Bacterio

Histophilus ovis haemophilus agni haemophilus somnus

Maladies et dénominations associées

Histophiloses

Description

Systématique La nomenclature de "Histophilus ovis" a été proposée par Roberts, en 1956, pour désigner une bactérie responsable de mammites chez la brebis. Deux ans plus tard, Kennedy et al. baptisent "Haemophilus agni" un germe responsable de septicémie chez des agneaux. En 1960, une bactérie phénotypiquement proche de "Haemophilus agni" a été isolée de bovins californiens atteints de méningo-encéphalite. Cette dernière bactérie, d'abord qualifiée de Haemophilus-like, a par la suite été dénommée "Haemophilus somnus" puis "Haemophilus somnifer"*. Ces différentes dénominations n'ont jamais fait l'objet d'une publication valide et elles n'ont pas de statut dans la nomenclature. Une étude taxonomique de ces bactéries est difficile à réaliser car (i) aucune souche type n'a été désignée pour ces différents taxons, (ii) les premières souches de "Histophilus ovis" ont été perdues et (iii) certaines souches qualifiées de "Haemophilus agni" ont été mal identifiées (c'est notamment le cas des souches HIM 494-5 et M650-1343 qui sont en fait des souches de Actinobacillus seminis). Toutefois, il existe de fortes ressemblances phénotypiques entre ces taxons et les études génétiques (détermination du G + C p. cent, hybridation ADN - ADN, hybridation ADN - ARNr) ont montré que toutes les souches étudiées appartenaient à une unique espèce constituant un nouveau genre au sein de la famille des Pasteurellaceae. Pour certains auteurs, les souches d'origine ovine et les souches d'origine bovine pourraient constituer deux sous-espèces différentes mais aucune proposition formelle n'a été formulée. En pratique, l'appellation de "Haemophilus somnus" et, dans une moindre mesure, celle de "Haemophilus agni" sont largement utilisées et ces bactéries sont considérées comme des espèces d'affiliation incertaine par le Bergey's Manual of Systematic Bacteriology. En revanche, dans cet ouvrage, "Histophilus ovis" ne fait pas l'objet d'une étude particulière et cette nomenclature n'est citée que de manière occasionnelle. De même, il semble que le genre "Histophilus" ne sera pas inclus dans la deuxième édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology actuellement en cours de préparation. Pourtant, compte tenu des règles de priorité, les souches qualifiées de "Histophilus ovis", de "Haemophilus agni" et de "Haemophilus somnus" (autre dénomination "Haemophilus somnifer") devraient être appelées "Histophilus ovis". L'utilisation de cette nomenclature présente également l'avantage de souligner que ces souches n'appartiennent pas au genre Haemophilus et qu'elles mériteraient d'être rassemblées au sein d'un nouveau genre de la famille des Pasteurellaceae. Pour ces différentes raisons, dans la suite du texte, nous utiliserons la terminologie de "Histophilus ovis". Caractères bactériologiques Les souches de "Histophilus ovis" sont constituées de courts bacilles polymorphes, à Gram négatif, non sporulés, immobiles, aéro-anaérobies, oxydase faiblement positive et catalase négative (quelques rares souches sont toutefois catalase positive). Les milieux classiquement utilisés pour l'étude des caractères biochimiques, même supplémentés en thiamine monophosphate, ne permettent pas toujours une bonne multiplication bactérienne et les résultats obtenus sont souvent variables selon les souches et selon les auteurs. Les résultats présentés ci-dessous sont ceux obtenus par Piechulla