Bacterio

Mycobacterium bohemicum

Créé le 04 octobre 2001
Dernière modification le 03 octobre 2002

 

MYCOBACTERIUM BOHEMICUM

 

La nomenclature de Mycobacterium bohemicum a été validement publiée le 29 octobre 1998 pour une unique souche, la souche DSM 44277, isolée de crachats d'un patient atteint de tuberculose à Mycobacterium tuberculosis. L'individualisation de cette nouvelle espèce repose sur l'analyse des acides gras et sur l'analyse des séquences des ARNr 16S qui révèle une parenté avec Mycobacterium kansasii, Mycobacterium gastri, Mycobacterium szulgai, Mycobacterium avium et Mycobacterium intracellulare.
Depuis le 29 octobre 1998, au moins 14 autres souches ont été caractérisées dont une a été isolée des nœuds lymphatiques mésentériques d'une chèvre.

Mycobacterium bohemicum est une mycobactérie non responsable de tuberculose (MAMT pour mycobactéries autres que les mycobactéries de la tuberculose) appartenant au groupe II de la classification de Runyon* (mycobactéries scotochromogènes à croissance lente).

Mycobacterium bohemicum présente les caractères généraux de la famille des Mycobacteriaceae** et du genre Mycobacterium***. Elle possède une catalase thermostable et une uréase mais elle donne une réponse négative aux tests accumulation de niacine, phosphatase acide, benzamidase, acétamidase, nicotinamidase, succinamidase, allantoïnamidase, alpha-estérase, bêta-estérase et bêta-galactosidase.
La réponse aux tests hydrolyse du Tween 80, arylsulfatase et pyrazinamidase est variable selon les souches. La réduction des nitrates est généralement négative.

La culture est obtenue en 6 semaines sur un milieu de Löwenstein-Jensen incubé à 25 ou à 31 °C et en 4 semaines lorsque l'incubation est réalisée à 37 ou à 40 °C. La croissance est obtenue à 42 °C, mais aucune croissance n'est observée à 45 °C ou en présence de 5 p. cent de NaCl. Les colonies se pigmentent en jaune à l'obscurité, elles sont lisses et leur diamètre est de 1 à 2 mm.

Quelques caractères culturaux et biochimiques permettant de différencier Mycobacterium bohemicum de quelques espèces du genre Mycobacterium à croissance lente et dont au moins 90 p. cent des souches sont aptes à croître à 42 °C sont donnés dans le tableau I.

Les acides mycoliques sont du type alpha, cétonique, méthoxylé et dicarboxylique. Une telle combinaison d'acides mycoliques n'est pas retrouvée chez les autres espèces de mycobactéries à croissance lente mais elle a été décrite chez au moins une espèce à croissance rapide, Mycobacterium komossense.

In vitro (étude réalisée sur milieu de Löwenstein-Jensen) la souche DSM 44277 est sensible à la cyclosérine, à la gentamicine, à l'amikacine et à la clarithromycine mais résistante à l'isoniazide, à la rifampicine, à la streptomycine, à l'éthambutol et à la ciprofloxacine.

L'habitat et le pouvoir pathogène de cette espèce sont mal connus. Cinq souches de Mycobacterium bohemicum ont été isolées de 53 prélèvements d'eau effectués en Finlande et l'eau pourrait constituer un réservoir de germes. Chez l'homme, les souches ont été isolées de crachats (une souche a été isolée en association avec ¤ Mycobacterium palustre), d'une adénite cervicale et d'une biopsie de peau. Pour Torkko et al., Mycobacterium bohemicum pourrait être potentiellement pathogène.
L'unique souche d'intérêt vétérinaire a pour origine les nœuds lymphatiques mésentériques d'une chèvre de montagne (Oreamnos americanus), âgée de deux ans et élevée dans un parc zoologique. L'animal a été euthanasié en raison d'une boiterie sévère consécutive à un traumatisme. Outre des lésions articulaires dues au traumatisme, l'autopsie a révélé une légère hypertrophie des nœuds lymphatiques mésentériques et, après section, plusieurs foyers grisâtres de 1 à 4 mm de diamètre ont été mis en évidence. L'examen anatomo-pathologique a permis de conclure à l'existence d'une adénite granulomateuse associée à de nombreux bacilles acido-alcoolo-résistants qui se sont révélés appartenir à l'espèce Mycobacterium bohemicum.

 

Orientation bibliographique

 

Site Web : Tuberculose. Techniques de diagnostic en mycobactériologie (Michel Fabre, Frédéric Augu & Stéphane Lecaudey)

 

REISCHL (U.), EMLER (S.), HORAK (Z.), KAUSTOVA (J.), KROPPENSTEDT (R.M.), LEHN (N.) et NAUMANN (L.) : Mycobacterium bohemicum sp. nov., a new slow-growing scotochromogenic mycobacterium. Int. J. Syst. Bacteriol., 1998, 48, 1349-1355.

TORKKO (P.), SUOMALAINEN (S.), IIVANAINEN (E.), SUUTARI (M.), PAULIN (L.), RUDBÄCK (E.), TORTOLI (E.), VINCENT (V.), MATTILA (R.) et KATILA (M.) : Characterization of Mycobacterium bohemicum isolated from human, veterinary, and environmental sources. J. Clin. Microbiol., 2001, 39, 207-211.

TORKKO (P.), SUOMALAINEN (S.), IIVANAINEN (E.), TORTOLI (E.), SUUTARI (M.), SEPPÄNEN (J.), PAULIN (L.) and KATILA (M.L.): Mycobacterium palustre sp. nov., a potentially pathogenic, slowly growing mycobacterium isolated from clinical and veterinary specimens and from Finnish stream waters. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2002, 52, 1519-1525.

 

Source : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire, J.P. Euzéby — version archivée.