Bartonella birtlesii
Description
Voir aussi le fichier Bartonella.
La découverte de Bartonella henselae et de son rôle en tant qu'agent étiologique de la maladie des griffes du chat a suscité la recherche de bartonelles chez les espèces animales vivant dans l'environnement de l'homme. Ainsi, ont été décrites Bartonella doshiae (1995), Bartonella grahamii (1995), Bartonella taylorii (1995), Bartonella clarridgeiae (1996), Bartonella vinsonii subsp. berkhoffii (1996), Bartonella tribocorum (1998), Bartonella alsatica (1999) et, en 2000, Bartonella vinsonii subsp. arupenis, Bartonella koehlerae et Bartonella birtlesii.
Bartonella birtlesii est la quinzième espèce décrite au sein du genre Bartonella (voir : le fichier Bartonella dans List of Bacterial Names with Standing in Nomenclature). Cette nomenclature a été proposée par Bermond et al. pour deux souches de Bartonella sp. isolées du sang de rongeurs sauvages (Apodemus sp.) capturés en Alsace et pour une souche de Bartonella sp. isolée au Royaume Uni de Apodemus sylvaticus (mulot sylvestre).
L'analyse d'une séquence de 1394 paires de bases de l'ARNr 16S révèle une identité entre les trois souches et une parenté (99,3 p. cent d'homologie) avec Bartonella taylorii.
L'analyse d'une séquence de 320 paires de bases du gène de la citrate synthétase révèle une identité entre les trois souches et une parenté (92,5 p. cent d'homologie) avec Bartonella alsatica.
Les résultats des hybridations ADN - ADN montrent que les trois souches isolées des petits rongeurs sauvages forment une unique genomospecies* (pourcentage d'homologie supérieur à 94 p. cent) et que cette genomospecies présente moins de 30 p. cent d'homologie avec les souches types de 10 autres espèces** du genre Bartonella.
Les caractères phénotypiques des trois souches étudiées par Bermond et al. sont similaires et ils permettent de les différencier des autres espèces du genre Bartonella.
L'ensemble de ces résultats permet à Bermond et al. de proposer une nouvelle espèce, Bartonella birtlesii.
Les souches de Bartonella birtlesii se présentent sous la forme de petits bacilles droits ou légèrement incurvés, à Gram négatif, dépourvus de flagelle, catalase négative et oxydase négative.
Les caractères biochimiques ont été étudiés avec des tablettes Rosco (VP, hydrolyse de la tributyrine, pyrazinamidase, proline aminopeptidase et activité peptidasique vis-à-vis de la benzoyl-arginine-bêta-naphtylamide [activité trypsine-like]) et à l'aide du kit MicroScan® Rapid Anaerobe Panel***.
. Un résultat positif est obtenu pour les tests hydrolyse du bis-p-nitrophényl phosphate, L-arginine-bêta-naphthylamide, L-lysine-bêta-naphthylamide (acide), L-lysine-bêta-naphthylamide (alcaline), glycine-bêta-naphthylamide, glycylglycine-bêta-naphthylamide, L-leucine-bêta-naphthylamide, DL-méthionine-bêta-naphthylamide, L-proline-bêta-naphthylamide, L-tryptophane-bêta-naphthylamide et activité trypsine-like.
. Une réponse négative est notée pour les tests L-pyrrolidonyl-bêta-naphthylamide, VP, uréase, hydrolyse du tréhalose, hydrolyse du p-nitrophényl-N-acétyl-bêta-D-glucosaminide.
La croissance est lente et l'obtention des colonies nécessite une incubation de 10 jours lors de l'isolement et une incubation de 6 jours lors des repiquages. Après culture en atmosphère humide, en présence de 5 p. cent de dioxyde de carbone et à 35 °C, les colonies obtenues sur une gélose Columbia enrichie de 5 p. cent de sang de lapin défibriné ont un aspect homogène, elles sont rondes, grisâtres ou blanchâtres et leur diamètre est compris entre 0,6 et 1,0 mm.
Toutes les souches ont été isolées d'espèces du genre Apodemus mais le nombre de souches identifiées est encore faible et il est impossible de préciser l'habitat exact de cette bactérie. Expérimentalement, les souris de laboratoire sont sensibles et présentent une bactériémie de longue durée. La contamination de l'homme n'a pas été décrite mais il est intéressant de noter que Bartonella doshiae et Bartonella vinsonii subsp. arupensis ont été isolées à la fois chez des rongeurs sauvages et chez l'homme.
Orientation bibliographique
BERMOND (D.), HELLER (R.), BARRAT (F.), DELACOUR (G.), DEHIO (C.), ALLIOT (A.), MONTEIL (H.), CHOMEL (B.), BOULOUIS (H.J.) et PIÉMONT (Y.) : Bartonella birtlesii sp. nov., isolated from small mammals (Apodemus spp.). Int. J. Syst. Evol. Microbiol. 2000, 50, 1973-1979.
BIRTLES (R.J.) et RAOULT (D.) : Comparison of partial citrate synthetase gene (gltA) sequences for phylogenetic analysis of Bartonella species. Int. J. Syst. Bacteriol., 1996, 46, 891-897.
STACKEBRANDT (E.) et GOEBEL (B.M.) : Taxonomic note: A place for DNA-DNA reassociation and 16S rRNA sequence analysis in the present species definition in bacteriology. Int. J. Syst. Bacteriol., 1994, 44, 846-849.
* : Définition d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne :
Une genomospecies est définie comme l'ensemble des souches présentant, dans les conditions optimales de réassociation (55 °C), un pourcentage d'homologie ADN - ADN supérieur à 70 avec une instabilité thermique des hybrides inférieure à 5 °C.
