Bacterio

Vibrio wodanis

Maladies et dénominations associées

Aliivibrio wodanis

Description

Autre dénomination : Vibrio sp. 2 (phénon 2) de Lunder et al. 1995. Systématique Les travaux de Lunder et al. (1995) ont montré que les bactéries isolées de poissons atteints de la "maladie des ulcères hivernaux" ("winter ulcer" ou "cold-water ulcer") se répartissaient en deux groupes que les auteurs appellent Vibrio sp. 1 (phénon 1) et Vibrio sp. 2 (phénon 2). Les caractères phénotypiques (analyse électrophorétique des protéines, caractères biochimiques) et les caractères génotypiques (analyse des séquences des ARNr 16S, hybridation ADN - ADN) montrent que les souches du phénotype 1 sont étroitement apparentées à Moritella marina* et que les souches du phénotype 2 méritent d'être placées dans une nouvelle espèce du genre Vibrio, Vibrio wodanis. Les hybridations ADN - ADN, effectuées entre la souche NCIMB 13582 (qui sera désignée comme la souche type de la nouvelle espèce Vibrio wodanis) et 51 autres espèces du genre Vibrio, montrent que les pourcentages d'homologie ne dépassent pas 57 (résultat obtenu avec la souche type de Vibrio logei) et que les souches du phénon 2 sont hétérogènes. En effet, les pourcentages d'homologie entre la souche NCIMB 13582 et 10 autres souches du phénon 2 varient de 66 à 94. Un pourcentage d'homologie de 66 p. cent entre deux souches devrait conduire à placer ces deux souches dans deux genomospecies différentes. Toutefois, l'instabilité thermique des hybrides inférieure à 1,5 °C et les caractères phénotypiques conduisent Lunder et al. (2000) à conserver cette souche au sein de la genomospecies Vibrio sp. 2. L'analyse des séquences des ADNr 16S révèlent une parenté entre, d'une part, la souche NCIMB 13582 et, d'autre part, la souche type Vibrio salmonicida (98,2 p. cent de bases identiques) et la souche type Vibrio logei (98,1 p. cent de bases identiques). Des résultats comparables ont été ultérieurement obtenus par Benediktsdóttir et al. (2000). Les souches du phénon 2, malgré une certaine hétérogénéité dans les caractères phénotypiques, peuvent être distinguées des autres espèces du genre Vibrio et elles ont été placées, par Lunder et al. (2000), dans une nouvelle espèce, Vibrio wodanis. Ces résultats seront ultérieurement confirmés par Benediktsdóttir et al. (2000). Caractères bactériologiques Les souches de Vibrio wodanis sont constituées de bacilles à Gram négatif, non sporulés, droits ou de forme incurvée, mobiles grâce à une ciliature polaire (constituée, le plus souvent, de 5 à 6 flagelles), aéro-anaérobies, catalase et oxydase positives, acidifiant le glucose sans gaz et sensibles au composé vibriostatique O129 (2,4-diamino-6,7-diisopropylptéridine, disque chargé à 150 µg). Les principaux caractères biochimiques (35 souches étudiées, incubation à 15 °C, lecture des résultats durant 14 jours) obtenus par Lunder et al. (2000) sont les suivants : . Un résultat positif est noté pour les tests rouge de méthyle, hydrolyse de la gélatine, hydrolyse de l'amidon, hydrolyse du Tween 80, acidification de la dextrine, du D-galactose, du D-mannose et du tréhalose. Les 23 souches étudiées par Benediktsdóttir et al. (2000) acidifient également la N-acétylglucosamine, le glycérol, le maltose, le ribose et le tréhalose. . Une réponse négative est obtenue pour les tests VP, LDC, ODC, ADH, hydrolyse de la caséine, acidification du L-arabinose, du cellobiose, de l'inositol, du lactose, du mélibiose, du raffinose, du L-rhamnose, de la salicine et du D-xylose. . La réponse est variable selon les souches pour la production d'indole (réaction généralement positive), l'hydrolyse de l'ADN (réaction généralement positive), l'hydrolyse de l'alginate (réaction généralement négative), l'hydrolyse de l'urée (réaction généralement négative), l'hydrolyse de la lécithine (réaction généralement négative), l'hydrolyse de l'esculine (réaction généralement négative), l'acidification du glycérol (résultat généralement positif), du saccharose (résultat généralement positif), du D-mannitol (réaction généralement négative) et du D-sorbitol (réaction généralement négative). En utilisant une galerie API ZYM (lecture après une nuit d'incubation à 22 °C), Vibrio wodanis synthétise une phosphatase alcaline, une caprylate estérase et une leucine arylamidase. La réponse aux tests chymotrypsine, trypsine, cystine arylamidase, alpha-fucosidase, alpha-galactosidase, bêta-galactosidase, bêta-glucuronidase, alpha-glucosidase, bêta-glucosidase et alpha-mannosidase est négative. La production des autres enzymes donne un résultat variable selon les souches (la réponse est généralement positive à l'exception de la synthèse d'une myristate lipase synthétisée par une unique souche). Vibrio wodanis est un germe psychrophile (la culture est obtenue pour des températures comprises entre 4 et 21 °C et la majorité des souches est également capable de croître à 25 °C) et halophile (la culture nécessite 1,5 à 4 p. cent de NaCl et la majorité des souches étudiées par Benediktsdóttir