Bacterio

Streptococcus phocae

Description

Des souches de streptocoques sont fréquemment isolées (en association avec d’autres bactéries) chez les phoques présentant des signes de pneumonie ou de septicémie. À l'exception de quelques souches de Streptococcus equi subsp. zooepidemicus les souches ne sont pas identifiées ou se révèlent non identifiables. En 1988 et en 1989, une épizootie européenne, due à un Morbillivirus, a provoqué la mort de plus de 16000 phoques veau-marins (Phoca vitulina), de plusieurs milliers de phoques de Sibérie (Phoca sibirica), de 200 phoques gris (Halichoerus grypus) et d’environ 2200 phoques non identifiés. L’infection virale est fréquemment compliquée par des infections bactériennes à l'origine de la mort des animaux. Parmi les bactéries responsables de surinfections, des souches de streptocoques bêta-hémolytiques ont été isolées en Allemagne, en Angleterre, en Écosse, au Danemark, en Norvège, aux Pays Bas et en Suède. Les animaux présentaient une dyspnée, de la toux et un jetage nasal. À l'autopsie on note des lésions de pneumonie, un emphysème, un œdème interlobulaire et la présence d'un exsudat purulent dans les bronches. Des souches de streptocoques bêta-hémolytiques sont également isolées du foie, de la rate et des reins ce qui suggère que ces bactéries sont aussi à l'origine de septicémies. En 1994, Skaar et al. étudient 22 souches de streptocoques bêta-hémolytiques isolées des poumons d'animaux atteints de pneumonie. Les résultats d’hybridation ADN - ADN montrent que ces souches forment un groupe homogène mais qu’elles diffèrent des autres espèces du genre Streptococcus. Les caractères phénotypiques de ces souches permettent de les différencier aisément des autres streptocoques bêta-hémolytiques et les auteurs proposent de créer une nouvelle espèce qu’ils nomment Streptococcus phocae. Streptococcus phocae présente tous les caractères généraux du genre Streptococcus. Ce sont des coques à Gram positif, d'un diamètre de 1 mm, immobiles, non sporulés, groupés en chaînes lorsque la culture est réalisée en bouillon, catalase négative, aéro-anaérobies. Par une technique de précipitation en gélose, les antigènes de 5 souches (extraits par la technique de Lancefield) précipitent avec un sérum spécifique du groupe C. En utilisant le kit Streptex (Wellcome Diagnostics), ces 5 souches agglutinent également en présence d'un sérum anti-C et 13 souches agglutinent en présence d'un sérum anti-F. Quelle que soit la technique utilisée, 4 souches apparaissent dépourvues d'antigènes de groupe. Un résultat positif est obtenu pour les tests sensibilité à la bacitracine*, production d’une phosphatase alcaline (21 souches sur 22), acidification du D-fructose, du D-glucose, du maltose, du D-mannose, de la N-acétylglucosamine et du ribose. Un résultat négatif est noté pour la sensibilité à l’optochine**, la production d’acétoïne, de hyaluronidase et de bêta-glucuronidase, l’hydrolyse de l’arginine, de l’esculine et de l’hippurate, l'acidification du 5-cétogluconate, de l'arabinose, du bêta-gentiobiose, de l’inuline, de l'inositol, du L-fucose, du lactose, du mannitol, du D-raffinose, de la salicine, du sorbitol, du tréhalose et du xylose. Parmi les 22 souches étudiées, 4 acidifient l'amidon, 1 le galactose, 2 le glycérol, 4 le glycogène, 2 le mélizitose, 2 le saccharose et 2 le D-turanose. Une souche se révèle apte à hydrolyser l'amidon et une souche synthétise une pyrrolidonyl-arylamidase. Sur gélose au sang incubée 24 heures en aérobiose, les colonies sont circulaires, à contour régulier, légèrement bombées, d'aspect lisse, non pigmentées, elles ont un diamètre maximal de 0,8 mm et elles s’entourent d’une zone d’hémolyse bêta. La croissance est impossible sur les milieux hypersalés, à 10 °C, à 45 °C ou en présence de 40 p. cent de bile. Les caractères permettant de différencier Streptococcus phocae des autres espèces du genre Streptococcus bêta-hémolytiques ou pouvant être bêta-hémolytiques figurent sur le tableau I. Orientation bibliographique BERGMAN (A.), JARPLID (B.) et SVENSSON (B.M.) : Pathological findings indicative of distemper in european seals. Vet. Microbiol., 1990, 23, 331-341. HEIDE-JORGENSEN (M.P.), HARKONEN (T.), DIETZ (R.) et THOMPSON (P.M.) : Retrospective of the 1988 european seal epizootic. Dis. Aquat. Org., 1992, 13, 37-62. HEIJE (N.I.), HENRIKSEN (P.) et AALBAEK (B.) : The seal death in danish waters 1988. I. Pathological and bacteriological studies. Acta. Vet. Scand., 1991, 32, 205-210. KROGSRUD (J.), EVENSEN (O.), HOLT (G.), HOIE (S.) et MARKUSSEN (N.H.) : Seal distemper in Norway in 1988 and 1989. Vet. Rec., 1990, 126, 460-461. SKAAR (I.), GAUSTAD (P.), TONJUM (T.), HOLM (B.) et STENWIG (H.) : Streptococcus phocae sp. nov., a new species isolated from clinical specimens from seals. Int. J. Syst. Bacteriol., 1994, 44, 646-650. Sensibilité à la bacitracine : Une gélose de Tood-Hewitt est ensemencée par une technique de flottaison. Après séchage de la boîte (30 minutes à 37 °C), une tablette de bacitracine (Neo-Sensitabs, Rosco) contenant 0,04 UI est déposée à la surface du milieu. Après 24 heures d'incubation, le diamètre de la zone d'inhibition est mesuré. Un diamètre supérieur à 15 mm indique une sensibilité. Retour Sensibilité à l'optochine : Une tablette contenant de l'optochine (Neo-Sensitabs, Rosco) est déposée à la surface d'une gélose au sang préalablement ensemencée. Après 24 heures d'incubation en aérobiose, une zone d'inhibition d'un diamètre supérieur à 12 mm indique une sensibilité. Retour

Source archivée : consulter la page originale