Lorsqu'une genomospecies peut être identifiée par ses caractères phénotypiques, elle reçoit un nom et devient une espèce. En revanche, si aucun caractère phénotypique ne permet d'identifier facilement la genomospecies, elle demeure innomée.
Le terme de "genomospecies" a été proposé par Brenner et al. en 1993 pour remplacer le terme de "genospecies" préalablement utilisé.
Genomospecies est un synonyme de "espèce génomique" et de "genomovar". Le suffixe "var" est généralement utilisé pour des taxons d'un rang hiérarchique inférieur à la sous-espèce (biovar, pathovar, sérovar...) si bien que le nom de "genomovar" ne semble pas judicieux.
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** : Bartonella alsatica, Bartonella doshiae, Bartonella elizabethae, Bartonella grahamii, Bartonella henselae, Bartonella koehlerae, Bartonella quintana, Bartonella taylorii, Bartonella tribocorum et Bartonella vinsonii subsp. vinsonii.
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*** : Galerie MicroScan® Rapid Anaerobe Panel
(d'après la documentation technique MicroScan®, Dade International Inc., West Sacramento, CA 95691, U.S.A.)
L'auteur remercie le Vétérinaire Biologiste M. Boni (Secteur Vétérinaire de Marseille) qui lui a transmis la documentation technique MicroScan Rapid Anaerobe Panel.
La galerie MicroScan® Rapid Anaerobe Panel a été conçue pour l'identification des bactéries anaérobies mais elle est fréquemment utilisée pour les espèces du genre Bartonella.
La galerie comprend 24 substrats déshydratés et elle est inoculée (50 µL par puits) avec une suspension bactérienne dont l'opacité est comprise entre les valeurs 3 et 5 de l'échelle de McFarland. Les tests détectent des enzymes préformées et la croissance du germe n'est pas nécessaire si bien que la galerie est incubée sous une atmosphère normale durant 4 heures à 35 - 37 °C. Après incubation, la lecture repose sur les changements de pH et l'apparition de colorations après adjonction éventuelle de réactifs. Deux cupules de contrôle sont prévues pour faciliter la lecture. Un contrôle au nitrophényl qui doit rester incolore et un contrôle au bêta-naphthylamide qui doit virer au jaune-orange après addition du réactif "peptidase".
La liste des 24 substrats ainsi que le principe de la lecture sont donnés dans le tableau ci-dessous :
Substrat
Réactifs
Réaction positive
Réaction négative
p-nitrophényl-bêta-D-galactopyranoside*
p-nitrophényl-alpha-D-galactopyranoside*
Bis-p-nitrophényl-phosphate*
p-nitrophényl-N-acétyl-bêta-D-glucosaminide*
p-nitrophényl-alpha-D-glucopyranoside*
o-nitrophényl-bêta-D-glucopyranoside*
p-nitrophényl-phosphate*
p-nitrophényl-alpha-L-fucopyranoside*
p-nitrophényl-alpha-D-mannopyranoside*
Aucun. Les résultats doivent être comparés avec celui d'une cupule témoin qui doit être incolore
Toute coloration jaune
Incolore
L-leucine-bêta-naphthylamide**
DL-méthionine-bêta-naphthylamide**
L-lysine-bêta-naphthylamide (alcaline)**
L-lysine-bêta-naphthylamide (acide)**
Glycylglycine-bêta-naphthylamide**
Glycine-bêta-naphthylamide**
L-proline-bêta-naphthylamide**
L-arginine-bêta-naphthylamide**
L-pyrrolidonyl-bêta-naphthylamide**
L-tryptophane-bêta-naphthylamide**
Ajouter une goutte du réactif "peptidase". Attendre au moins 30 secondes et au maximum 3 minutes. Les résultats doivent être comparés à celui d'une cupule témoin qui se colore en jaune après addition du réactif.
Toute coloration rose à magenta
Jaune ou orange
3-indoxyl-phosphate
Coloration bleue et précipité bleu
Incolore
Tréhalose
Jaune
Orange/rouge
Urée (recouvrir avec une à deux gouttes d'huile de paraffine)
Rose-rouge
Jaune-orange
Indole (recouvrir avec une à deux gouttes d'huile de paraffine)
Ajouter une goutte de xylène et remuer. Ajouter une goutte de réactif d'Ehrlich. Lire après 2 à 3 minutes.
Rouge
Jaune clair
Nitrate
Ajouter une goutte d'acide sulfanilique et une goutte de N,N-diméthyl-alpha-naphthylamine. Lire après 2 à 3 minutes.
Rouge
Incolore ou rose pâle
* : Les substrats d'ortho- ou de para-nitrophényl sont incolores. L'enzyme, lorsqu'elle est présente, hydrolyse le substrat et libère de l'ortho- ou du para-nitrophénol de couleur jaune.
** : Lorsque le substrat est hydrolysé par l'arylamidase appropriée, le bêta-naphthylamide est libéré et détecté par l'addition du réactif "peptidase" qui crée un complexe chimique de coloration rose à pourpre magenta.
La recherche de la catalase peut s'effectuer dans la cupule p-nitrophényl-bêta-D-galactopyranoside. En cas de réaction positive, l'adjonction de deux à trois gouttes d'eau oxygénée à 3 p. cent provoque l'apparition de bulles après 2 à 3 minutes.
Les tests sont séparés par groupe de trois et une valeur 4, 2 ou 1 est attribuée à chaque test. La valeur 4 est attribuée à une réponse positive notée pour le premier test d'un groupe de trois. La valeur 2 est attribuée à une réponse positive notée pour le deuxième test d'un groupe de trois. La valeur 1 est attribuée à une réponse positive notée pour le troisième test d'un groupe de trois. L'addition des valeurs pour chacun des groupes permet d'obtenir un profil numérique à huit chiffres.
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