Bacterio

Streptococcus minor

Description

L'analyse électrophorétique des séquences situées entre les gènes codant pour les ARNt (tDNA-PCR : tRNA intergenic spacer PCR ) et l'analyse électrophorétique des protéines cellulaires ont permis à Vancanneyt et al. d'identifier un groupe homogène constitué de neuf souches isolées des carnivores et des bovins. Deux souches ont pour origine les amygdales de chiens, deux souches proviennent du contenu intestinal de chiens, trois souches ont été isolées d'écouvillonnages anaux effectués sur des chiens sains et les deux autres souches ont été isolées des amygdales d'un chat et d'un veau. L'analyse phylogénétique (étude des séquences des ARNr 16S), effectuée sur deux souches, montre que ces bactéries sont apparentées au genre Streptococcus et notamment à Streptococcus ovis, Streptococcus gallinaceus, Streptococcus entericus et Streptococcus suis. Toutefois, les pourcentages d'homologie obtenus entre les souches types de ces diverses espèces et la souche ON 59 = LMG 21734 = CCUG 47487 (qui sera désignée comme la souche type de Streptococcus minor) ne dépassent pas 95,9. En accord avec les conclusions de Stackebrandt et Goebel, cette valeur indique que la souche ON 59 et les souches apparentées constituent une nouvelle espèce. Les hybridations ADN-ADN, effectuées sur deux souches isolées du chien, sur l'unique souche d'origine féline et sur l'unique souche isolée d'un veau, montrent que les quatre souches constituent une unique genomospecies (voir le fichier "Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne"). Les caractères phénotypiques permettent de caractériser cette genomospecies pour laquelle Vancanneyt et al. proposent la nomenclature de Streptococcus minor (nomenclature validement publiée le 11 mars 2004). La recherche d'un antigène de groupe a été effectuée à l'aide du test "Streptococcal Grouping Kit" (Oxoid) et les caractères biochimiques ont été étudiées à l'aide de galeries de galeries API 50 CH (après addition d'huile de paraffine), de galeries API 20 STREP (bioMérieux) et de galeries BBL CRYSTAL Gram-positive ID Kit (Becton Dickinson ; voir le fichier "Galerie "BBL CRYSTAL® IDENTIFICATION SYSTEMS GRAM-POSITIVE ID KIT"). . Les souches de Streptococcus minor se présentent sous la forme de petits coques ovoïdes (diamètre inférieur à 1 µm), à Gram positif, le plus souvent groupés en petits amas, aéro-anaérobies, dépourvus des antigènes A, B, C, D, G ou F. . Toutes les souches présentent une caractère positif pour les tests leucine arylamidase, L-valine-AMC, L-phénylalanine-AMC, 4MU-alpha-D-glucoside, L-tryptophane-AMC, L-arginine-AMC, L-isoleucine-AMC, bêta-glucosidase (réponse souvent tardive), ADH, acidification de l'amygdaline, du cellobiose, du galactose, du bêta-gentiobiose (réponse souvent tardive), de la N-acétylglucosamine, du D-glucose, du glycogène, du D-fructose, du lactose, du maltose, du D-mannose, du mannitol (réponse souvent tardive), du saccharose, de la salicine et du tréhalose. . Toutes les souches donnent une réponse négative pour les tests hippurate, pyrrolidonyl arylamidase, bêta-glucuronidase, bêta-galactosidase, phosphatase alcaline, acidification de l'adonitol, du D-arabinose, du L-arabinose, du D-arabitol, du L-arabitol, du dulcitol, de l'érythritol, du D-fucose, du L-fucose, du gluconate, du 2 cétogluconate, du 5 cétogluconate, du glycérol, de l'inositol, de l'alpha méthyl-D-mannoside, de l'alpha méthylglucoside, du L-lyxose, du mélibiose, du mélézitose, du rhamnose, du ribose, du L-sorbose, du D-turanose, du xylitol, du D-xylose, du L-xylose, du bêta méthyl-xyloside. Selon L. A. Devriese (communication personnelle), toutes les souches donnent également une réponse négative au test VP. . Une réponse variable selon les