Spiroplasma
Maladies et dénominations associées
Mal de mai
Maladie du tremblement des crabes chinois
Spiroplasmoses
Trembling disease of Chinese mitten crab
Tremor disease of Chinese mitten crab
Description
Systématique
Le genre Spiroplasma est l’unique genre de la famille des Spiroplasmataceae qui a été exclue de l’ordre des Mycoplasmatales et qui est actuellement placée dans l’ordre des Entomoplasmatales (voir Mollicutes). Au sein de l’ordre des Entomoplasmatales, les bactéries de la famille des Spiroplasmataceae se caractérisent par leur morphologie hélicoïdale (au moins lors de la phase exponentielle de croissance), leur mobilité par flexion et translation et par leur température optimale de croissance comprise entre 30 et 37 ° C.
Caractères bactériologiques
Le genre Spiroplasma rassemble des micro-organismes de 100 à 200 nm de diamètre sur 3 à 5 mm de longueur, de forme hélicoïdale durant la phase exponentielle de croissance et parfois durant la phase stationnaire, parfois ramifiés, mobiles grâce à des fibrilles intracellulaires, aéro-anaérobies facultatifs, chimio-organotrophes, acidifiant le glucose, possédant le plus souvent une arginine di-hydrolase, n’hydrolysant ni l’urée ni l’esculine, résistante à 10 000 UI de pénicilline, exigeants en cholestérol, sensibles à la digitonine.
La culture (la composition des milieux est donnée dans le "Bergey's Manual of Systematic Bacteriology") se développe avec un optimum thermique de 20 à 37 °C. Elle se traduit par un trouble en bouillon et, en milieu gélosé, les colonies de 0,1 à 4 mm de diamètre (parfois de taille moindre lorsque les conditions optimales ne sont pas réunies) sont généralement non circonscrites, diffuses, avec présence de colonies satellites. Cet aspect des cultures reflète la mobilité des bactéries lors de la croissance. Des colonies en "œuf sur le plat" ne sont observées que lorsque la culture est effectuée sur un milieu fortement gélosé (2,5 p. cent d’agar Noble).
Habitat et pouvoir pathogène
Le genre comprend de nombreuses espèces isolées des plantes et parfois phytopathogènes (comme Spiroplasma citri, Spiroplasma kunkelii et Spiroplasma phoeniceum), des insectes (ordre des hyménoptères, des diptères, des hémiptères et des coléoptères) et des tiques.
Dans le domaine médical, l’intérêt des spiroplasmes est double :
1 - Certaines espèces comme Spiroplasma mirum (isolée de la tique du lapin Haemaphysalis leporipalustris) et Spiroplasma melliferum (pathogène pour les abeilles Cf. infra) sont aptes à se multiplier, expérimentalement, chez des hôtes vertébrés. Après inoculation par voie intracérébrale à des individus nouveau-nés, Spiroplasma mirum produit chez le rat, la souris, le hamster et le lapin des infections persistantes du cerveau et des lésions oculaires (cataracte, dégénérescence rétinienne, panophtalmie). Chez le rat, les lésions sont comparables à celles de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Bien que l’hypothèse soit très improbable, on ne peut exclure l’intervention des spiroplasmes dans l’étiologie des encéphalopathies spongiformes d’évolution progressive et l'inoculation aux animaux de laboratoire pourrait servir de modèle d'étude pour ces maladies.
2 - D’autres espèces comme Spiroplasma floricola, Spiroplasma melliferum et Spiroplasma apis sont des bactéries pathogènes pour les insectes. Spiroplasma floricola est l’agent du "syndrome léthargie" du hanneton (Melolontha melolontha) alors que Spiroplasma melliferum et Spiroplasma apis sont pathogènes pour les abeilles (Apis mellifera).
L’infection à Spiroplasma melliferum a d’abord été décrite dans le Maryland mais sa répartition géographique est plus vaste puisque la maladie a également été décrite à Hawaii et en Savoie. Les animaux se contaminent en butinant des fleurs puis les spiroplasmes gagnent l’hémolymphe et provoquent la mort dans un délai compris entre une semaine et 20 jours. Dans certains ruchers, le taux de mortalité atteint 30 à 40 p. cent.
Spiroplasma apis est l’agent d’une maladie identifiée dans le sud-ouest de la France et connue sous le nom de "mal de mai". L’inoculation d’une culture ou l’ingestion des bactéries conduit à la présence de Spiroplasma apis dans l’hémolymphe et induit des symptômes nerveux provoquant la mort des insectes. Dans les conditions naturelles, les abeilles se contaminent en butinant des plantes hébergeant des spiroplasmes à la surface des fleurs.
L’administration de tétracyclines, par l’intermédiaire d’eau sucrée, semble apte à prévenir l’infection des abeilles par les spiroplasmes.
Orientation bibliographique
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