Pseudoalteromonas
Autres dénominations : Pseudoalteromonas, atlantica, Alteromonas, aurantia, carrageenovora, citrea, fuliginea, denitrificans, distincta, elyakovii, espejiana, haloplanktis, Vibrio, marinopraesens, luteoviolacea, luteo, violaceus, nigrifaciens, Pseudomonas, piscicida, Flavobacterium, rubra, tetraodonis, undina
Description
Autres dénominations :
. Pseudoalteromonas atlantica : Alteromonas atlantica.
. Pseudoalteromonas aurantia : Alteromonas aurantia.
. Pseudoalteromonas carrageenovora : Alteromonas carrageenovora.
. Pseudoalteromonas citrea : Alteromonas citrea. Pseudoalteromonas citrea inclut les souches de Alteromonas fuliginea.
. Pseudoalteromonas denitrificans : Alteromonas denitrificans.
. Pseudoalteromonas distincta : Alteromonas distincta.
. Pseudoalteromonas elyakovii : Alteromonas elyakovii.
. Pseudoalteromonas espejiana : Alteromonas espejiana.
. Pseudoalteromonas haloplanktis : Alteromonas haloplanktis, "Vibrio haloplanktis", "Vibrio marinopraesens", "Alteromonas marinopraesens".
. Pseudoalteromonas luteoviolacea : Alteromonas luteoviolacea, "Alteromonas luteo-violaceus".
. Pseudoalteromonas nigrifaciens : Alteromonas nigrifaciens, "Pseudomonas nigrifaciens".
. Pseudoalteromonas piscicida : "Flavobacterium piscicida", "Pseudomonas piscicida".
. Pseudoalteromonas rubra : Alteromonas rubra.
. Pseudoalteromonas tetraodonis : Alteromonas tetraodonis, Pseudoalteromonas haloplanktis subsp. tetraodonis.
. Pseudoalteromonas undina : Alteromonas undina.
Systématique
Le genre Alteromonas a été proposé en 1972 pour quatre espèces de bacilles à Gram négatif (Alteromonas communis, Alteromonas macleodii, "Alteromonas marinopraesens" ultérieurement renommée Alteromonas haloplanktis et Alteromonas vaga), aérobies, non pigmentés possédant un unique flagelle polaire et dont l'habitat est l'eau de mer. Ultérieurement, d'autres bacilles à Gram négatif, aérobies, mobiles grâce à un unique flagelle polaire et différant des espèces du genre Pseudomonas par leur G + C p. cent ont été placés dans ce genre.
En 1980, neuf espèces du genre Alteromonas ont été incluses dans les Approved Lists of Bacterial Names et, en 1984, le Bergey's Manual of Systematic Bacteriology retient 11 espèces ainsi que quatre espèces considérées comme incertae sedis (Alteromonas putrefaciens, "Pseudomonas atlantica", "Pseudomonas nigrifaciens" et "Pseudomonas piscicida"). Pour Baumann et al., la liste des espèces citées dans la première édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology devait être considérée comme provisoire en attendant des études phylogénétiques complémentaires. De telles études ont été effectuées et, en 1984, Alteromonas communis a été transférée dans le genre Marinomonas, en 1986 Alteromonas hanedai et Alteromonas putrefaciens intégraient le nouveau genre Shewanella et en 1995 Gauthier et al. proposent la création du nouveau genre Pseudoalteromonas.
L'analyse phylogénétique (étude des séquences des ARNr 16S) réalisée par Gauthier et al. a concerné trois espèces du genre Shewanella (dont l'espèce type Shewanella putrefaciens), Vibrio marinus, une espèce connue sous le nom de "Pseudomonas piscicida", l'espèce type du genre Alteromonas (Alteromonas macleodii) et 12 autres espèces du genre Alteromonas (Alteromonas atlantica, Alteromonas aurantia, Alteromonas carrageenovora, Alteromonas citrea, Alteromonas denitrificans, Alteromonas espejiana, Alteromonas haloplanktis, Alteromonas luteoviolacea, Alteromonas nigrifaciens, Alteromonas rubra, Alteromonas tetraodonis et Alteromonas undina).
Les résultats obtenus par ces auteurs leur permettent (i) de confirmer la validité du genre Shewanella ; (ii) de considérer Vibrio marinus comme le représentant d'un nouveau genre, le genre Moritella, dont la nomenclature sera validement publiée en 1999 ; (iii) de montrer que Alteromonas macleodii est phylogénétiquement éloignée des autres espèces du genre Alteromonas et (iv) de montrer que "Pseudomonas piscicida" ainsi que les 12 autres espèces du genre Alteromonas forment un groupe phylogénétique homogène et distinct pour lequel ils valident la nomenclature de Pseudoalteromonas.
Pour Gauthier et al., l'espèce Pseudoalteromonas haloplanktis comprenait deux sous-espèces, Pseudoalteromonas haloplanktis subsp. haloplanktis et Pseudoalteromonas haloplanktis subsp. tetraodonis. Ultérieurement des études d'hybridation ADN - ADN ont permis d'élever Pseudoalteromonas haloplanktis subsp. tetraodonis au rang d'espèce, Pseudoalteromonas tetraodonis.
Les espèces Alteromonas distincta et Alteromonas fuliginea, toutes deux placées dans le genre Alteromonas en 1995, n'avaient pu être étudiées par Gauthier et al.