souches est observée pour les tests alpha-galactosidase (en cas de positivité, la réponse est souvent faiblement positive), phosphatase alcaline, p-nitrophényl-phosphate, acidification de l'amidon, de l'amygdaline, de l'arbutine, de l'inuline, du D-raffinose, du sorbitol et du D-tagatose. . Sur une gélose Columbia additionnée de 1 g/L d'amidon soluble et ensemencée en spots, les cultures de Streptococcus minor hydrolysent l'amidon (révélation avec une solution d'iode). Cette zone d'hydrolyse apparaît étroite et elle présente un aspect comparable à celle observée avec Streptococcus suis. Streptococcus minor cultive bien à 25, 30 et 37 °C et la croissance est légèrement stimulée par la présence de 5 p. cent de dioxyde de carbone. Une croissance est obtenue sur le milieu bile-esculine* (avec un noircissement du milieu) et sur le milieu de Edward**. En revanche aucune culture n'est observée sur le milieu de Slanetz et Bartley***. En bouillon cœur-cervelle, la croissance se traduit par un trouble uniforme. Sur une gélose Columbia au sang de mouton, les colonies sont non pigmentées, à contour régulier, translucides, elles s'entourent d'une étroite zone d'hémolyse alpha et leur diamètre est d'environ 0,5 mm. Streptococcus minor se distingue des autres streptocoques par la petite taille de ses cellules. Les caractères permettant de distinguer Streptococcus minor des espèces phylogénétiquement apparentées sont donnés dans le tableau I. D'après Vancanneyt et al, il est difficile de distinguer Streptococcus minor et Streptococcus suis. La recherche de l'acidification du mannitol et du bêta-gentiobiose seraient les meilleurs critères de différenciation (réponses positives pour Streptococcus minor et réponses généralement négatives pour Streptococcus suis). Orientation bibliographique BAELE (M.), BAELE (P.), VANEECHOUTTE (M.), STORMS (V.), BUTAYE (P.), DEVRIESE (L.A.), VERSCHRAEGEN (G.), GILLIS (M.) et HAESEBROUCK (F.) : Application of tRNA intergenic spacer PCR for identification of Enterococcus species. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 4201-4207. BAELE (M.), STORMS (V.), HAESEBROUCK (F.), DEVRIESE (L.A.), GILLIS (M.), VERSCHRAEGEN (G.), DE BAERE (T.) et VANEECHOUTTE (M.) : Application and evaluation of the interlaboratory reproducibility of tRNA intergenic length polymorphism analysis (tDNA-PCR) for identification of Streptococcus species. J. Clin. Microbiol., 2001, 39, 1436-1442. STACKEBRANDT (E.) et GOEBEL (B.M.) : Taxonomic note: A place for DNA-DNA reassociation and 16S rRNA sequence analysis in the present species definition in bacteriology. Int. J. Syst. Bacteriol., 1994, 44, 846-849. VANCANNEYT (M.), DEVRIESE (L.A.), DE GRAEF (E.M.), BAELE (M.), LEFEBVRE (K.), SNAUWAERT (C.), VANDAMME (P.), SWINGS (J.) and HAESEBROUCK (F.): Streptococcus minor sp. nov., from faecal samples and tonsils of domestic animals. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2004 54, 449-452. * : Milieu bile-esculine (composition en grammes par litre) : Extrait de viande : 3,0 Peptone de viande : 5,0 Bile de bœuf : 40,0 Esculine : 1,0 Citrate de fer : 0,5 Agar : 14,5 Ce milieu peut être enrichi de 5 p. cent de sérum de cheval. Retour ** : Gélose de Edwards (composition pour un litre) : Agar : 15,0 g Extraits de viande de bœuf : 10,0 g Peptone : 10,0 g NaCl : 5,0 g Esculine : 1,0 g Tl2SO4 : 0,33 g Cristal violet : 1,3 mg Sang de bovin ou de mouton : 50,0 mL Retour *** : Milieu de Slanetz et Bartley ou m-Enterococcus agar (composition en grammes par litre) : Tryptone : 15,0 Peptone : 5,0 Extraits de levure : 0,5 Glucose : 2,0 ou 5,0 K2HPO4 : 4,0 Azide de sodium : 0,4 Chlorure 2, 3, 5 triphényltétrazolium (solution à 1 p. cent) : 10,0 Agar : 10 Retour

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