Moraxella caprae
Dernière mise à jour le 26 mars 1999
MORAXELLA CAPRAE
Lors d’une enquête écopathologique effectuée en 1988 dans la région Rhône-Alpes, Richard et al. isolent, de la flore nasale de la chèvre, 24 souches de Moraxella sp. Huit de ces souches (les souches du groupe 2) possèdent des caractères bactériologiques qui permettent de les rapprocher de Moraxella bovis, de Moraxella lacunata ou de Moraxella nonliquefaciens*.
La position taxonomique de ces souches a été évaluée par hybridation ADN - ADN et par des tests de transformation génétique**.
Les résultats des homologies ADN - ADN montrent que ces 8 souches présentent un taux d’homologie supérieur ou égal à 63 p. cent (alors que ce taux est au mieux de 42 p. cent avec 9 autres espèces de moraxelles).
Les résultats des tests de transformation révèlent une étroite parenté avec Moraxella bovis (qualitativement, l’ADN des 8 souches est apte à transformer Moraxella bovis ; quantitativement l’ADN de la souche 8897 transforme la souche type de Moraxella bovis avec une efficacité qui varie de 5 X 10-2 à 4,2 X 10-1 alors qu’elle est de 1 X 10-3 avec la souche NCTC 7784 de Moraxella liquefaciens).
Compte tenu de l’ensemble de ces résultats, les auteurs proposent la création, au sein du "groupe des moraxelles classiques", d’une nouvelle espèce, Moraxella caprae***, mais ils n’excluent pas la possibilité de changements taxonomiques ultérieurs notamment lorsque des études phylogénétiques auront été entreprises.
Les souches de Moraxella caprae sont constituées de bacilles droits à Gram négatif, souvent groupés par 2 ou en courtes chaînes, immobiles, aérobies, oxydase, catalase et nitrate réductase positives, n’acidifiant pas les sucres, non protéolytiques, hydrolysant le Tween 80 et la tributyrine, donnant une réponse négative aux tests indole et urée.
Après 18 heures d’incubation à une température comprise entre 30 et 37 °C, les colonies obtenues sur gélose au sang de mouton ou sur gélose au sang humain sont lisses, convexes, de couleur légèrement grisâtre et leur diamètre atteint 1 à 1,5 mm. Après 36 à 48 heures d’incubation les colonies grossissent et surtout, elles s’entourent d’une large zone d’hémolyse. La croissance est également observée sur gélose nutritive mais elle est moins luxuriante. Aucune culture ne se développe sur gélose de MacConkey.
Moraxella caprae se différencie facilement de Moraxella lacunata qui est non hémolytique et gélatinase positive et de Moraxella nonliquefaciens qui est non hémolytique et incapable d'hydrolyser le Tween 80.
Les principaux caractères permettant de distinguer Moraxella caprae d'autres espèces du genre Moraxella isolées de l’animal sont indiqués dans le tableau I.
Le pouvoir pathogène de cette espèce est inconnu et toutes les souches ont été isolées de la cavité nasale d’animaux sains.
Orientation bibliographique
KODJO (A.), DORIER (A.), LERONDELLE (C.) et RICHARD (Y.) : Isolation and characterization of a new biovar of Moraxella bovis from healthy caprine nasal swabs. Small Ruminant Research, 1994, 15, 87-95.
KODJO (A.), EXBRAYAT (P.) et RICHARD (Y.) : Identification of Moraxella bovis and related species from calves with IBK and goats by qualitative genetic transformation assay. J. Vet. Med., 1994, B41, 336-343.
KODJO (A.), MOUSSA (A.), BORGES (E.) et RICHARD (Y.) : Identification of Moraxella-like bacteria isolated from caprine and ovine nasal flora. J. Vet. Med., 1993, B40, 97-104.
KODJO (A.), TONJUM (T.), RICHARD (Y.) et BOVRE (K.) : Moraxella caprae sp. nov., a new member of the classical moraxellae with very close affinity to Moraxella bovis. Int. J. Syst. Bacteriol., 1995, 45, 467-471.
RICHARD (Y.), BORGES (E.), FAVIER (C.) et OUDAR (J.) : Flores nasale et pulmonaire de la chèvre. Ann. Rech. Vét., 1989, 20, 269-276.
Source : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire, J.P. Euzéby — version archivée.