Helicobacter bilis, helicobacter hepaticus, helicobacter muridarum, helicobacter rodentium, helicobacter trogontum
Description
Introduction
L'étude au sein d'un même fichier de Helicobacter bilis, de Helicobacter hepaticus, de Helicobacter muridarum, de Helicobacter rodentium et de Helicobacter trogontum se justifie par l'habitat de ces bactéries qui colonisent l'intestin du rat et/ou de la souris.
En 1992, Lee et al. décrivent Helicobacter muridarum, première espèce du genre Helicobacter isolée de l'intestin du rat et de la souris. La découverte de cette espèce n'a passionné ni les microbiologistes ni les spécialistes des animaux de laboratoire et le nombre de publications consacrées à Helicobacter muridarum est peu important. L'intérêt pour les hélicobactéries intestinales de la souris et du rat date de 1993. À cette date des chercheurs du National Cancer Institute - Frederick Cancer Research and Development Center (Maryland, USA) attirent l’attention de la communauté scientifique sur la découverte d’une hélicobactérie pathogène pour la souris et notamment pour les animaux des lignées A/JCr et scid/NCr. Ultérieurement, cette nouvelle hélicobactérie sera appelée Helicobacter hepaticus. La mise en évidence de Helicobacter hepaticus a suscité de nombreux travaux et des enquêtes ont été effectuées afin de rechercher la présence de ce germe dans différents élevages de rongeurs de laboratoire. C'est à la faveur de ces enquêtes qu'ont été découverts, en 1995, 1996 et 1997, Helicobacter bilis, Helicobacter rodentium et Helicobacter trogontum.
D'autres hélicobactéries ont été mises en évidence dans l'intestin du rat et de la souris mais les nomenclatures de ces bactéries ont pas été validement publiées. Il s'agit, notamment, de "Helicobacter typhlonicus" (qui est génétiquement et morphologiquement identique à une espèce innommée décrite par Fox et al. en 1999) et de "Flexispira rappini".
"Flexispira rappini" a été isolée d'avortons d'ovins, d'hommes atteints de diarrhées, des selles de chiens et de souris apparemment sains et de l'estomac de chiens. Les analyses phylogénétiques montrent que "Flexispira rappini" est une hélicobactérie mais cette appellation est en fait une nomenspecies et les diverses souches se répartissent en au moins cinq groupes phylogénétiques dont chacun pourrait représenter une nouvelle espèce.
Systématique et caractères bactériologiques
Helicobacter bilis, Helicobacter hepaticus, Helicobacter muridarum, Helicobacter rodentium et Helicobacter trogontum ont été placés dans le genre Helicobacter sur la base de la séquence de leurs ARNr 16S.
L'analyse phylogénétique des espèces du genre Helicobacter permet de les répartir en quatre groupes. Helicobacter rodentium appartient à un groupe qui regroupe également Helicobacter pullorum, Helicobacter mesocricetorum ainsi que des souches innomées alors que Helicobacter bilis, Helicobacter hepaticus, Helicobacter muridarum et Helicobacter trogontum appartiennent à un groupe qui rassemble également Helicobacter canis, Helicobacter cinaedi, Helicobacter fennelliae ainsi que la souche ATCC 43879 de "Flexispira rappini".
Il convient de noter que les hybridations ADN - ADN n'ont pas toujours été effectuées or, comme le souligne Vandamme et al. (2000), seules les hybridations ADN - ADN (ou l'analyse électrophorétique des protéines qui donne des résultats équivalents) permettent de définir de nouvelles espèces au sein du genre Helicobacter.
Toutes ces espèces présentent les caractères généraux du genre Helicobacter* tels qu'ils sont définis par Vandamme et al. Helicobacter bilis, Helicobacter muridarum et Helicobacter trogontum se caractérisent par la présence de fibres périplasmiques et par une ciliature amphitriche formée de multiples flagelles alors que Helicobacter hepaticus et Helicobacter rodentium dont dépourvus de fibres périplasmiques et possèdent un seul flagelle à chacun des pôles de la cellule. Helicobacter rodentium se distingue des quatre autres espèces par son caractère uréase négative et par l'absence de gaine entourant les flagelles (à l'exception de Helicobacter mesocricetorum, de Helicobacter pullorum et de Helicobacter sp. souche Eaton 94-536 toutes les autres hélicobactéries ont des flagelles engainés).