et al. (1986). . Une réaction positive est obtenue pour la réduction des nitrates en nitrites, la production d'ornithine décarboxylase (réaction généralement faiblement positive même en utilisant un inoculum important), l'acidification (toujours faible et sans gaz) du D-glucose et du D-mannose. . Une réponse négative est notée pour les tests uréase, ONPG, LDC, ADH, phosphatase alcaline, hydrolyse de la gélatine, hydrolyse de l'esculine, production d'hydrogène sulfuré, citrate de Simmons, acidification de l'adonitol, de l'amidon, du dulcitol, de l'esculine, du m-inositol, du D-lactose, du maltose, du L-rhamnose, du saccharose, de la salicine, du D-sorbitol, du L-sorbose et du tréhalose. . Un caractère variable est observé pour la production d'indole (même en cas de positivité, le pouvoir indologène est faible), l'acidification du L-arabinose, du D-fructose, du D-galactose, du D-mannitol et du D-xylose. . En galerie API ZYM, les notes obtenues avec 13 souches sont les suivantes : phosphatase alcaline 0 ou 1, estérase (C4) 0 ou 1, estérase-lipase (C8) 0 ou 1, lipase (C14) 0, leucine arylamidase 2 à 5, valine arylamidase 0 ou 1, cystine arylamidase 0 ou 1, trypsine 0, alpha chymotrypsine 0, phosphatase acide 1 à 3, naphtol-AS-BI-phosphohydrolase 0 à 2, alpha-galactosidase 0, bêta-galactosidase 0, bêta-glucuronidase 3 à 5, alpha-glucosidase 0, bêta-glucosidase 0, N-acétyl-bêta-glucosaminidase 0, alpha-mannosidase 0 et alpha-fucosidase 0. Les galeries API ZYM ont également été utilisées par d'autres auteurs. Cousins et Lloyd obtiennent des résultats comparables à ceux de Piechulla et al. toutefois ils observent que 5 souches sur les 40 étudiées donnent un score compris entre 1 et 5 pour l'alpha-fucosidase. Les résultats concernant l'acidification des sucres, obtenus par Kirkham et al. (48 souches étudiées, incubation prolongée durant une semaine) sont légèrement différents. Ces auteurs observent une acidification du fructose, du glucose, du mannose, du sorbitol et du xylose mais une absence d'acidification de l'adonitol, de l'arabinose, du cellobiose, de la dextrine, du dulcitol, du lactose, du mélibiose, du raffinose, du rhamnose, de la salicine et du tréhalose. "Histophilus ovis" n'exige ni le facteur X ni le facteur V, il ne cultive pas sur gélose de MacConkey mais sa culture est obtenue sur divers milieux complexes incubés à une température de 36 ou de 37 °C (la croissance est nulle à 24 ou à 47 °C et faible à 30 ou à 43 °C). Une incubation en anaérobiose ou dans une atmosphère enrichie en dioxyde de carbone favorise la croissance. De même, dans les milieux peptonés, la croissance est favorisée par l'addition de sang, d'Isovitalex, d'extraits de levure et de cystéine. Sur une gélose trypticase soja au sang cuit, les colonies obtenues après 48 heures d'incubation sont convexes et leur diamètre n'excède pas 1 mm. L'adjonction à ce milieu de cystéine et de thiamine monophosphate permet d'obtenir des colonies de 3 à 4 mm de diamètre et teintées en jaune pâle. Sur gélose Columbia enrichie de 5 p. cent de sang de mouton, après 48 heures d'incubation, les colonies sont circulaires, lisses pigmentées en jaune pâle et leur diamètre atteint 2 mm. En prolongeant l'incubation, les colonies peuvent s'entourer d'une zone d'hémolyse incomplète. Sur une gélose au sang de bovin la majorité des souches d'origine bovine s'entoure d'une zone d'hémolyse alors que les souches d'origine ovine sont non hémolytiques. La coloration jaune des colonies est plus prononcée et plus facile à mettre