Alteromonas distincta a été transférée dans le genre Pseudoalteromonas en 2000 et Alteromonas fuliginea s'est avérée être un synonyme ultérieur de Pseudoalteromonas citrea.
Alteromonas elyakovii, espèce décrite en 1997, a été transférée dans le genre Pseudoalteromonas en 2000 et dix nouvelles espèces ont été décrites si bien qu'au 22 février 2002, le genre Pseudoalteromonas rassemble 25 espèces (voir le fichier Pseudoalteromonas in List of Bacterial Names with Standing in Nomenclature).
Le genre Pseudoalteromonas forme, avec les genres Alteromonas, Colwellia et Idiomarina, la famille des Alteromonadaceae.
Caractères bactériologiques
La description du genre Pseudoalteromonas Gauthier et al. 1995 est la suivante :
Bacilles à Gram négatif, droits ou incurvés, de 0,2 à 1,5 µm de diamètre sur 1,8 à 3 µm de longueur, non sporulés, généralement mobiles grâce un seul flagelle polaire non entouré d'une gaine, non luminescents, souvent pigmentés, chimio-organotrophes, aérobies stricts, à métabolisme respiratoire, oxydase positive, catalase positive (réaction parfois faiblement positive), n'accumulant pas de poly-bêta-hydroxybutyrate, capables de croître à 20 °C, nécessitant de l'eau de mer pour leur croissance.
Une réponse positive est obtenue pour les tests gélatinase, lipase, lécithinase, DNase et assimilation du glucose.
Une réponse négative est notée pour l'utilisation de l'adonitol, de l'érythritol, du D-gluconate, du glucuronate, du DL-glycérate, du m-inositol, du L-rhamnose, du D-ribose, de la salicine, du sorbitol, du turanose, de la L-ornithine, de la L-valine et du m-hydroxybenzoate.
L'incorporation de nouvelles espèces au sein du genre Pseudoalteromonas a légèrement modifié la description de ce genre mais sans provoquer de bouleversements majeurs. On peut cependant noter que les cellules de Pseudoalteromonas distincta peuvent avoir une ciliature monotriche ou posséder 2 à 5 flagelles polaires ou latéraux. De même, les cellules de Pseudoalteromonas denitrificans peuvent être mobiles grâce à la présence de 2 à 3 flagelles polaires.
Quelques caractères bactériologiques des différentes espèces du genre Pseudoalteromonas sont donnés dans le tableau I.
Habitat et pouvoir pathogène
L'habitat des Pseudoalteromonas sp. est constitué par l'eau de mer et l'environnement marin. Les deux espèces les plus importantes en médecine vétérinaire, font l'objet d'une étude particulière (voir Pseudoalteromonas piscicida et Pseudoalteromonas tetraodonis).
En ce qui concerne les autres espèces, on peut préciser les points suivants :
Pseudomonas bacteriolytica produit au moins six substances capables de provoquer une lyse de diverses bactéries. Cette espèce est également responsable d'une maladie d'une algue brune (Laminaria japonica) cultivée et utilisée dans l'alimentation.
Pseudoalteromonas distincta a été isolée d'une éponge récoltée à 350 mètres près des îles Komandorskie.
Pseudomonas elyakovii a été isolée d'un mollusque, Crenomytilus grayanus, dans la baie de Troitsa (mer du Japon) et cette bactérie est responsable d'une maladie d'une algue brune (Laminaria japonica) cultivée et utilisée dans l'alimentation.
Pseudoalteromonas maricaloris a été isolée d'une éponge, Fascaplysinopsis reticulata, prélevée à 10 mètres de profondeur dans la mer de Corail (à proximité de l'île Lizzard).
Quelques souches de Pseudomonas peptidolytica produisent des enzymes extra-cellulaires capables de dégrader la protéine responsable de la fixation de certains coquillages sur un support inerte. La fixation des coquillages sur les coques des bateaux, les pipe-lines et les filets de pêche est à l'origine de pertes économiques et les enzymes de Pseudomonas peptidolytica pourraient avoir un intérêt industriel.
Pseudoalteromonas ruthenica a été isolée de mollusques, Crenomytilus grayanus et Patinopecten yessoensis, de la mer du Japon.
Pseudomonas tunicata a été isolée d'une ascidie adulte (Ciona intestinalis) récoltée à 10 mètres de profondeur à l'ouest de la Suède. Cette espèce produit des substances aptes à tuer les larves de Balanus amphitrite et de Ciona intestinalis et à inhiber le développement de diverses bactéries, algues, champignons et diatomées.
Pseudoalteromonas ulvae inhibe le développement des larves de Balanus amphitrite et elle perturbe la reproduction de certaines algues (Ulva lactuca et Polysiphonia sp.).
Orientation bibliographique
BAUMANN (P.), GAUTHIER (M.J.) et BAUMANN (L.) : Genus Alteromonas Baumann, Baumann, Mandel and Allen 1972, 418AL. In: N.R. KRIEG and J.G. HOLT (ed.), Bergey’s Manual of Systematic Bacteriology, vol. 1, The Williams & Wilkins Co, Baltimore, 1984, pp. 343-352..
EUZÉBY (J.P.) : Alteromonas et Pseudoalteromonas in List of Bacterial Names with Standing in Nomenclature.
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