Les principaux caractères bactériologiques figurent dans le tableau I et des caractères complémentaires sont donnés ci-dessous.
Helicobacter bilis est une bactérie de morphologie fusiforme ou légèrement spiralée et mesurant 0,5 mm de diamètre sur 4 à 5 mm de longueur. La culture est obtenue après 3 à 4 jours d’incubation à 37 ou à 42 °C, dans une atmosphère micro-aérophile, même en présence de 0,4 p. cent de chlorure de triphényltétrazolium ou de 20 p. cent de bile. Sur une gélose trypticase soja au sang ou sur une gélose Brucella au sang, la croissance se traduit par un léger voile et, plus rarement, par la présence de colonies punctiformes. Le germe ne produit ni hémolysine ni pigment. Dans les vieilles cultures, la présence de formes coccoïdes, possédant généralement des fibres périplasmiques et des flagelles, est fréquente. Aucune culture n’est observée à 25 °C ou sur un milieu contenant 1,5 p. cent de NaCl.
Helicobacter bilis produit de faibles quantités d'hydrogène sulfuré révélées par un papier filtre imprégné de sous-acétate de plomb.
Helicobacter hepaticus mesure 0,2 à 0,3 µm de diamètre sur 1,5 à 5,0 µm de longueur. La culture peut-être obtenue en anaérobiose mais elle est plus abondante en microa-érophilie. Les colonies obtenues après 3 à 7 jours d'incubation à 37 °C (gélose Columbia ou trypticase soja ou Brucella enrichies de sang) sont petites et elles présentent une tendance à l’étalement ce qui conduit à la formation d’un film de culture recouvrant les boîtes. Cette espèce cultive en présence de 1,5 p. cent de NaCl ou de 0,4 p. cent de chlorure de triphényl-tétrazolium en revanche, aucune culture n'est observée à 25 °C.
Helicobacter hepaticus produit de faibles quantités d'hydrogène sulfuré révélées par un papier filtre imprégné de sous-acétate de plomb.
Helicobacter muridarum est une bactérie spiralée, mesurant de 0,5 à 0,6 µm de diamètre sur 3,5 à 5,0 µm de longueur, formant fréquemment des formes coccoïdes de 2 à 4 µm de diamètre dans les vieilles cultures. Après deux à trois jours d'incubation à 37 °C sur des milieux humides et enrichis en sang ou en sérum, la croissance se traduit par la formation d'un film translucide. Aucune culture n'est obtenue en aérobiose, en anaérobiose, à 25 °C, à 42 °C, en présence de 2 p. cent de bile ou en présence de 1,5 p. cent de NaCl.
Helicobacter rodentium est une bactérie incurvée ou spiralée, de 0,3 mm de diamètre sur 1,5 à 5 mm de longueur et présentant des structures circulaires et intracytoplasmiques qui semblent contenir des granules de polyphosphate. Après 4 à 7 jours d’incubation sur une gélose Columbia au sang incubée à 37 °C dans une atmosphère micro-aérophile, la croissance se traduit par un léger voile ou, plus rarement, par des colonies de 1 à 2 mm de diamètre. La bactérie ne produit ni hémolysine ni pigment. La croissance est possible en présence de 1,5 p. cent de NaCl ou de 0,04 p. cent de chlorure de triphényltétrazolium. Aucune culture n’est obtenue à 25 °C mais environ 77 p. cent des souches cultivent à 42 °C.
Helicobacter trogontum est un germe de morphologie fusiforme ou légèrement spiralée et mesurant de 4,0 à 6,0 mm de longueur sur 0,6 à 0,7 mm de diamètre. Dans les cultures âgées, des formes coccoïdes et présentant des fibres périplasmiques sont fréquemment observées. La croissance est lente (3 à 5 jours d’incubation, en micro-aérophilie et à une température de 37 à 42 °C) et elle donne naissance à des colonies punctiformes puis à un film. Aucune culture n'est obtenue à 25 °C ou en présence de 1,5 p. cent de NaCl.
