Aegyptianella
Autres dénominations : Aegyptianella, Egyptianella, sic, pullorum, Spirochaeta, granulosa, penetrans, Babesia, Balfouria, anserina, gallinarium
Description
Autres dénominations :
. Aegyptianella : "Egyptianella" (sic).
. Aegyptianella pullorum : "Spirochaeta granulosa penetrans", "Aegyptianella granulosa", "Aegyptianella granulosa penetrans", "Babesia pullorum", "Balfouria anserina", "Balfouria gallinarium" (sic).
Voir aussi les fichiers Anaplasmataceae, Groupes génomiques de la tribu des Ehrlichieae ou de la famille des Ehrlichiaceae ou de la famille des Anaplasmataceae et Classification de l'ordre des Rickettsiales.
En 1904, puis en 1907, un micro-organisme présent dans les érythrocytes de poulets malades a été mis en évidence au Soudan. En 1929, Carpano propose les nomenclatures de Aegyptianella et de Aegyptianella pullorum, car les Anglo-saxons connaissaient le Soudan sous le nom de "Anglo-Egyptian Sudan".
Le genre Aegyptianella et l'espèce Aegyptianella pullorum ont d'abord été placés dans le domaine des Eucarya et considérés comme des micro-organismes proches des piroplasmes. De ce fait, en 1948, la sixième édition du Bergey's Manual of Determinative Bacteriology ne cite pas le genre Aegyptianella. En 1957, dans le chapitre consacré à la famille des Bartonellaceae, la septième édition de cet ouvrage précise : "Other possibly related forms, e.g. Aegyptianella Carpano (Boll. d. Min. d. Agricultura egiziano, 1928) ... are not included here since it is even less evident that these microrganisms are bacteria".
Il fallut attendre les années 1960 pour que l'ultra-structure permette de rapprocher le genre Aegyptianella des rickettsies. Ce genre sera alors étudié dans la huitième édition du Bergey's Manual of Determinative Bacteriology et les nomenclatures de Aegyptianella et de Aegyptianella pullorum seront citées dans les Approved Lists of Bacterial Names.
En se basant sur la morphologie et sur le spectre d'hôtes infectés, au moins six espèces ont été décrites au sein du genre Aegyptianella : "Aegyptianella bacterifera", "Aegyptianella botuliformis", "Aegyptianella carpani", "Aegyptianella minutus" (sic), Aegyptianella pullorum et "Aegyptianella ranarum".
. Aegyptianella pullorum, bactérie pathogène pour les oiseaux domestiques et sauvages, est la seule espèce dont la nomenclature a été validement publiée.
. "Aegyptianella ranarum", mise en évidence chez des batraciens, a été reclassée dans un nouveau genre sous le nom de "Candidatus Hemobacterium ranarum"*. L'étude des séquences des ARNr 16S et des gènes gyrB montre que "Candidatus Hemobacterium ranarum" est apparenté à Chryseobacterium meningosepticum, à Bergeyella zoohelcum et à Weeksella virosa et que c'est un représentant de la famille des Flavobacteriaceae.
. "Aegyptianella bacterifera", "Aegyptianella botuliformis", "Aegyptianella carpani" et "Aegyptianella minutus" sont des germes dont le statut est encore incertain.
Dans la huitième édition du Bergey's Manual of Determinative Bacteriology et dans la première édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology, le genre Aegyptianella est classé dans l'ordre des Rickettsiales et dans la famille des Anaplasmataceae. Cette classification reposait uniquement sur le parasitisme des globules rouges et sur les caractères morphologiques.
En 2001, dans leur publication consacrée à la réorganisation de l'ordre des Rickettsiales, Dumler et al. considèrent le genre Aegyptianella comme un genre incertae sedis de la famille des Anaplasmataceae.
En fait, il était très difficile de classer le genre Aegyptianella, car Aegyptianella pullorum n'est pas cultivable in vitro, son antigénicité est inconnue et aucune séquence génétique n'était disponible.
En novembre 2003, Rikihisa et al. publient la première étude phylogénétique réalisée sur l'espèce Aegyptianella pullorum.
À partir de frottis sanguins de dindes expérimentalement infectées par la souche Texas, ces auteurs extraient l'ADN et analysent les séquences partielles des gènes codant pour les ARNr 16S et pour la chaperonine GroEL.
. Les séquences des ARNr 16S, obtenues à partir de 10 frottis sanguins, sont identiques entre elles et elles sont apparentées aux séquences des Anaplasma sp. Ainsi, les pourcentages d'homologie obtenus avec Anaplasma platys, Anaplasma phagocytophilum et Anaplasma marginale sont compris entre 92,7 et 93,4.
. L'étude des séquences des gènes groEL confirment les résultats précédents et révèlent des pourcentages d'homologie compris entre 73,3 et 71,4 vis-à-vis de Anaplasma phagocytophilum et de Anaplasma marginale.
. Les résultats obtenus par Rikihisa et al. montrent que le genre Aegyptianella appartient bien à la famille des Anaplasmataceae et que, au sein de cette famille, il est apparenté au genre Anaplasma.
Sur des frottis sanguins (colorations de Romanowsky ou de Giemsa), Aegyptianella pullorum se présente comme des bactéries enfermées dans des inclusions de 0,3 à 4 µm de diamètre. Ces inclusions, visibles uniquement dans le cytoplasme des érythrocytes, sont polymorphes et peuvent apparaître sous la forme d'inclusions rondes ou ovales ou polygonales ou en anneaux ou en fers à cheval. Dans les inclusions les plus grandes, il est possible de distinguer jusqu'à 26 corps élémentaires apparaissant sous la forme de coques de 0,25 à 0,8 µm de diamètre.
L'infection des érythrocytes conduit à la lyse des cellules et à la libération des corps élémentaires dans le plasma. Les corps élémentaires pénètrent dans les globules rouges sains par endocytose et donnent alors naissance à de nouvelles inclusions.
Aegyptianella pullorum infecte les oiseaux domestiques (poules, dindes, oies, canards, pintades, cailles, autruches) et sauvages (dindons sauvages, tourterelles, grues, rapaces, psittacidés ...). Les oiseaux sont contaminés par des tiques de la famille des Argasidae (Argas persicus, Argas walkerae) chez lesquelles il existe une transmission trans-stadiale. L'infection a été observée dans les zones tropicales et subtropicales d'Afrique, d'Asie et d'Europe. Castle et Christensen ont également décrit l'infection chez des dindons sauvages du Texas.
Dans les pays où l'infection est endémique, les signes cliniques sont généralement modérés ou absents. Toutefois, chez les oiseaux âgés de moins de quatre semaines, on note une anémie importante, une hypertension pulmonaire, une splénomégalie et une hépatomégalie. Le taux de mortalité peut atteindre 60 p. cent chez des animaux infectés à un jour alors qu'il ne dépasse pas 10 p. cent chez les oiseaux infectés à quatre semaines.
Le diagnostic est réalisé par l'examen de frottis sanguins colorés par le Giemsa. La technique de PCR, développée par Rikihisa et al., s'avère spécifique et sensible et elle pourrait être utilisée pour le diagnostic.
Le traitement fait appel aux tétracyclines et notamment à la doxycycline.
Orientation bibliographique
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Pour des renseignements complémentaires sur la catégorie Candidatus, voir l'entrée "Candidatus" in Glossaire de nomenclature bactérienne ou le fichier "Candidatus" in : List of Bacterial Names with Standing in Nomenclature.
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