Bacterio

Streptococcus alactolyticus

Description

Systématique La nomenclature de Streptococcus alactolyticus a été proposée par Farrow et al. (1984) pour des souches isolées de porcs et de volailles et préalablement incluses dans l'espèce Streptococcus equinus (voir le fichier "Streptococcus bovis, Streptococcus equinus, Streptococcus gallolyticus"). En 1999, Vandamme et al. étudient 2 souches de Streptococcus intestinalis et 10 souches de Streptococcus alactolyticus. Ces auteurs montrent que les souches décrites sous le nom de Streptococcus intestinalis possèdent des caractères bactériologiques similaires à ceux de Streptococcus alactolyticus, que les valeurs du G +C p. cent sont identiques et que les profils électrophorétiques des protéines cellulaires sont superposables. Dans le genre Streptococcus, l'analyse électrophorétique des protéines donne des résultats comparables à ceux obtenus par hybridation ADN - ADN, ce qui conduit les auteurs à proposer la synonymie Streptococcus intestinalis / Streptococcus alactolyticus. Streptococcus alactolyticus a priorité sur Streptococcus intestinalis et cette dernière nomenclature ne devrait plus être utilisée (Streptococcus intestinalis est un synonyme ultérieur de Streptococcus alactolyticus). Ces conclusions sont en accord avec des études phylogéniques (analyse de la séquence des ADNr 16S) qui placent Streptococcus alactolyticus et Streptococcus intestinalis dans le groupe des "streptocoques du groupe D" et qui montrent une parenté étroite entre ces deux espèces. Caractères bactériologiques Streptococcus alactolyticus présente les caractères généraux du genre Streptococcus : coques à Gram positif, non sporulés, aéro-anaérobies, chimio-organotrophes avec un métabolisme fermentatif, fermentant les sucres en produisant principalement de l'acide lactique, catalase négative, exigeant en facteurs de croissance. L'étude des antigènes de paroi (effectuée à l'aide du kit "Streptococcal Grouping Kit" d'Oxoid) révèle la possession de l'antigène G ou D de Lancefield1. Un caractère positif est noté pour les tests : VP, uréase2, leucine arylamidase, acidification du D-fructose, du D-glucose, du maltose, du mannose et du saccharose. Une réponse négative est obtenue avec les tests : mobilité, coagulation du lait tournesolé, ADH, bêta-glucuronidase, phosphatase alcaline, bêta-galactosidase, pyrrolidonyl-arylamidase, glycyl-tryptophane arylamidase, hydrolyse de l'hippurate, N-acétyl-bêta-glucosaminidase, acidification de l'adonitol, du D-arabitol, du L-arabitol, du D-arabinose, du L-arabinose, de la cyclodextrine, du dulcitol, de l'érythritol, du D-fucose, du L-fucose, du méthyl-alpha-D-glucoside, du gluconate, du D-cétogluconate, du L-cétogluconate, du glycérol, du glycogène, de l'inositol, de l'inuline, du lactose, du D-lyxose, du méthyl-alpha-D-mannoside, du mélézitose, du pullulane, du rhamnose, du ribose, du sorbitol, du L-sorbose, du tagatose, du xylitol, du D-xylose, du L-xylose et du bêta-méthyl-xyloside. Une réponse variable selon les souches est observée pour les caractères : alanyl-phénylalanine proline arylamidase (caractère positif pour 9 souches sur les 12 étudiées), bêta-glucosidase, alpha-galactosidase, amylase, acidification de l'amidon, de l'amygdaline, de l'arbutine, de l'esculine, du galactose, du bêta-gentiobiose, du méthyl-bêta-D-glucoside, du mannitol, du mélibiose, du D-raffinose, de la salicine, du tréhalose et du D-turanose. Les souches de Streptococcus alactolyticus étudiées par Farrow et al. (1984) et les souches de Streptococcus intestinalis étudiées par Robinson et al. (1988) donnaient un résultat positif pour l'acidification du cellobiose. Dans l'article de Vandamme et al. (1999), il y a une contradiction entre le texte (toutes les souches acidifient le cellobiose) et le tableau n° 2 (6 souches sur 12 acidifient le cellobiose). De même, les résultats sont contradictoires, entre le texte et le tableau n° 2, pour l'acidification de la N-acétylglucosamine. L'incubation en présence de 5 p. cent de CO2 stimule la croissance et, sur gélose Columbia enrichie de 5 p. cent de sang de mouton, une culture est observée après incubation à 30 °C, 37 °C et 42 °C (cette dernière température permet une excellente croissance mais, il est possible d'observer une dissociation des colonies). En revanche, le germe ne cultive ni à 25 °C ni en présence de 6,5 p. cent de NaCl. Sur gélose Columbia enrichie de 5 p. cent de sang de mouton, les colonies sont petites (diamètre inférieur à 1 mm), non pigmentées et s'entourent d'une zone d'hémolyse alpha3 qui apparaît plus rapidement après incubation à 42 °C. Après 24 heures d'incubation en bouillon cœur-cervelle, il se forme un dépôt abondant avec un surnageant clair et les cellules forment des chaînes. Toutes les souches poussent sur le milieu de Edward4 mais seule la moitié d'entre elles hydrolyse l'esculine. Les souches hydrolysant l'esculine cultivent également sur gélose esculine-azide-kanamycine4 et sur milieu bile-esculine4 alors que les autres souches cultivent mal (esculine-azide-kanamycine) ou pas (bile-esculine) sur ces milieux. Sur gélose de Slanetz et Bartley4 les colonies sont minuscules et légèrement roses et la croissance est nulle ou fortement inhibée sur la gélose de Rogosa4. Streptococcus alactolyticus se différencie facilement des streptocoques portant l'antigène G de Lancefield (tableau I) mais il peut être confondu avec des représentants de la famille des Streptococcaceae portant l'antigène du groupe D. Il se distingue de Streptococcus gallolyticus par son absence d'acidification du lactose et par son incapacité à croître à 25 °C et de Streptococcus equinus par son caractère uréase positive. La présence d'une uréase et, dans un moindre mesure, l'absence de culture en présence de 6,5 p. cent de NaCl ainsi que l'absence d'acidification de l'amygdaline, de l'arbutine, du bêta-gentiobiose et du tréhalose permettent la distinction avec les Enterococcus sp. Habitat et pouvoir pathogène Streptococcus alactolyticus a pour habitat l'intestin des porcs et des volailles, il peut être retrouvé dans les fèces et, chez le porc, c'est une des espèces dominantes au niveau du côlon. A la connaissance de l'auteur, aucune infection à Streptococcus alactolyticus n'a été décrite ni chez l'animal ni chez l'homme. Orientation bibliographique FARROW (J.A.E.), KRUZE (J.), PHILLIPS (B.A.), BRAMLEY (A.J.) et COLLINS (M.D.) : Taxonomic studies on Streptococcus bovis and Streptococcus equinus: description of Streptococcus alactolyticus sp. nov. and Streptococcus saccharolyticus sp. nov. Syst. Appl. Microbiol., 1985, 5, 467-482. ROBINSON (I.M.), STROMLEY (J.M.), VAREL (V.H.) et CATO (E.P.) : Streptococcus intestinalis, a new species from the colons and feces of pigs. Int. J. Syst. Bacteriol., 1988, 38, 245-248. SCHLEGEL (L.) et BOUVET (A.) : Streptocoques et genres apparentés : abiotrophes et entérocoques. Bull. Soc. Fr. Microbiol., 1998, 13 (HS), 7-17. VANDAMME (P.), DEVRIESE (L.A.), HAESEBROUCK (F.) et KERSTERS (K.) : Streptococcus intestinalis Robinson et al. 1988 and Streptococcus alactolyticus Farrow et al. 1984 are phenotypically indistinguishable. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 737-741. 1 : Dans l'étude effectuée par Vandamme et al., seule la souche type de Streptococcus intestinalis (la souche 76-84-1 = ATCC 43492 = LMG 14906) présente l'antigène G de Lancefield et les 11 autres souches portent l'antigène du groupe D. Ces résultats sont en contradiction avec ceux de Robinson et al. qui observent 29 souches réagissant avec un sérum anti-G et 101 souches non groupables. Retour 2 : La recherche de l'uréase doit être effectuée dans un tampon phosphate (phosphate de sodium 0,01 M ; pH 6,5) contenant 0,2 p. cent d'urée et 0,05 p. cent de rouge de phénol. La réaction est lue après 4 heures et 24 heures d'incubation dans une atmosphère normale. Après 4 heures d'incubation, seules 2 souches hydrolysent l'urée. Après 24 heures d'incubation, toutes les souches sont uréase positive Retour 3 : Les 130 souches de Streptococcus intestinalis, étudiées par Robinson et al., présentaient une hémolyse bêta après culture sur une gélose cœur-cervelle incubée en anaérobiose ou en présence de CO2. La composition du milieu de culture, la nature du sang, le pourcentage de sang incorporé dans la gélose ainsi que la hauteur de la gélose sont des critères importants pour l'étude de l'hémolyse des streptocoques et peuvent expliquer des différences dans les résultats. Selon Vandamme et al., la gélose cœur-cervelle n'est pas d'un usage courant pour l'étude de l'hémolyse et il faut lui préférer une gélose Columbia. Retour 4 : Composition des milieux de culture : . Gélose de Edwards (composition pour un litre) : Agar : 15,0 g Extraits de viande de bœuf : 10,0 g Peptone : 10,0 g NaCl : 5,0 g Esculine : 1,0 g Tl2SO4 : 0,33 g Cristal violet : 1,3 mg Sang de bovin ou de mouton : 50,0 mL Retour . Gélose esculine-azide-kanamycine (composition en grammes par litre) : Tryptone : 20,0 Extraits de levure : 5,0 Glucose : 1,0 NaCl : 5,0 Citrate de fer ammoniacal : 0,5 Citrate de sodium : 1,0 Azide de sodium : 0,15 Sulfate de kanamycine : 0,02 Agar : 10,0 Retour . Milieu bile-esculine (composition en grammes par litre) : Extrait de viande : 3,0 Peptone de viande : 5,0 Bile de bœuf : 40,0 Esculine : 1,0 Citrate de fer : 0,5 Agar : 14,5 Ce milieu peut être enrichi de 5 p. cent de sérum de cheval. Retour . Gélose de Slanetz et Bartley (composition pour un litre) : Tryptose : 20,0 g Agar : 10,0 g Extraits de levure : 5,0 g Na2HPO4 2H2O : 4,0 g Glucose : 2,0 g NaN3 : 0,4 g Chlorure de tétrazolium : 0,1 g Retour . Gélose SL de Rogosa = Rogosa selective Lactobacillus agar (composition pour un litre) : Agar : 15 g Acétate de sodium : 15,0 g Glucose 10,0 g Digestion pancréatique de caséine 10,0 g K2HPO4 : 6,0 g Extraits de levure : 5,0 g Arabinose : 5,0 g Saccharose : 5,0 g Citrate d'ammonium : 2,0 g Sorbitan monooléate : 1,0 g MgSO4.7H2O : 0,57 g MnSO4.7H2O : 0,12 g FeSO4.H2O : 0,03 g Acide acétique (glacial) : 1,32 mL Retour

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