Helicobacter mesocricetorum
Description
Systématique
Après Helicobacter cinaedi et Helicobacter cholecystus, Helicobacter mesocricetorum est la troisième espèce du genre Helicobacter décrite chez les hamsters. Cette bactérie a été mise en évidence lors d'une expérimentation ayant pour but d'apprécier le pouvoir pathogène de Helicobacter cholecystus.
Lors de cette étude, huit souches de bactéries spiralées et micro-aérophiles ont été isolées à partir des fèces de huit hamsters cliniquement sains. Les caractères ultrastructuraux ainsi que les caractères biochimiques et physiologiques évoquaient une espèce du genre Helicobacter. L'utilisation d'amorces spécifiques des hélicobactéries permettait d'amplifier un segment d'ADN de 375 pb ce qui confirmait l'appartenance au genre Helicobacter. Les séquences des ADNr 16S de sept souches* présentaient entre elles au moins 99,93 p. cent de similitude et leurs comparaisons avec celles de 26 espèces des genres Helicobacter, Campylobacter et Wolinella montraient qu'elles formaient un groupe distinct au sein du genre Helicobacter.
Au vu de ces résultats, Simmons et al. (2000) proposent la création d'une nouvelle espèce, Helicobacter mesocricetorum dont la nomenclature sera validement publiée en septembre 2000 par inscription sur la liste de validation n° 76.
Helicobacter mesocricetorum est phylogénétiquement apparenté à Helicobacter rodentium et, dans une moindre mesure, à Helicobacter pullorum.
Il convient de remarquer que l'individualisation de cette espèce repose uniquement sur la séquence des ADNr 16S. Or, comme le rappelle Vandamme et al. (2000), seules les hybridations ADN - ADN (ou l'analyse électrophorétique des protéines qui donne des résultats équivalents) permettent de définir de nouvelles espèces au sein du genre Helicobacter.
Caractères bactériologiques
Helicobacter mesocricetorum présente les caractères généraux du genre Helicobacter tels qu'ils sont définis par Vandamme et al. (1991)**.
Les souches de Helicobacter mesocricetorum se présentent sous la forme de bactéries à Gram négatif, spiralées, de 0,4 à 0,6 µm de diamètre sur 2 à 3 µm de longueur, pouvant donner des formes coccoïdes, non sporulées, mobiles grâce à un flagelle non engainé et présent à chacune des extrémités de la cellule, dépourvues de fibres périplasmiques, catalase positive, nitrate réductase généralement positive (six souches sur sept donnent une réponse positive), phosphatase alcaline positive, uréase négative, gamma-glutamyl transférase négative, ne produisant pas d'hydrogène sulfuré, n'hydrolysant pas l'hippurate, résistantes à la céfalotine et généralement sensibles à l'acide nalidixique (six souches sur sept sont sensibles à cet antibiotique).
La croissance nécessite une atmosphère micro-aérophile et elle est optimale pour une température de 37 °C. Le germe cultive à 42 °C mais, aucune culture n'est obtenue en aérobiose ou en anaérobiose ou à 25 °C ou en présence de 1 p. cent de glycine ou en présence de 1,5 p. cent de NaCl.
Sur gélose trypticase soja au sang de mouton, après une incubation de 48 ou 72 heures à 37 ou à 42 °C, la culture se traduit par la présence de colonies minuscules ou par la présence d'un film.
Quelques caractères permettant de différencier Helicobacter mesocricetorum des autres espèces du genre Helicobacter sont donnés dans le tableau I.
Habitat et pouvoir pathogène
L'habitat et le pouvoir pathogène de Helicobacter mesocricetorum sont encore mal connus.
Les souches ont été isolées des fèces de hamsters cliniquement sains et les examens histologiques, effectués sur le tube digestif et sur le foie, n'ont révélé aucune lésion significative. Il semble donc que Helicobacter mesocricetorum soit une espèce non pathogène capable de coloniser l'intestin. Cette bactérie pourrait être largement répandue dans les élevages car les souches ont été isolées de hamsters élevés soit en Europe soit aux Etats Unis.
Diagnostic bactériologique
L'isolement peut être réalisé par une méthode de filtration*** et l'identification peut faire appel soit à l'étude des caractères bactériologiques soit à une technique de PCR développée par Simmons et al. (amplification d'un segment de l'ADNr 16S de 630 bp à l'aide d'amorces spécifiques de Helicobacter mesocricetorum).
