Mycoplasma crocodyli
Description
Mycoplasma crocodyli est la nomenclature proposée pour 24 souches de mycoplasmes isolées de crocodiles (Crocodylus niloticus) présentant des signes de polyarthrites exsudatives et/ou des signes de pneumonie. Les animaux malades proviennent tous d’élevages localisés au Zimbabwe. Le Zimbabwe élève environ 70 000 crocodiles et cet élevage est une source importante de devises.
Des tests d’inhibition de croissance et de colonie blot montrent que ces 24 souches sont identiques et deux de ces souches ont été soumises aux tests préconisés par le Sous-Comité de Taxonomie des Mollicutes complétés par un Western blot. Les résultats montrent que ces bactéries constituent une nouvelle espèce, Mycoplasma crocodyli.
La détermination partielle de la séquence du gène codant pour l’ARNr 16S et la comparaison de cette séquence avec celles de la base de données GenBank révèle que la souche type de Mycoplasma crocodyli est phylogénétiquement proche de "Mycoplasma lacertae" (bactérie isolée de Alligator mississippiensis) et dans une moindre mesure de Mycoplasma corogypsi et de Mycoplasma sturni.
Mycoplasma crocodyli est une bactérie chimio-organotrophe, fermentant le glucose et le mannose, n’hydrolysant ni l’arginine ni l’esculine ni l’urée, réduisant le chlorure de tétrazolium, produisant une phosphatase, capable d’absorber et de lyser les globules rouges de bovins, d’ovins et de lapins.
La température optimale de croissance est de 37 °C et sur une gélose au jaune d’œuf, la croissance ne conduit pas à la formation de "film and spot".
Mycoplasma crocodyli est isolé de crocodiles, âgés de 1 à 3 ans, présentant des polyarthrites exsudatives, une boiterie puis une parésie et parfois des signes de pneumonie. A l’autopsie, le liquide synovial est d’aspect muqueux et trouble ou de couleur jaunâtre. La morbidité dans les élevages contaminés peut atteindre 10 p. cent mais le taux de mortalité est moins élevé. La source de contamination est inconnue et ne semble pas être due aux carcasses de volailles utilisées pour l’alimentation des animaux. Expérimentalement, la souche MP266 est capable de reproduire la maladie chez des crocodiles âgés de 1 an mais, en revanche, elle n’est pas pathogène pour la chèvre inoculée par voie intrapéritonéale ou intranasale (le pouvoir pathogène a été recherché chez la chèvre car Mycoplasma crocodyli présente des caractères biochimiques proches de Mycoplasma capricolum).
Orientation bibliographique
KIRCHHOFF (H.), MOHAN (K.), SCHMIDT (R.), RUNGE (M.), BROWN (D.R.), BROWN (M.B.), FOGGIN (C.M.), MUVAVARIRWA (P.), LEHMANN (H.) et FLOSSDORF (J.) : Mycoplasma crocodyli sp. nov., a new species from crocodiles. Int. J. Syst. Bacteriol., 1997, 47, 742-746.
MOHAN (K.), FOGGIN (C.M.), MUVAVARIRWA (P.), HONYWILL (J.) et PAWANDIWA (A.) : Mycoplasma-associated polyarthritis in farmed crocodiles (Crocodylus niloticus) in Zimbabwe. Onderstepoort J. Vet. Res., 1995, 62, 45-49.
SUBCOMMITTEE ON THE TAXONOMY OF MOLLICUTES OF THE INTERNATIONAL COMMITTEE ON SYSTEMATIC BACTERIOLOGY: Revised minimum standards for description of new species of the class Mollicutes (division Tenericutes). Int. J. Syst. Bacteriol., 1995, 45, 605-612.
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