Habitat et pouvoir pathogène
Helicobacter bilis a été isolé du foie, de la vésicule biliaire, des caecums, du colon et de la rate chez des souris de lignée (C57BL, CBA/CA, DBA/2 et BALB/c), âgées de 19 à 27 mois et atteintes d’hépatite chronique et/ou d’hépatome. Ultérieurement, cette bactérie a été isolée de souris non consanguines et de l’estomac d’un chien cliniquement sain.
L’habitat normal de Helicobacter bilis semble être l’intestin et cette espèce n’est responsable d’aucun pouvoir pathogène chez les animaux normaux. Toutefois, chez des souris scid (ces animaux sont dépourvus de lymphocytes B et T), une co-infection par Helicobacter bilis et Helicobacter rodentium a été associée à des diarrhées sévères. L’inoculation par voie intrapéritonéale de 108 unités formant colonies à des souris scid possédant une flore intestinale contrôlée conduit à une inflammation intestinale avec des lésions de typhlocolite proliférative et l'inoculation par voie gastrique de 107 unités formant colonies conduit à des lésions de typhlite et, parfois, au développement d'une hépatite chronique active.
Pour des raisons encore inconnues, Helicobacter bilis peut coloniser le foie mais sa présence, même à la périphérie des lésions hépatiques, ne suffit pas à affirmer que cette espèce est pathogène.
Helicobacter bilis a également été mis en évidence (coloration à l'argent de Steiner, culture, étude de la séquence des ARNr 16S) dans les cryptes intestinales de rats athymiques (Cr:NIH-rnu). Les animaux présentaient des lésions de typhlite proliférative et ulcérative, de colite et de rectite. L'infection a été reproduite chez des rats athymiques par injection intrapéritonéale et la bactérie est isolée des fèces et des caecums des animaux inoculés.
Helicobacter hepaticus a été mis en évidence par une coloration à l’argent sur des foies de souris (lignées A/JCr, BALB/cAnCr, DBA/2NCr, B6C3F1, C3H/HeNCr, scid/NCr…) atteintes d’hépatite chronique active et présentant de multiples foyers de nécrose hépatique. Les bactéries sont d’abord présentes en périphérie des foyers de nécrose puis dans tout le parenchyme hépatique. En microscopie électronique, elles sont également visibles dans les canaux biliaires. Les premières lésions, observées chez des animaux âgés de 2 à 4 mois, consistent en des foyers de nécrose accompagnés d’une réaction inflammatoire modérée et non suppurée. Ces lésions évoluent et, chez des souris âgées de 8 à 10 mois, on note une hyperplasie cellulaire, une hépatocytomégalie, une hyperplasie des canaux biliaires et des infiltrats péribiliaires de leucocytes. L’inoculation par voie orale ou par voie intrapéritonéale d’un broyat de foie ou d’une culture bactérienne conduit à l’apparition de lésions identiques chez des animaux SPF ou axéniques. Chez les souris (notamment chez les mâles) des lignées A/JCr et B6C3F1 on note une fréquence anormalement élevée de tumeurs hépatiques conduisant à l’apparition de symptômes cliniques vers l’âge de 1 an. Chez des souris atteintes d'un déficit immunitaire (déficit immunitaire combiné sévère ou déficit en IL-10) et chez des souris nude l'infection peut conduire à une inflammation du gros intestin et à un prolapsus rectal.
Les facteurs de pathogénicité sont mal connus. Le rôle de l'uréase (qui est un facteur de virulence pour les hélicobactérie colonisant l'estomac) est discuté car de nombreuses espèces aptes à coloniser l'intestin en sont dépourvue ( Helicobacter canis, Helicobacter cholecystus, Helicobacter cinaedi, Helicobacter fennelliae, Helicobacter pametensis, Helicobacter pullorum, Helicobacter rodentium et "Helicobacter typhlonicus"). Helicobacter hepaticus produit une toxine CDT (cytolethal distending toxin) conduisant à une distension et à la mort des cellules HeLa et une cytotoxine (granulating cytotoxine) provoquant la formation de granules cytoplasmiques dans des celles de lignées de foie de souris (cellules CCL9.1).
L'infection a été décrite aux USA mais aussi dans d'autres pays (Allemagne, France, Pays Bas, Japon…). Dans les élevages infectés, la prévalence de l'infection peut atteindre 100 p. cent mais seuls 10 p. cent des animaux présentent des lésions hépatiques. Le germe est isolé du caecum et du colon aussi bien chez des souris normales que chez des souris présentant des lésions hépatiques. L’habitat normal du germe est certainement constitué par les cryptes de la muqueuse intestinale et des facteurs de nature encore indéterminée (virulence particulière de certaines souches, possession d’haplotypes H-2 particuliers, ...) pourraient expliquer la colonisation hépatique.