en évidence lorsqu'une colonie est étalée à la surface d'un morceau de papier filtre. Habitat et pouvoir pathogène "Histophilus ovis" semble avoir une répartition géographique vaste (Australie, Amérique du Nord, Europe, Nouvelle Zélande…) et c'est un parasite des muqueuses des ruminants. Il est présent dans la flore des voies respiratoires supérieures et surtout dans la flore des voies génitales et urinaires. "Histophilus ovis" est couramment isolé de la vessie, du prépuce, du sperme, du vagin, de la fosse clitoridienne... Chez les femelles, le taux d’isolement à partir de l’appareil génital varie de 6 à 29 p. cent selon les enquêtes. Le portage semble extrêmement répandu puisque plus de 25 p. cent des animaux présentent des anticorps. Le germe est capable de survivre environ 70 jours dans du sang conservé à 37 et à 23,5 °C ou dans du mucus nasal conservé à 23,5 °C. La survie ne dépasse pas cinq jours dans du mucus vaginal conservé à 3 ou à 23,5 °C et elle est de moins de deux heures dans de l'urine stockée à 20 ou 37 °C. La transmission peut se faire par voie sexuelle (monte naturelle, matériel d’insémination artificielle) mais l'élimination du germe dans le mucus nasal, les écoulements vulvaires et l'urine conduit à une contamination du milieu extérieur et à l’infection des animaux par voie respiratoire. Bien que la survie soit très courte dans l'urine, celle ci pourrait constituer une source importante de contamination car les aérosols produits au cours de la miction peuvent infecter les animaux sains par voie respiratoire. Expérimentalement, l'injection par voie intraveineuse ou intrapéritonéale à des animaux de laboratoire (souris, rats, lapins, porcelets et poussins) ne reproduit pas l'infection et seuls les hamsters peuvent présenter une orchite ou une épididymite aiguës. En revanche, l'infection a été reproduite chez des veaux. Il semble exister une différence dans le pouvoir pathogène des différentes souches et plusieurs mécanismes susceptibles d'expliquer la virulence ont été mis en évidence : . La résistance au pouvoir bactéricide du sérum est liée à une protéine de surface de 76 kDa ainsi qu'à la présence de récepteurs de hauts poids moléculaires pour le fragment Fc des immunoglobulines. Les récepteurs pour le fragment Fc sont constitués de récepteurs de surface et de récepteurs portés par des fibrilles. . Des variations antigéniques du lipopolysaccharide constitueraient un mécanisme d'échappement à la réponse immunitaire. . "Histophilus ovis" est capable de se multiplier dans les phagocytes même lorsque le pouvoir bactéricide des cellules est stimulé par des cytokines tels que IFN-gamma, TNF-alpha et GM-CSF. Plusieurs mécanismes ont été évoqués : inhibition de la fusion entre les phagosomes et les lysosomes, diminution de la synthèse des dérivés oxygénés, induction d'une mort cellulaire par apoptose. . In vitro, "Histophilus ovis" adhère aux cellules endothéliales et la production de cytotoxines conduit à une activation des mécanismes de coagulation et à la formation de thrombus. Sylte et al. ont également montré que cette bactérie provoque une apoptose des cellules endothéliales (cultures primaires réalisées à partir d'artères pulmonaires). Le lipo-ologosaccharide mais aussi des facteurs thermosensibles non encore identifiés, seraient responsables de ce phénomène de mort cellulaire. Lors d'infections naturelles et expérimentales, des cellules apoptotiques sont également mises en évidence sur des coupes histologiques de lésions pulmonaires. In vitro, les