Bacterio

Sutterella, sutterella stercoricanis

Description

Le genre Sutterella et l'espèce Sutterella wadsworthensis ont été validement publiés le 9 janvier 1996 pour des souches bactériennes ressemblant à Campylobacter gracilis mais se différenciant des Campylobacter sp. par leurs caractères génotypiques et phénotypiques. Les souches de Sutterella wadsworthensis n'ont été isolées que chez l'homme, notamment chez des sujets présentant une appendicite, une péritonite, une entérite ou des abcès du rectum. Cette espèce a également été isolée des fèces d'un individu sain. Le genre Sutterella est considéré comme l'un des genres de la famille des Alcaligenaceae*. En 2002, Greetham et al. publient les résultats d'une étude de la flore intestinale de quatre chiens de race Labrador et ces auteurs constatent que 29 p. cent des souches bactériennes isolées ne peuvent être identifiées. En 2004, Greetham et al. soumettent à une analyse taxonomique la souche 5BAC4, isolée de la flore fécale d'un Labrador mâle en apparente bonne santé. Les caractères phénotypiques et l'analyse phylogénétique rapprochent cette souche du genre Sutterella. Toutefois le pourcentage d'homologie obtenu entre les séquences des ARNr 16S de la souche 5BAC4 et de la souche type de Sutterella wadsworthensis est de 94,6. En accord avec les conclusions de Stackebrandt et Goebel, la souche isolée des fèces d'un Labrador constitue une nouvelle espèce. Les hybridations ADN-ADN, effectuées entre la souche 5BAC4 et la souche type de Sutterella wadsworthensis, confirment qu'elles appartiennent à deux genomospecies différentes car le pourcentage d'homologie obtenu est de 35 (voir le fichier "Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne"). Les caractères phénotypiques permettent d'identifier la souche 5BAC4, si bien que le 20 septembre 2004, Greetham et al. valident la publication de Sutterella stercoricanis. La définition du genre Sutterella, telle qu'elle a été publiée en 1996 par Wexler et al. est la suivante. . Bacilles droits à Gram négatif, cultivant dans une atmosphère contenant 2 ou 6 p. cent d'oxygène ou dans une atmosphère anaérobie, résistants à 20 p. cent de bile, inactifs sur les sucres, réduisant les nitrates en nitrites et donnant une réponse négative aux tests oxydase, uréase, indoxyl acétate estérase et réduction du chlorure de triphényltétrazolium (en aérobiose et en présence de formate et de fumarate). . Sutterella stercoricanis ne cultive pas en présence de 6 p. cent d'oxygène (Cf. infra), mais Greetham et al. ne proposent pas un amendement du genre Sutterella. . Seule la réduction du chlorure de triphényltétrazolium permet de différencier les genres Sutterella et Campylobacter. De plus, les Sutterella sp. se différencient de Campylobacter gracilis car cette espèce est sensible à 20 p. cent de bile et elle synthétise une indoxyl acétate estérase. L'unique souche de Sutterella stercoricanis est constituée de bacilles droits, de 0,8 µm de diamètre sur 1,5 à 2 µm de longueur, non sporulés, immobiles, non hémolytiques, cultivant en anaérobiose et dans une atmosphère micro-aérophile (mais ne cultivant pas en présence de 6 p. cent d'oxygène), résistants à 20 p. cent de bile, réduisant les nitrates en nitrites, catalase et oxydase négatives, non indologènes et inactifs sur les sucres. . En utilisant des galeries API Rapid ID 32A et API ZYM, seule une faible réponse positive est notée pour le test glycine arylamidase. . L'isolement de la souche 5BAC4 a été réalisée sur une "gélose bacteroides"**. Les caractères culturaux ne sont pas donnés par Greetham et al. . En utilisant des galeries API Rapid ID 32A, Sutterella stercoricanis se distingue de Sutterella wadsworthensis car cette dernière espèce donne une réponse positive aux tests arginine arylamidase, leucine arylamidase et phosphatase alcaline. L'unique souche de Sutterella stercoricanis a pour origine les fèces d'un Labrador cliniquement sain. L'habitat et l'éventuel pouvoir pathogène de cette espèce sont encore inconnus. Greetham et al. espèrent que la description de ce nouveau taxon permettra aux laboratoires d'isoler et de caractériser d'autres souches. Orientation bibliographique DE LEY (J.), SEGERS (P.), KERSTERS (K.), MANNHEIM (W.) et LIEVENS (A.) : Intra- and intergeneric similarities of the Bordetella ribosomal ribonucleic acid cistrons: proposal for a new family, Alcaligenaceae. Int. J. Syst. Bacteriol., 1986, 36, 405-414. ENGBERG (J.), ON (S.L.), HARRINGTON (C.S.) et GERNER-SMIDT (P.) : Prevalence of Campylobacter, Arcobacter, Helicobacter, and Sutterella spp. in human fecal samples as estimated by a reevaluation of isolation methods for campylobacters. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 286-291. FINEGOLD (S.M.) et JOUSIMIES-SOMER (H.) : Recently described clinically important anaerobic bacteria: medical aspects. 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Dans le deuxième édition (en cours de préparation) du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology, la famille des Alcaligenaceae regroupera l'ensemble de ces genres. Retour ** : Gélose bacteroides (bacteroides agar de Holdeman et Moore) : Gélose Brucella contenant 75 mg/L de kanamycine, 7,5 mg/L de vancomycine, 5 mg/L d'hémine, 10 mg/L de vitamine K et 50 mL/L de sang laqué de cheval. Retour

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