Helicobacter hepaticus n’a pas été mis en évidence chez le rat**, le hamster ou le cobaye mais des travaux sont en cours afin d’identifier d’autres hôtes potentiels. Chez des patients alcooliques et présentant des troubles hépatiques, des anticorps dirigés contre une protéine de membrane externe de 60-65 kDa ont été mis en évidence par Nilsson et al. ce qui peut évoquer le rôle de Helicobacter hepaticus ou d'autres hélicobactéries dans la pathogénie de certaines hépatites chroniques de l'homme. Toutefois, à la connaissance de l'auteur, aucune hélicobactérie n'a été isolée du foie chez l'homme.
Helicobacter muridarum colonise la muqueuse intestinale du rat et de la souris. Chez les souris âgées, cette bactérie peut gagner l'estomac et elle semble être à l'origine de gastrites chroniques.
L’habitat de Helicobacter rodentium semble être l’intestin de la souris et son pouvoir pathogène est peu documenté. Toutefois, chez des souris scid, une co-infection par Helicobacter rodentium et Helicobacter bilis a été associée à des diarrhées sévères.
Helicobacter trogontum a été isolé chez des rats de laboratoire de souche Wistar et de souche Holtzman. Les souches de Helicobacter trogontum ont pour origine la muqueuse du colon mais il semble que cette espèce puisse coloniser d’autres portions du tube digestif car des bactéries, morphologiquement similaires, ont été observées dans le canal biliaire de rats infectés expérimentalement par Fasciola hepatica. Expérimentalement, l'inoculation de souris axéniques par intubation gastrique (2 X 106 bactéries) permet d'isoler le germe du caecum et du colon et, parfois, de la muqueuse gastrique. Les animaux présentent une inflammation de la lamina propria et un infiltrat de cellules inflammatoires a été observé dans le foie de deux animaux. Cette dernière observation suggère que Helicobacter trogontum puisse excréter un facteur cytotoxique soluble pouvant provoquer des lésions hépatiques.
Diagnostic bactériologique et sérologique
Les infections par les hélicobactéries intestinales et notamment les infections à Helicobacter hepaticus semblent fréquentes et peuvent avoir des répercussions sur les résultats des expérimentations effectués sur des animaux de laboratoire (modifications des concentrations des enzymes hépatiques et des sels biliaires, interférences avec des travaux d'oncogénèse, présence de lésions histologiques pouvant simuler d'autres affections ou pouvant gêner la lecture des lames…). Dans de nombreux cas, les infections sont asymptomatiques et il est nécessaire de disposer de méthodes de diagnostic sensibles, simples et peu onéreuses afin de dépister les animaux porteurs de germes. Parmi les techniques disponibles (examens anatomopathologiques, isolement et identification, PCR et ELISA), la PCR et la mise en évidence d'anticorps sont les mieux adaptés à ces impératifs.
Des colorations à l'argent effectuées sur des coupes de foie permettent la mise en évidence de Helicobacter bilis et de Helicobacter hepaticus. Cette technique est toutefois peu sensible, peu spécifique et nécessite l'euthanasie des animaux.
La culture suivie d'une identification biochimique est difficile. Elle nécessite le recours à des milieux enrichis (géloses Columbia ou trypticase soja ou Brucella additionnées de sang et fraîchement préparées) éventuellement rendus sélectifs par l'adjonction d'un mélange d'antibiotiques (par exemple triméthoprime, vancomycine polymyxine B pour Helicobacter hepaticus), une atmosphère micro-aérophile et un temps d'incubation important (les boîtes doivent être conservées 3 semaines avant de conclure à une absence de germes). La filtration à travers des filtres de porosité 0,45 µm (pour Helicobacter hepaticus et Helicobacter rodentium) ou 0,65 µm (pour Helicobacter bilis, Helicobacter muridarum et Helicobacter trogontum) facilite l'isolement à partir de prélèvements contaminés.
Différents tests PCR ont été développés :
. PCR permettant l'amplification d'un segment de 417 pb de l'ADNr 16S spécifique de Helicobacter hepaticus.