et al. cultive en présence de 5 p. cent de NaCl ; en revanche, seule une souche cultive en présence de 1 p. cent de NaCl). Après 24 heures d'incubation à 15 °C ou à 22 °C, les colonies obtenues sur une gélose cœur-cervelle contenant 5 p. cent de sang de bovin et 2 p. cent de NaCl, ont une taille de 1 à 2 mm et, après 48 heures d'incubation, leur taille atteint 2 à 3 mm. Les colonies sont rondes, jaunes, elles présentent un centre opaque et leur consistance est butyreuse. Quatre vingt quatorze p. cent des souches produisent une hémolysine bêta après deux jours d'incubation. Seule 30 p. cent des souches étudiées par Benediktsdóttir et al. (2000) sont aptes à cultiver sur le milieu TCBS** (Thiosulfate Citrate Bile salt Sucrose agar) et 21 souches sur les 25 étudiées se développent dans de l'eau de mer artificielle contenant 0,5 p. cent de peptone. Habitat et pouvoir pathogène Les souches de Vibrio wodanis ont été isolées en Norvège, en Islande et en Écosse de salmonidés (Salmo salar et Oncorhynchus mykiss) élevés en eau de mer et atteints de la "maladie des ulcères hivernaux". Cette infection doit son nom au fait qu'elle se caractérise par le développement d'ulcères cutanés qui apparaissent lorsque la température de l'eau est inférieure ou égale à 10 °C (voir le fichier Moritella). Lors de "maladie des ulcères hivernaux", les examens bactériologiques permettent d'isoler, le plus souvent en association, deux bactéries : Moritella viscosa et Vibrio wodanis. Expérimentalement, Moritella viscosa est apte à reproduire l'infection ce qui n'est pas le cas de Vibrio wodanis. Toutefois, dans quelques cas d'infections naturelles, il est possible d'isoler Vibrio wodanis en l'absence de Moritella viscosa. Ces faits suggèrent que Vibrio wodanis puisse être un des agents de la maladie des ulcères hivernaux et que cette bactérie puisse agir en synergie avec Moritella viscosa pour provoquer la formation des lésions. Vibrio wodanis n'infecte pas uniquement les salmonidés car une souche de cette espèce a été isolée, au sud-est de l'Islande, chez un aiglefin ou églefin (Melanogrammus aeglefinus). Diagnostic bactériologique Vibrio wodanis est isolé des lésions cutanées, de la rate, du foie ou des reins des poissons infectés. La culture peut être effectuée sur une gélose cœur-cervelle additionnée de 5 p. cent de sang de bovin ou sur une gélose trypticase soja enrichie de 10 p. cent de sang de cheval. Les milieux doivent également contenir 1,5 à 2 p. cent de NaCl et ils sont incubés à 15 °C. À l'isolement, la culture est obtenue après 2 à 3 jours d'incubation. Les colonies ont l'aspect décrit dans le chapitre "Caractères bactériologiques" mais, à l'isolement, elles peuvent parfois apparaître de petite taille. L'identification repose sur les caractères morphologiques, culturaux et biochimiques mais la distinction entre Vibrio wodanis et les diverses espèces du genre Vibrio est délicate. Les points clés du diagnostic sont l'absence d'arginine di-hydrolase, de lysine décarboxylase, d'ornithine décarboxylase, la production d'une gélatinase et l'absence de croissance à 35 °C. Selon les clés d'identification de Alsina et Blanch, seules les souches du biovar II de Vibrio splendidus et les souches de Vibrio nigripulchritudo sont susceptibles de présenter des caractères identiques. Toutefois, ces bactéries, contrairement à Vibrio wodanis, cultivent à 30 °C. Parmi les espèces phylogénétiquement proches, Vibrio wodanis se différencie de Vibrio salmonicida et de Vibrio logei car les souches de ces deux espèces sont LDC positive et fréquemment ODC positive. La distinction entre Vibrio wodanis et Moritella viscosa repose, principalement, sur les caractères culturaux (les colonies de Moritella viscosa sont translucides, de couleur crème, visqueuses et adhérantes à la gélose) et l'acidification du tréhalose (caractère négatif pour Moritella viscosa). Sensibilité aux antibiotiques In vitro, une sensibilité est observée vis-à-vis de l'ampicilline (33 µg), du sulfamétizol (240 µg), de l'oxytétracycline (80 µg) et de l'acide oxolinique (10µg). Par contre, les souches résistent à la pénicilline G (5µg). Orientation bibliographique ALSINA (M.) et BLANCH (A.R.) : A set of keys for biochemical identification of environmental Vibrio species. J. Appl. Bacteriol. 1994, 76, 79-85. 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Retour ** : Gélose TCBS : Thiosulfate Citrate Bile salt Sucrose : Extraits de levure : 0,5 p. cent (poids/volume) Peptone : 1,0 p. cent (poids/volume) Thiosulfate de sodium : 1,0 p. cent (poids/volume) Citrate de sodium : 1,0 p. cent (poids/volume) Bile de bœuf : 0,8 p. cent (poids/volume) Saccharose : 2,0 p. cent (poids/volume) NaCl : 1,0 p. cent (poids/volume) Citrate de fer : : 0,1 p. cent (poids/volume) Bleu de bromothymol : 0,004 p. cent (poids/volume) Bleu de thymol : 0,004 p. cent (poids/volume) Agar : 1,4 p. cent (poids/volume) pH : 8,6 Porter à ébullition pour dissoudre les ingrédients. Ne pas autoclaver. Retour

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