. L'acidification du mélibiose, du raffinose et du ribose permet de distinguer Globicatella sanguinis de Facklamia sourekii. Helcococcus ovis (espèce isolée chez le mouton), produit une leucine-arylamidase et donne une réponse négative aux tests pyrrolidonyl arylamidase, hydrolyse de l'esculine, hydrolyse de l'hippurate, hydrolyse de l'amidon et acidification du mannitol, du mélibiose, du raffinose, du ribose et du saccharose. Orientation bibliographique BASCOMB (S.) et MANAFI (M.) : Use of enzyme tests in characterization and identification of aerobic and facultatively anaerobic Gram-positive cocci. Clin. Microbiol. Rev., 1998, 11, 318-340. COLLINS (M.D.), AGUIRRE (M.), FACKLAM (R.R.), SHALLCROSS (J.) et WILLIAMS (A.M.) : Globicatella sanguis gen. nov., sp. nov., a new gram-positive catalase-negative bacterium from human sources. J. Appl. Bacteriol. 1992, 73, 433-437. COLLINS (M.D.), FALSEN (E.), LEMOZY (J.), ÅKERVALL (E.), SJÖDÉN (B.) et LAWSON (P.A.) : Phenotypic and phylogenetic characterization of some Globicatella-like organisms from human sources: description of Facklamia hominis gen. nov., sp. nov. 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VELA (A.I.), FERNÁNDEZ (E.), las HERAS (A.), LAWSON (P.A.), DOMÍNGUEZ (L.), COLLINS (M.D.) et FERNANDEZ-GARAYZABAL (J.F.) : Meningoencephalitis associated with Globicatella sanguinis infection in lambs. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 4254-4255. * : L'épithète spécifique, sanguis (nom latin au nominatif singulier et signifiant le sang), est un nominatif en apposition. De manière schématique, une apposition est un procédé grammatical dans lequel deux termes (mots ou expressions) sont juxtaposés de telle manière que le deuxième terme vienne compléter le sens du premier. En nomenclature bactérienne, il est possible d'utiliser l'apposition à condition que le résultat ait un sens. Par exemple, Bacillus pumilus (nominatif singulier du nom latin pumilus = nain) signifie Bacillus dictus pumilus ce qui peut se traduire comme "Bacillus dit ou appelé le nain". Cette dénomination est correcte compte tenu de la petite taille de cette bactérie. Dans le cas de Globicatella sanguis l'apposition n'a aucun sens car elle signifierait "Globicatella appelée le sang" (Globicatella dicta sanguis) ! Trüper et De' Clari ont donc corrigé l'épithète spécifique en sanguinis, génitif singulier du mot latin sanguis et signifiant du sang. Pour plus d'informations voir le fichier Nomenclature bactérienne. Retour

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