. PCR permettant l'amplification d'un segment de 405 pb de l'ADNr 16S spécifique de Helicobacter hepaticus.
. PCR permettant l'amplification d'un segment de 166 pb de l'ADNr 16S spécifique de Helicobacter rodentium.
. PCR permettant l'amplification d'un segment de 888 pb de l'ADNr 16S spécifique de Helicobacter trogontum.
. PCR permettant l'amplification d'un segment de 638 pb de l'ADNr 16S spécifique de Helicobacter bilis.
. PCR utilisant des amorces permettant d'amplifier une séquence de 210 pb de l'ADNr 16S de Helicobacter muridarum et de Helicobacter hepaticus ou une séquence de 390 pb de l'ADNr 16S de Helicobacter bilis ou de "Flexispira rappini". L'obtention d'amplicons de 210 pb nécessite le recours à une deuxième PCR (Cf. supra) pour différencier Helicobacter hepaticus de Helicobacter muridarum. L'obtention d'amplicons de 390 pb ne permet pas de différencier Helicobacter bilis de "Flexispira rappini".
. PCR utilisant des amorces dirigées contre des séquences conservées de l'ADNr 16S et permettant l'amplification d'un fragment de 375 pb de l'ADN de Helicobacter bilis, de Helicobacter hepaticus, de Helicobacter muridarum et de "Flexispira rappini". L'analyse des fragments de restriction permet de distinguer les trois hélicobactéries mais ne permet de différencier Helicobacter bilis de "Flexispira rappini". La distinction entre ces deux taxons nécessite le recours à une PCR supplémentaire.
. …
La réalisation d'un test PCR sur les fèces se heurte à la présence d'inhibiteurs de la polymérase. Pour pallier cet inconvénient diverses modifications techniques ont été apportées à la technique PCR***.
Des tests ELISA ont été mis au point pour la recherche des IgG anti-Helicobacter hepaticus. L'antigène est constitué soit d'un mélange de protéines membranaires soit d'une protéine de membrane externe obtenue par recombinaison. Les anticorps sont détectables vers l'âge de six mois. Chez les animaux mâles, leur titre augmente vers huit mois pour atteindre un plateau à 12 mois alors que, chez les animaux femelles, les titres augmentent vers l'âge de 12 mois et atteignent un plateau vers l'âge de 18 mois.
La spécificité des deux tests est élevée (98 p. cent) mais la sensibilité est moindre (89 p. cent pour le test faisant appel à un mélange de protéines membranaires et 66 p. cent pour le test utilisant une protéine recombinante).
Sensibilité aux antibiotiques et traitement
À la connaissance de l'auteur, aucune étude sur la sensibilité in vitro aux antibiotiques n'a été publiée. En revanche, plusieurs publications envisagent l'éradication des infections à Helicobacter hepaticus par des traitements antibiotiques et/ou des traitements au bismuth et une publication fait état d'un essai de traitement de souris co-infectées par Helicobacter bilis et Helicobacter rodentium.
Il est important de souligner que l'infection par les hélicobactéries intestinales et, notamment, les infections à Helicobacter hepaticus peuvent avoir des répercussions sur les résultats expérimentaux et qu'il est nécessaire de travailler sur des animaux indemnes. Toutefois, le traitement des infections bactériennes des animaux de laboratoire doit être déconseillé pour au moins deux raisons : 1) les molécules administrées peuvent altérer les paramètres physiologiques et/ou interférer avec les résultats et 2) il est parfois difficile d'obtenir une éradication totale des bactéries.
Aussi, il ne nous paraît pas souhaitable de développer ce sujet et nous renvoyons le lecteur intéressé à quelques références bibliographiques figurant en annexe.
Orientation bibliographique
Les références des publications décrivant les diverses espèces ainsi que les références des publications validant les nomenclatures sont données dans le fichier Helicobacter de List of bacterial names with standing in nomenclature.
Articles de synthèse
FOX (J.G.) et LEE (A.) : The role of Helicobacter species in newly recognized gastrointestinal tract diseases of animals. Lab. Anim. Sci., 1997, 47, 222-255.
ZENNER (L.) : Pathology, diagnosis and epidemiology of the rodent Helicobacter infection. Comp. Immunol. Microbiol. Infect. Dis., 1999, 23, 41-61.