lésions des cellules endothéliales sont provoquées aussi bien par des souches pathogènes que par des souches isolées d'animaux sains et l'absence de pouvoir pathogène de certaines souches s'expliquerait par leur incapacité à diffuser dans l'organisme. L'expression clinique des infections à "Histophilus ovis" succède à des agressions de nature variée : transport ("Histophilus ovis" est une des bactéries impliquées dans le syndrome fièvre des transports ou "shipping fever"), regroupement d'animaux (les animaux rassemblés en ateliers d'engraissement présentent rapidement une augmentation du titre en anticorps spécifiques), maladies virales… Le pouvoir pathogène naturel se manifeste de différentes manières : . Infections des voies génitales de la femelle pouvant induire une vulvite, une vaginite, une cervicite, une métrite. Il peut en résulter une infertilité, une mort embryonnaire précoce et des avortements avec placentite et rétention du placenta. Une infection in utero du veau serait à l'origine du "syndrome du veau faible" ("weak calf syndrome"). . Infections des voies génitales du mâle se manifestant par des orchites et des orchi-épididymites suppurées, d’évolution chronique. Ces infections sont rares chez les bovins mais plus fréquentes chez les ovins. . Infections des voies respiratoires conduisant à des laryngites, à des trachéites, à des broncho-pneumonies suppurées et fibrineuses, à des pneumonies fibrineuses ou à des pleurésies fibrineuses. Ces atteintes respiratoires sont graves et peuvent conduire à des morts soudaines ou à la mortalité après un temps d’évolution très bref, de l’ordre de 24 heures. Les troubles respiratoires sont plus sévères chez les animaux exposés à d'autres infections (virus respiratoire syncytial bovin, virus de la rhinotrachéite infectieuse bovine, Mannheimia haemolytica, Pasteurella multocida…) et ils sont particulièrement fréquents, au moins en Amérique du Nord, chez les bovins en ateliers d'engraissement. . Infections septicémiques ayant souvent un point de départ respiratoire. "Histophilus ovis" est capable de se multiplier dans les monocytes et les macrophages, il est disséminé dans de nombreux tissus et se localise préférentiellement dans le cerveau, le cœur, les muscles, les articulations et les reins. Les symptômes varient avec les organes infectés et l’état de résistance des animaux. Les formes nerveuses avec méningo-encéphalite thromboembolique se traduisent par de la somnolence, une faiblesse des membres postérieurs, une ataxie et un opisthotonos. Cette forme clinique peut conduire à des morts subites et elle s’observe préférentiellement chez des animaux âgés de 6 à 10 mois nouvellement introduits dans un élevage. Les méningo-encéphalites thromboemboliques sont rares chez les ovins et leur incidence semble en diminution chez les bovins. Les atteintes cardiaques et les arthrites semblent survenir avec une fréquence accrue. Les animaux qui présentent des infarctus et/ou des abcès du myocarde peuvent être retrouvés morts ou présenter des signes d'insuffisance cardiaque associée à un œdème pulmonaire. Les lésions, généralement présentes dans le ventricule gauche, vont d'une nécrose jusqu'à la formation d'un abcès purulent. Les arthrites sont souvent des polyarthrites pouvant atteindre de nombreuses articulations et notamment les grassets. Les autres formes comprennent des hémorragies musculaires, des hémorragies gastro-intestinales et des infarctus rénaux. . Infections diverses telles que otites, mammites chroniques, mammites