Bacterio

Staphylococcus delphini

Description

Staphylococcus delphini est la nomenclature validement publiée le 7 octobre 1988 pour deux souches bactériennes isolées de deux dauphins (espèce non précisée) élevés en Italie. Les animaux présentaient de multiples lésions cutanées purulentes, rétrocédant rapidement après antibiothérapie (antibiotiques non précisés). Les deux souches possèdent les caractères généraux du genre Staphylococcus. Les hybridations ADN-ADN montrent qu'elles forment une genomospecies* (99 p. cent d'homologie) et que l'espèce la plus proche est Staphylococcus intermedius. Staphylococcus delphini se différencie par la structure de son peptidoglycane, la valeur de son G + C p. cent (39), par son activité lytique** vis-à-vis de diverses souches bactériennes et par ses caractères biochimiques. Des études ultérieures, basées sur les homologies ADN-ADN, sur l'étude de la séquence du gène codant pour la protéine HSP60 (protéine du choc thermique de 60 kDa), sur l'analyse des séquences des ADNr 16S et sur l'analyse des fragments de macrorestriction, ont confirmé la parenté entre Staphylococcus delphini et Staphylococcus intermedius. Ces deux espèces appartiennent au sous-groupe "Staphylococcus intermedius" qui constitue, avec le sous-groupe "Staphylococcus hyicus", le groupe "Staphylococcus hyicus-intermedius". Les souches de Staphylococcus delphini sont constituées de coques à Gram positif, de 0,8 à 1,0 µm de diamètre, généralement groupés en amas (mais pouvant également apparaître sous forme isolée ou groupés par deux), immobiles, non sporulés, aéro-anaérobies (mais cultivant mieux en aérobiose), catalase positive, résistants au lysozyme, sensibles à la novobiocine et à la lysostaphine. . Une réponse positive est notée pour les tests coagulase (plasma de lapins, de porcs, de bovins et d'hommes), nitrate réductase, uréase, phosphatase alcaline, arginine di-hydrolase, hydrolyse de la caséine, acidification en aérobiose du bêta-D-fructose, du glucose, du lactose, du maltose, du mannitol (réaction faiblement positive), du mannose et du saccharose. . Le test DNase est faiblement positif et le germe ne produit pas de nucléase thermostable. . Une réponse négative est obtenue avec les tests oxydase, clumping facteur, production d'acétoïne, gélatinase, lipase, acidification en anaérobiose du mannitol, acidification en aérobiose de l'arabinose, du tréhalose, du xylitol et du xylose. La culture est obtenue à 45 °C et sur des milieux contenant 10 ou 15 p. cent de NaCl. Sur gélose P***, les colonies ont un diamètre supérieur à 5 mm et elles sont non pigmentées. Sur gélose nutritive, les colonies sont circulaires, à bord régulier, lisses, légèrement convexes, opaques, brillantes, de consistance butyreuse et leur diamètre est compris entre 5 et 7 mm. En prolongeant l'incubation, les colonies ont tendance à devenir translucides. Les colonies s'entourent d'une zone d'hémolyse après culture sur une gélose au sang humain ou au sang de mouton ou au sang de bovin. Les principaux caractères permettant de différencier Staphylococcus delphini des autres staphylocoques produisant ou pouvant produire une coagulase figurent dans le tableau I. Staphylococcus aureus subsp. aureus est bien connu pour être responsable de pneumonies, de maladies systémiques et d'infections cutanées chez les dauphins détenus en captivité. En revanche, l'habitat et le pouvoir pathogène de Staphylococcus delphini sont très mal connus. À la connaissance de l'auteur, mis à part la publication originelle, seul un rapport du "Scottish Agricultural College Veterinary Science Division"**** d'Inverness fait état de l'isolement de cette bactérie à partir des cavités nasales d'un phoque (Phoca vitulina). Les deux souches de Staphylococcus delphini étudiées par Varaldo et al. ne produisaient pas de bêta-lactamase. Elles étaient sensibles à la pénicilline G, à l'oxacilline, à la céfalotine, au céfamandole, au céfoxitine, au céfuroxime, au céfotaxime, à la vancomycine, à la técoplanine, à la rifampicine, au cotrimoxazole, au chloramphénicol, à l'érythromycine, à la lincomycine, à la tétracycline, à la gentamicine, à la nétilmicine et à l'ofloxacine. Orientation bibliographique CHESNEAU (O.), MORVAN (A.), AUBERT (S.) et EL SOLH (N.) : The value of rRNA gene restriction site polymorphism analysis for delineating taxa in the genus Staphylococcus. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2000, 50, 689-697. 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Retour ** : Activité bactériolytique L'activité lytique des staphylocoques vis-à-vis de différentes souches bactériennes (diverses souches de Micrococcus luteus, souche A8 de Staphylococcus aureus subsp. aureus, souche a61 de Staphylococcus epidermidis, souche A12 de Klebsiella pneumoniae subsp. pneumoniae) a été utilisée à la fin des années 1970 et dans les années 1980 comme une approche taxonomique de la famille des Micrococcaceae. [À cette époque, le genre Staphylococcus était considéré comme un membre de la famille des Micrococcaceae. Actuellement, on considère que la famille des Micrococcaceae appartient à l'ordre des Actinomycetales et que le genre Staphylococcus (famille des "Staphylococcaceae") est un représentant de l'ordre des Bacillales.]. En fonction du spectre de lyse et des conditions optimales pour obtenir une activité lytique, il était possible de définir des lysogroupes. Cette approche taxonomique a également été utilisée en 1992 pour la taxonomie des entérocoques mais, à la connaissance de l'auteur, elle semble actuellement abandonnée. Références : . POMPEI (R.), THALLER (M.C.), PITTALUGA (F.), FLORE (O.) et SATTA (G.) : Analysis of bacteriolytic activity patterns, a novel approach to the taxonomy of enterococci. Int. J. Syst. Bacteriol., 1992, 42, 37-43. . VARALDO (P.E.), GRAZI (G.), SORO (O.), CISANI (G.) et SATTA (G.) : Simplified lyogroup system, a new method for routine identification of staphylococci: description and comparison with three other methods. J. Clin. Microbiol., 1980, 2, 63-68. . VARALDO (P.E.) et SATTA (G.) : Grouping of staphylococci on the basis of their bacteriolytic activity patterns: a new approach to the taxonomy of Micrococcaceae. II. Main characters of 1,054 strains subdivided in "lyogroups". Int. J. Syst. Bacteriol., 1978, 28, 141-147. . VARALDO (P.E.), SATTA (G.), GRAZI -G.) et ROMANZI (C.E.) : Grouping of staphylococci on the basis of their bacteriolytic activity patterns: a new approach to the taxonomy of Micrococcaceae. I. Identification of six different "lyogroups". Int. J. Syst. Bacteriol., 1978, 28, 141-147. Retour *** : Gélose P (composition en g/L) Agar : 15 Peptone : 10 NaCl : 5 Extraits de levure : 5 Glucose : 1 Retour **** : Document disponible sur Internet au format pdf : www.defra.gov.uk/wildlife-countryside/resprog/ findings/cetaceanscot/SACreport.pdf Retour

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