Quelques publications non répertoriées dans les articles de synthèse cités ci-dessus
FOX (J.G.), GORELICK (P.L.), JULLBERG (M.C.), GE (Z.), DEWHIRST (F.E.) et WARD (J.M.) : A novel urease-negative Helicobacter species associated with colitis and typhlitis in IL-10-deficient mice. Infect. Immun., 1999, 67, 1757-1762.
FRANKLIN (C.L.), RILEY (L.K.), LIVINGSTON (R.S.), BECKWITH (C.S.), HOOK (R.R.), BESCH-WILLIFORD (C.L.), HUNZIKER (R.) et GORELICK (P.L.) : Enteric lesions in SCID mice infected with "Helicobacter typhlonicus", a novel urease-negative Helicobacter species. Lab. Anim. Sci., 1999, 49, 496-505.
HAINES (D.C.), GORELICK (P.L.), BATTLES (J.K.), PIKE (K.M.), ANDERSON (R.J.), FOX (J.G.), TAYLOR (N.S.), SHEN (Z.), DEWHIRST (F.E.), ANVER (M.R.) et WARD (J.M.) : Inflammatory large bowel disease in immunodeficient rats naturally and experimentally infected with Helicobacter bilis. Vet. Pathol., 1998, 35, 202-208.
LIVINGSTON (R.S.), RILEY (L.K.), HOOK Jr. (R.R.), BESCH-WILLIFORD (C.L.) et FRANKLIN (C.L.) : Cloning and expression of an immunogeneic membrane-associated protein of Helicobacter hepaticus for use in an Enzyme-linked immunosorbent assay. Clin. Diagn. Lab. Immunol., 1999, 6, 745-750.
MOURA (S.B.), MENDES (E.N.), QUEIROZ (D.M.M.), NICOLI (J.R.), CABRAL (M.M.D.A.), MAGALHAES (P.P.), ROCHA (G.A.) et VIEIRA (Ê) : Microbiological and histological study of the gastrointestinal tract of germ-free mice infected with Helicobacter trogontum. Res. Microbiol., 1999, 150, 205-212.
NILSSON (I.), LINDGREN (S.), ERIKSSON (S.) et WADSTRÖM (T.) : Serum antibodies to Helicobacter hepaticus and Helicobacter pylori in patients with chronic liver disease. Gut, 2000, 46, 410-414.
VANDAMME (P.), HARRINGTON (C.S.), JALAVA (K.) et ON (S.L.W.) : Misidentifying helicobacters: the Helicobacter cinaedi example. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 2261-2266.
YOUNG (V.B.), KNOX (K.A.) et SCHAUER (D.B.) : Cytolethal distending toxin sequence and activity in the enterohepatic pathogen Helicobacter hepaticus. Infect. Immun., 2000, 68, 184-191.
* : Caractères généraux du genre Helicobacter
(D'après : VANDAMME (P.), FALSEN (E.), ROSSAU (R.), HOSTE (B.), SEGERS (P.), TYTGAT (R.) et DE LEY (J.) : Revision of Campylobacter, Helicobacter, and Wolinella taxonomy : emendation of generic descriptions and proposal of Arcobacter gen. nov. Int. J. Syst. Bacteriol., 1991, 41, 88-103.)
Bacilles à Gram négatif, non sporulés, non ramifiés, de forme droite ou incurvée ou spiralée, aux extrémités arrondies, mesurant 0,3 à 1,0 µm de diamètre sur 1,5 à 5 µm de longueur. Dans les vieilles cultures des formes arrondies ou coccoïdes sont généralement observées. Mobiles grâce à un unique flagelle polaire ou à un flagelle présent à chacun des pôles de la cellule ou à plusieurs flagelles polaires. Les flagelles sont entourés d'une gaine sauf pour Helicobacter mesocricetorum, Helicobacter pullorum, Helicobacter rodentium et Helicobacter sp. souche Eaton 94-536.
Le type respiratoire est micro-aérophile et le métabolisme est aérobie. Ce sont des bactéries chimio-organotrophes, inactives sur les sucres (ni oxydation ni fermentation), utilisant les acides aminés ou les intermédiaires du cycle de Krebs comme source d'énergie.