gangréneuses, conjonctivites. Diagnostic bactériologique Le diagnostic par isolement et identification du germe manque de sensibilité et il est parfois impossible d'isoler "Histophilus ovis" alors que les examens cliniques et anatomopathologiques orientent fortement vers un diagnostic d'histophilose. La difficulté du diagnostic classique est liée à plusieurs facteurs : . Le germe est fragile et le prélèvement doit être acheminé très rapidement au laboratoire sous couvert du froid (les écouvillons en alginate conservés à température ambiante permettent une survie de 24 heures alors que la survie atteint trois jours lorsque les écouvillons sont placés à 4 °C). L'utilisation des milieux de transport n'est pas recommandée car ils favorisent la multiplication des bactéries contaminantes et diminuent les chances d'isoler "Histophilus ovis". . Les milieux doivent être incubés en présence de dioxyde de carbone et les colonies de petites tailles peuvent être masquées par la présence d'autres bactéries tels que des Pasteurella sp. ou des Mannheimia sp. ou des Proteus sp. Un milieu sélectif a été développé par Brewer et al. Il est constitué d'une gélose cœur-cervelle au sang de mouton additionnée de 3 µg/mL de lincomycine et de 100 µg/mL de cycloheximide. Ce milieu a un effet inhibiteur marqué vis-à-vis des bactéries à Gram positif et des levures mais il n'empêche pas l'envahissement par les Proteus sp. . Les traitements antibiotiques, administrés à l'animal avant sa mort, peuvent rendre impossible l'isolement de "Histophilus ovis". De ce point de vue il est intéressant de noter qu'une étude effectuée au Danemark a montré que 32 p. cent des poumons de bovins atteints de pneumonies renfermaient des résidus d'antibiotiques. Toutefois, d’après Martel, tous les laboratoires vétérinaires peuvent réaliser l’isolement de "Histophilus ovis" à condition de disposer d’excellents prélèvements et de commémoratifs suffisamment précis pour orienter les recherches. Les prélèvements doivent être réalisés le plus rapidement possible après la mort de l’animal, dans des conditions de propreté rigoureuse (si possible de stérilité) et être transférés immédiatement au laboratoire où ils seront traités dans les meilleurs délais. L'isolement se réalise généralement sur deux boîtes de gélose Columbia enrichie de 5 p. cent de sang de mouton ou de bœuf. L'une des boîtes est incubée en présence de 10 p. cent de dioxyde de carbone et l'autre dans une atmosphère normale. Les boîtes sont examinées après 24 et 48 heures d'incubation. Le diagnostic de "Histophilus ovis" repose sur les caractères culturaux (présence de très petites colonies blanches ou légèrement jaunâtres sur la gélose incubée en présence de dioxyde de carbone et absence de croissance ou croissance excessivement faible sur la gélose incubée dans une atmosphère normale), sur les caractères morphologiques (petits bacilles immobiles à Gram négatif) et sur les caractères biochimiques (oxydase positive, catalase négative, réduction des nitrates en nitrites, acidification du glucose et du mannose, décarboxylation de l'ornithine, réponse négative aux tests uréase, ONPG, LDC, ADH, phosphatase alcaline, hydrolyse de la gélatine, hydrolyse de l'esculine, production d'hydrogène sulfuré, citrate de Simmons, acidification de l'adonitol, du dulcitol, du lactose, du rhamnose, de la salicine et du tréhalose). L'ensemencement d'une galerie API ZYM peut également aider au diagnostic. "Histophilus ovis" se différencie de Actinobacillus seminis car cette