Orientation bibliographique
SIMMONS (J.H.), RILEY (L.K.), BESCH-WILLIFORD (C.L.) et FRANKLIN (C.L.) : Helicobacter mesocricetorum sp. nov., a novel helicobacter isolated from the feces of Syrian hamsters. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 1811-1817.
VANDAMME (P.), FALSEN (E.), ROSSAU (R.), HOSTE (B.), SEGERS (P.), TYTGAT (R.) et DE LEY (J.) : Revision of Campylobacter, Helicobacter, and Wolinella taxonomy: emendation of generic descriptions and proposal of Arcobacter gen. nov. Int. J. Syst. Bacteriol., 1991, 41, 88-103.
VANDAMME (P.), HARRINGTON (C.S.), JALAVA (K.) et ON (S.L.W.) : Misidentifying helicobacters: the Helicobacter cinaedi example. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 2261-2266.
* : L'ADNr 16S de la huitième souche présente une homologie de séquence de 94,71 p. cent avec les séquences des souches de Helicobacter mesocricetorum. Cette souche est donc génétiquement distincte et Simmons et al. la désigne sous le nom de Helicobacter sp. hamster B.
Retour
** : Caractères généraux du genre Helicobacter
(D'après : VANDAMME (P.), FALSEN (E.), ROSSAU (R.), HOSTE (B.), SEGERS (P.), TYTGAT (R.) et DE LEY (J.) : Revision of Campylobacter, Helicobacter, and Wolinella taxonomy : emendation of generic descriptions and proposal of Arcobacter gen. nov. Int. J. Syst. Bacteriol., 1991, 41, 88-103.)
Bacilles à Gram négatif, non sporulés, non ramifiés, de forme droite ou incurvée ou spiralée, aux extrémités arrondies, mesurant 0,3 à 1,0 µm de diamètre sur 1,5 à 5 µm de longueur. Dans les vieilles cultures des formes arrondies ou coccoïdes sont généralement observées. Mobiles grâce à un unique flagelle polaire ou à un flagelle présent à chacun des pôles de la cellule ou à plusieurs flagelles polaires. Les flagelles sont entourés d'une gaine sauf pour Helicobacter mesocricetorum, Helicobacter pullorum, Helicobacter rodentium et Helicobacter sp. souche Eaton 94-536.
Le type respiratoire est micro-aérophile et le métabolisme est aérobie. Ce sont des bactéries chimio-organotrophes, inactives sur les sucres (ni oxydation ni fermentation), utilisant les acides aminés ou les intermédiaires du cycle de Krebs comme source d'énergie.
La croissance est optimale après une incubation effectuée à 37 °C dans une atmosphère humide et micro-aérophile. La présence d'hydrogène est nécessaire ou stimule la croissance. Aucune culture n'est observée après incubation à 25 °C ou en présence de 3,5 p. cent de NaCl. En revanche, la croissance n'est pas inhibée par 0,5 p. cent de glycine ou 0,04 p. cent de chlorure de triphényltétrazolium. Les colonies sont non pigmentées.
Un caractère positif est observé pour les tests oxydase et catalase (à l'exception de Helicobacter canis et de quelques souches de Helicobacter pullorum). La réponse est négative pour les tests production d'hydrogène sulfuré en milieu TSI et hydrolyse de l'hippurate.
La sensibilité à l'acide nalidixique et à la céfalotine est variable selon les espèces. Une sensibilité vis-à-vis de l'ampicilline, de la gentamicine, de la rifampicine et de la tétracycline est très généralement observée. En revanche, les souches résistent au triméthoprime.
Retour
*** : Technique utilisée par Simmons et al. pour l'isolement de Helicobacter mesocricetorum à partir des fèces de hamster.
. Prélever aseptiquement des fèces et les mettre en suspension dans 1,5 mL de tapon PBS stérile à pH 7,4.
. Centrifuger à 500 X g pendant cinq minutes.
. Prélever le surnageant et le passer au travers d'un filtre d'acétate de cellulose de porosité 0,45 µm.
. Isoler une fraction du filtrat sur une gélose trypticase soja contenant 5 p. cent de sang de mouton.
. Incuber 48 ou 72 heures à 37 °C dans une atmosphère micro-aérophile (90 p. cent d'azote, 5 p. cent de dioxyde de carbone, 5 p. cent d'hydrogène).
Retour
Source archivée : consulter la page originale