La croissance est optimale après une incubation effectuée à 37 °C dans une atmosphère humide et micro-aérophile. La présence d'hydrogène est nécessaire ou stimule la croissance. Aucune culture n'est observée après incubation à 25 °C ou en présence de 3,5 p. cent de NaCl. En revanche, la croissance n'est pas inhibée par 0,5 p. cent de glycine ou 0,04 p. cent de chlorure de triphényltétrazolium. Les colonies sont non pigmentées.
Un caractère positif est observé pour les tests oxydase et catalase (à l'exception de Helicobacter canis et de quelques souches de Helicobacter pullorum). La réponse est négative pour les tests production d'hydrogène sulfuré en milieu TSI et hydrolyse de l'hippurate.
La sensibilité à l'acide nalidixique et à la céfalotine est variable selon les espèces. Une sensibilité vis-à-vis de l'ampicilline, de la gentamicine, de la rifampicine et de la tétracycline est très généralement observée. En revanche, les souches résistent au triméthoprime.
Retour
**:
Un rapport du groupe de travail GV-SOLAS (Gesellschaft für Versuchstierkunde - Society for Laboratory Animal Science) mentionne Helicobacter hepaticus comme une des espèces capables d'infecter le rat. Toutefois, cette affirmation n'est confortée ni par une référence bibliographique ni par la mention "observation personnelle" ou "travaux non publiés".
Voir : NICKLAS (W.) (chaiman) et al. : Implications of infectious agents on results of animal experiments. Laboratory Animals, 1999, 33 (Suppl. 1), S1:39-S1:87.
Retour
***:
Traitement du prélèvement par la polyvinylpolypyrrolidone à 4 °C, remplacement de la Taq polymérase (polymérase de Thermus aquaticus) par la Tth polymérase (polymérase de Thermus thermophilus) et augmentation de la concentration en MgCl2 dans le tampon.
Voir : SHAMES (B.), FOX (J.G.), DEWHIRST (F.), YAN (L.), SHEN (Z.) et TAYLOR (N.S.) : Identification of widespread Helicobacter hepaticus infection in feces in commercial mouse colonies by culture and PCR assay. J. Clin. Microbiol., 1995, 33, 2968-2972.
Mise en suspension d'une crotte dans 1,7 mL de tampon PBS pH 7,4, centrifugation à 700 g durant 5 minutes, dilution au 1:2 de 100 µL de surnageant et utilisation du système "QUIamp Tissue Kit®"(fixation de l'ADN sur de la silice suivie de lavages et d'une élution).
Voir : BECKWITH (C.S.), FRANKLIN (C.L.), HOOK Jr. (R.R.), BESCH-WILLIFORD (C.L.) et RILEY (L.K.) : Fecal PCR assay for diagnosis of Helicobacter infection in laboratory rodents. J. Clin. Microbiol., 1997, 35, 1620-1623.
Retour
Annexe :
1) Quelques références bibliographiques concernant le traitement des infections à Helicobacter hepaticus.
FOLTZ (C.J.), FOX (J.G.), YAN (L.) et SHAMES (B.) : Evaluation of antibiotic therapies for eradication of Helicobacter hepaticus. Antimicrob. Agents Chemother., 1995, 39, 1292-1294.
FOLTZ (C.J.), FOX (J.G.), YAN (L.) et SHAMES (B.) : Evaluation of various antimicrobial formulations for eradication of Helicobacter hepaticus. Lab. Anim. Sci., 1996, 46, 193-197.
RUSSELL (R.J.), HAINES (D.C.), ANVER (M.R.), BATTLES (J.K.), GORELICK (P.L.), BLUMENAUER (L.L.), GONDA (M.A.) et WARD (J.M.) : Use of antibiotics to prevent hepatitis and typhlitis in male scid mice spontaneously infected with Helicobacter hepaticus. Lab. Anim. Sci., 1995, 45, 373-378.
2) Une référence concernant le traitement des animaux infectés par Helicobacter bilis et Helicobacter rodentium.
SHOMER (N.H.), DANGLER (C.A.), MARINI (R.P.) et FOX (J.G.) : Helicobacter bilis/Helicobacter rodentium co-infection associated with diarrhea in a colony of scide mice. Lab. Anim. Sci., 1998, 48, 455-459.
Retour
Source archivée : consulter la page originale