dernière espèce est catalase positive et donne des colonies non pigmentées en jaune pâle. L'utilisation de galeries API ZYM apporte également une aide au diagnostic différentiel car Actinobacillus seminis produit une phosphatase alcaline et donne un score supérieur à 3 pour le test phosphatase acide. L'amplification des séquences REP (pour Repetitive Extragenic Palindromes), l'amplification des séquences ERIC (pour Enterobacterial Repetitive Intergenic Consensus), le ribotypage par PCR ainsi que l'analyse des profils de restriction (endonucléase BamH1) permettent également de différencier "Histophilus ovis" et Actinobacillus seminis. Un test PCR, amplifiant l'ADNr 16S peut être mis en œuvre sur un écouvillon ou sur une culture. L'amplification en chaîne par polymérase est la technique de diagnostic la plus sensible notamment lorsqu'elle est réalisée sur un écouvillon. Cette sensibilité peut être un inconvénient car elle peut révéler des bactéries qui sont de simples contaminants (par exemple des bactéries inhalées), non impliquées dans la pathologie observée. L'immunohistochimie et l'hybridation in situ (utilisation d'une sonde marquée l'isothiocyanate de fluorescéine et dirigée contre une séquence de l'ADNr 16S) sont moins sensibles que la PCR mais elles permettent un examen histologique et une évaluation du rôle étiologique des bactéries identifiées. La sérologie peut faire appel à des tests d'agglutination, de fixation du complément ou à des tests immuno-enzymatiques. De nombreux animaux pouvant être infectés de manière inapparente, seule une séroconversion est suceptible d'apporter une aide au diagnostic. Sensibilité aux antibiotiques "Histophilus ovis" est sensible à de nombreux antibiotiques : bêta-lactamines, colistine, aminosides, quinolones, tétracyclines, macrolides, sulfamides, florfénicol… Prophylaxie Outre les mesures de prophylaxie sanitaire, des vaccins inactivés et adjuvés (hydroxyde d'alumine ou adjuvants huileux) sont disponibles dans certains pays. Ces vaccins protègent contre les infections systémiques mais ils ne sont pas toujours aptes à prévenir les infections respiratoires. Dans de rares cas, les animaux vaccinés peuvent présenter des signes respiratoires plus intenses que les animaux non vaccinés. Ruby et al. ont montré que les vaccins induisent une production d'IgE détectable dès le 14ème jour et persistant durant au moins 45 jours. Pour ces auteurs, un mécanisme d'hypersensibilité de type I expliquerait, au moins partiellement, que certains animaux vaccinés développent des signes cliniques particulièrement intenses. L'administration d'antibiotiques (tétracyclines) dans l'aliment permettrait de réduire la mortalité dans les ateliers d'engraissement. Orientation bibliographique ANGEN (Ø), AHRENS (P.) et TEGTMEIER (C.) : Development of a PCR test for identification of Haemophilus somnus in pure and mixed cultures. Vet. Microbiol., 1998, 63, 39-48. APPUHAMY (S.), COOTE (J.G.), LOW (J.C.) et PARTON (R.) : PCR methods for rapid identification and characterization of Actinobacillus seminis strains. J. Clin. Microbiol., 1998, 36, 814-817. BREWER (R.A.), CORBEL (M.J.) et STUART (F.A.) : Development of improved methods for the transport and isolation of Haemophilus somnus. Res. Vet. Sci., 1985, 39, 299-306. BRYSON (D.G.), BALL (H.J.), McALISKEY (M.), McCONNELL (W.) et McCULLOUGH (S.J.) : Pathological, immunocytochemical and microbiological findings in calf pneumonias associated with Haemophilus somnus infection. J. Comp. Pathol., 1990, 103, 433-445. CORBEIL (L.B.), BASTIDA-CORCUERA (F.D.) et BEVERIDGE (T.J.) : Haemophilus somnus immunoglobulin binding proteins and surface fibrils. Infect. Immun., 1997, 65, 4250-4257. COUSINS (D.V.) et LLOYD (J.M.) : Rapid identification of Haemophilus somnus, Histophilus ovis and Actinobacillus seminis using the API ZYM system. Vet. Microbiol., 1988, 17, 75-81. DE LEY (J.), MANNHEIM (W.), MUTTERS (R.), PIECHULLA (K.), TYTGAT (R.), SEGERS (P.), BISGAARD (M.), FREDERIKSEN (W.), HINZ (K.H.) et VANHOUCKE (M.) : Inter- and intrafamilial similarities of rRNA cistrons of the Pasteurellaceae. Int. J. Syst. Bacteriol., 1990, 40, 126-137. DEWEY (K.J.) et LITTLE (P.B.) : Environmental survival of Haemophilus somnus and influence of secretions and excretions. Can. J. Comp. Med., 1984, 48, 23-26. DEWEY (K.J.) et LITTLE (P.B.) : The pathogenicity of Haemophilus somnus in various laboratory animal species. Can. J. Comp. Med., 1984, 48, 27-29. GOMIS (S.M.), GODSON (D.L.), WOBESER (G.A.) et POTTER (A.A.) : Effect of Haemophilus somnus on nitric oxide production and chemiluminescence response of bovine blood monocytes and alveolar macrophages. Microbial Pathogenesis, 1997, 23, 327-333. GOMIS (S.M.), GODSON (D.L.), WOBESER (G.A.) et POTTER (A.A.) : Intracellular survival of Haemophilus somnus in bovine blood monocytes and alveolar macrophages. Microbial Pathogenesis, 1998, 25, 227-235. GUICHON (P.T.), JIM (G.K.), BOOKER (C.W.) et SCHUNICHT (O.C.) : Haemophilus somnus : un pathogène important dans les feedlots. In : Société Française de Buiatrie, Troubles respiratoires des bovins, Paris 26 & 27 novembre 1997, pp. 166-176. HARRIS (F.W.) et JANZEN (E.D.) : The Haemophilus somnus disease complex (hemophilosis): a review. Can. Vet. J., 1989, 30, 816-822. HAJTOS (I.) : Isolation of Actinobacillus seminis and Histophilus ovis strains from aborted ovine fetuses in Hungary. Acta Vet. Hung., 1987, 35, 415-425. HIGGINS (R.), GODBOUT de LASELLE (F.), MESSIER (S.), COUTURE (Y.) et LAMOTHE (P.) : Isolation of Histophilus ovis from vaginal discharge in ewes in Canada. Can. Vet. J., 1981, 22, 395-396. HOWARD (M.D.), COX (A.D.), WEISER (J.N.), SCHURIG (G.G.) et INZANA (T.J.) : Antigenic diversity of Haemophilus somnus lipooligosaccharide: phase-variable accessibility of the phosphorylcholine epitope. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 4412-4419. HUMPHREY (J.D.) et STEPHENS (L.R.) : "Haemophilus somnus": a review. Vet. Bulletin, 1983, 53, 987-1004. INZANA (T.J.), HENSLEY (J.), McQUISTON (J.), LESSE (A.J.), CAMPAGNARI (A.A.), BOYLE (S.M.) et APICELLA (M.A.) : Phase variation and conservation of lipoologosaccharide epitopes in Haemophilus somnus. Infect. Immun., 1997, 65, 4675-4681. KENNEDY (F.C.), BIBERSTEIN (E.L.), HOWARTH (J.A.), FRAZIER (L.M.) et DUNGWORTH (D.L.) : Infectious meningo-encephalitis in cattle caused by a Haemophilus-like organism. Am. J. Vet. Res., 1960, 21, 403-409. KENNEDY (F.C.), FRAZIER (L.M.), THEILEN (G.H.) et BIBERSTEIN (E.L.) : A septicemic disease of lambs caused by Hemophilus agni (new species). Am. J. Vet. Res., 1958, 19, 645-654. KIRKHAM (C.), BIBERSTEIN (E.L.) et LEFEBVRE (R.B.) : Evidence of host-specific subgroup among "Histophilus ovis" isolates. Int. J. Syst. Bacteriol., 1989, 39, 236-239. KWIECIEN (J.M.) et LITTLE (P.B.) : Haemophilus somnus and reproductive disease in the cow: a review. Can. Vet. J.,1991, 32, 595-601. MARTEL (J.L.) : L'infection des bovins à "Haemophilus somnus" existe-t-elle en France ? Semaine Vétérinaire, 1986, N° 416, 7-8. MARTEL (J.L.), DAVID (C.), BONNIER (M.), MICHEL (R.), GÉRARD (R.) et FRAPPIER (E.) : Premier isolement de Haemophilus somnus chez un bovin en France. Bull. Acad. Vét. de France, 1986, 59, 49-56. MILES (D.G.), ANTHONY (H.D.) et DENNIS (S.M.) : Haemophilus somnifer (n. sp.) infection in sheep. Am. J. Vet. Res., 1972, 33, 431-435. MILLER (R.B.), LEIN (D.H.), McENTEE (K.E.), HALL (C.E.) et DHIN (S.) : Haemophilus somnus infection of the reproductive tract of cattle: a review. J. Amer. Vet. Med. Assoc., 1983, 182, 1390-1392. MYERS (L.E.), SILVA (S.V.P.S.), PROCUNIER (J.D.) et LITTLE (P.B.) : Genomic fingerprinting of "Haemophilus somnus" isolates by using a random-amplified polymorphic DNA assay. J. Clin. Microbiol., 1993, 31, 512-517. ORR (J.P.) : Haemophilus somnus infection: a retrospective analysis of cattle necropsied at the Western College of Veterinary Medicine from 1970 to 1990. Can. Vet. J., 1992, 33, 719-722. PFEIFER (C.G.), CAMPOS (M.), BESKORWAYNE (T.), BABIUK (L.A.) et POTTER (A.A.) : Effect of Haemophilus somnus on phagocytosis and hydrogen peroxide production by bovine polymorphonuclear leukocytes. Microbial Pathogenesis, 1992, 13, 191-202. PIECHULLA (K.), MUTTERS (R.), BURBACH (S.), KLUSSMEIER (R.), POHL (S.) et MANNHEIM (W.) : Deoxyribonucleic acid relationships of "Histophilus ovis/Haemophilus somnus", Haemophilus haemoglobinophilus, and "Actinobacillus seminis". Int. J. Syst. Bacteriol., 1986, 36, 1-7. RUBY (K.W.), GRIFFITH (R.W.), GERSHWIN (L.J.) et KAEBERLE (M.L.) : Haemophilus somnus-induced IgE in calves vaccinated with commercial monovalent H. somnus bacterins. Vet. Microbiol., 2000, 76, 373-383. SANDERS (J.D.), TAGAWA (Y.), BRIGGS (R.E.) et CORBEIL (L.B.) : Transformation of a virulence associated gene of Haemophilus somnus into a strain lacking the gene. FEMS Microbiol. Lett., 1997, 154, 251-258. SYLTE (M.J.), CORBEIL (L.B.), INZANA (T.J.) et CZUPRYNSKI (C.) : Haemophilus somnus induces apoptosis in bovine endothelial cells in vitro. Infect. Immun., 2001, 69, 1650-1660. TEGTMEIER (C.), ANGEN (Ø) et AHRENS (P.) : Comparison of bacterial cultivation, PCR, in situ hybridization and immunohistochemistry as tools for diagnosis of Haemophilus somnus pneumonia in cattle. Vet. Microbiol., 2000, 76, 385-394. WALKER (R.L.), BIBERSTEIN (E.L.), PRICHETT (R.F.) et KIRKHAM (C.) : Deoxyribonucleic acid relatedness among "Haemophilus somnus", "Haemophilus agni", "Histophilus ovis", "Actinobacillus seminis", and Haemophilus influenzae. Int. J. Syst. Bacteriol., 1985, 35, 46-49. WALKER (R.L.) et LEAMASTER (B.R.) : Prevalence of Histophilus ovis and Actinobacillus seminis in the genital tract of sheep. Am. J. Vet. Res., 1986, 47, 1928-1930. WARD (A.C.S.), JAWORSKI (M.D.), EDDOW (J.M.) et CORBEIL (L.B.) : A comparative study of bovine and ovine Haemophilus somnus isolates. Can. J. Vet. Res., 1995, 59, 173-178. WIDDERS (P.R.), DORRANCE (L.A.), YARNALL (M.) et CORBEIL (L.B.) : Immunoglobulin-binding activity among pathogenic and carrier isolates of Haemophilus somnus. Infect. Immun., 1989, 57, 639-642. YANG (Y.F.), SYLTE (M.J.) et CZUPRYNSKI (C.J.) : Apoptosis: a possible tactic of Haemophilus somnus for evasion of killing by bovine neutrophils? Microbial Pathogenesis, 1998, 24, 351-359. * : La nomenclature de "Haemophilus somnifer", pourtant très peu utilisée, est plus correcte que celle de "Haemophilus somnus" totalement dépourvue de sens. Voir le fichier "Étymologie des principaux noms de genres, d'espèces et de sous-espèces". Retour

Source archivée : consulter la page originale