Bartonella bovis
Créé le 18 avril 2002
Dernière mise à jour le 29 janvier 2004
BARTONELLA BOVIS
Notes :
. Les souches de "Bartonella weissi" (sic) Marano et al. 1999 ou de "Bartonella weissii" Regnery et al. 2000 appartiennent à l'espèce Bartonella bovis Bermond et al. 2002.
. Bartonella bovis Bermond et al. 2002 est une espèce différente du taxon "Bartonella bovis" décrit en 1934 par Donatien et Lestoquard.
Remerciements : L'auteur remercie le Dr. H.-J. Boulouis (École Nationale Vétérinaire d'Alfort) qui a eu la gentillesse de lui communiquer des renseignements non encore publiés.
Systématique
La nomenclature de Bartonella bovis a été validement publiée le 11 mars 2002 par Bermond et al. pour une unique souche bactérienne isolée du sang d'un bovin élevé en France.
Cette souche possède les caractères phénotypiques du genre Bartonella et son ARNr 16S présente 97 à 99,8 p. cent d'homologie avec les ARNr 16S des souches types de 16 autres espèces ou sous-espèces de Bartonella sp.*. L'appartenance au genre Bartonella est confirmée par l'analyse de la séquence de 1000 pb du gène gltA (codant pour la citrate synthétase) qui présente entre 85,9 et 94,1 p. cent d'homologie avec les séquences des16 autres souches types incluses dans l'analyse phylogénétique.
Les études d'hybridation ADN-ADN, réalisées avec les souches types de 16 espèces ou sous-espèces du genre Bartonella, montrent que la souche d'origine bovine constitue une genomospecies** distincte car les pourcentages d'homologie les plus élevés (obtenus avec les souches types de ¤ Bartonella capreoli et de ¤ Bartonella schoenbuchensis) ne dépassent pas 45.
Ces études génotypiques ont également permis de montrer que les souches préalablement décrites sous l'appellation de "Bartonella weissii" ou de "Bartonella weissi" (sic) sont en fait des souches de Bartonella bovis. En effet, les ADNr 16S et les séquences gltA de la souche type de Bartonella bovis et de la souche FC7049UT de "Bartonella weissii" sont identiques et les pourcentages d'homologie ADN-ADN obtenus entre ces deux souches sont de 80. "Bartonella weissii" est une nomenclature qui n'a jamais fait l'objet d'une publication valide (ni même d'une publication effective) et qui ne pourra plus être validement publiée car Bartonella bovis a priorité***. Il est intéressant de remarquer que l'étude de la séquence du gène groEL (codant pour une protéine du choc thermique), effectuée par Zeaiter et al. et incluant la souche FC7049UT, confirme l'appartenance de Bartonella bovis au genre Bartonella.
Bartonella bovis Bermond et al. 2002 ne doit pas être confondue avec "Bartonella bovis" espèce décrite en 1934 par Donatien et Lestoquard mais non retenue par les Approved Lists of Bacterial Names. En fait, la bactérie décrite par Donatien et Lestoquard pourrait être identique à l'espèce actuellement connue sous le nom de ¤ Mycoplasma wenyonii.
L'étude des séquences des gènes gltA, des gènes codant pour les ARNr 16S et des espaces intergéniques 16S-23S révèle une parenté entre toutes les espèces isolées des ruminants : Bartonella bovis, ¤ Bartonella capreoli, ¤ Bartonella chomelii et ¤ Bartonella schoenbuchensis.
Caractères bactériologiques
Bartonella bovis est un cocco-bacille à Gram négatif, d'environ 1,3 mm de diamètre, dépourvu de flagelle, aérobie, oxydase et catalase négatives.
Les caractères biochimiques ont été étudiés en utilisant des kits MicroScan® Rapid Anaerobe Panel**** (Dade International) et des tablettes Rosco Diagnostica [VP, hydrolyse de la tributyrine, proline aminopeptidase, pyrazinamidase et activité peptidasique vis-à-vis de la benzoyl-arginine-bêta-naphtylamide (activité trypsine-like)]. Comme pour les autres bartonelles, les caractères biochimiques présentent peu d'intérêt pour l'identification ce qui explique, certainement, l'omission de certains résultats dans la publication de Bermond et al.
. Une réponse positive est notée pour les tests acidification du tréhalose, hydrolyse de la N-acétyl-bêta-D-glucosaminide, hydrolyse du bis-p-nitrophényl-phosphate, arginine-arylamidase, lysine-arylamidase (acide et alcaline), glycine-arylamidase, leucine-arylamidase, méthionine-arylamidase, proline-arylamidase, tryptophane-arylamidase, glycylglycylarylamidase et activité trypsine-like.
. Un résultat négatif est obtenu pour les tests VP, uréase et pyrrolidonyl-arylamidase.
Comme pour les autres Bartonella sp., la primoculture de Bartonella bovis est longue et nécessite 10 jours d'incubation. Lors des repiquages, la culture est plus rapide et des colonies sont visibles en quatre jours.
Sur une gélose Columbia enrichie de 5 p. cent de sang de lapin défibriné, incubée à 35 °C en atmosphère humide et en présence de 5 p. cent de dioxyde de carbone, les colonies sont lisses, blanchâtres, à contour régulier et leur diamètre varie de 0,3 à 1,1 mm.
Habitat et pouvoir pathogène
Selon H.-J. Boulouis, des Bartonella sp. sont fréquemment isolées du sang de bovins apparemment sains et de nombreuses souches appartiennent à l'espèce Bartonella bovis. Ainsi, l'analyse du sang de 75 bovins élevés dans les départements du Nord et de la Loire-Atlantique a permis à Maillard et al.(2004) d'isoler 150 souches de Bartonella sp. dont 148 souches de Bartonella bovis (les deux autres souches ont été placées dans une nouvelle espèce, ¤ Bartonella chomelii). La grande prévalence des bactériémies asymptomatiques chez les bovins suggère que ces animaux constituent le réservoir naturel de Bartonella bovis. La fréquence de l'infection des bovins par des Bartonella sp. a également été observée aux U.S.A.
Bartonella bovis a également été identifiée chez des bovins américains, chez un bovin de race Ankole (originaire d'Afrique) élevé dans un parc zoologique en Californie et chez un cervidé de l'Orégon.
Les souches décrites sous l'appellation "Bartonella weissii" et actuellement incluses dans l'espèce Bartonella bovis, ont été isolées chez quelques chats ne présentant aucun signe clinique. Compte tenu de sa fréquence chez les bovins et de sa relative rareté chez le chat, il est vraisemblable que l'habitat de Bartonella bovis soit constitué par les bovins (et peut être par d'autres ruminants) et que la transmission au chat soit un phénomène accidentel.
Quelques espèces ou sous-espèces du genre Bartonella sont des agents de zoonoses (voir le fichier ¤ Bartonella) et il est probable que ce genre renferme d'autres bactéries pathogènes pour l'homme.
Aucun pouvoir pathogène n'a pu être attribué à Bartonella bovis et aucune souche de cette espèce n'a été isolée chez l'homme. Toutefois, la présence de Bartonella bovis dans le sang des bovins constitue un risque potentiel pour les éleveurs, les employés d'abattoir, les bouchers, les équarrisseurs et les vétérinaires, d'autant plus que l'infection du chat prouve que la barrière d'espèce peut être transgressée.
Orientation bibliographique
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Voir aussi
Source : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire, J.P. Euzéby — version archivée.