Bacterio

Bartonella capreoli

Créé le 18 avril 2002
Dernière mise à jour le 29 janvier 2004

 

BARTONELLA CAPREOLI

 

 

Systématique

 

La nomenclature de Bartonella capreoli a été validement publiée le 11 mars 2002 par Bermond et al. pour deux souches bactérienne isolées du sang de chevreuils (Capreolus capreolus) capturés dans la forêt de Chizé.

Ces souches possèdent les caractères phénotypiques du genre Bartonella et les séquences de leurs ARNr 16S sont identiques. Ces séquences présentent 97,7 à 99,4 p. cent d'homologie avec les ARNr 16S des souches types de 16 autres espèces ou sous-espèces de Bartonella sp*. L'appartenance au genre Bartonella est confirmée par l'analyse des séquence de 1000 bp du gène gltA (codant pour la citrate synthétase) qui sont identiques pour les deux souches et qui présentent entre 85,2 et 98,1 p. cent d'homologie avec les 16 autres souches types incluses dans l'analyse phylogénétique.

Les études d'hybridation ADN-ADN, montrent que les deux souches présentent 90 p. cent d'homologie et qu'elles constituent une genomospecies distincte**. En effet, les hybridations réalisées en utilisant la souche IBS 193 = CIP 106691 = CCUG 43827 (qui sera désignée comme la souche type de Bartonella capreoli) révèlent un pourcentage d'homologie de 53 avec la souche type de ¤ Bartonella schoenbuchensis, de 48 avec la souche type de ¤ Bartonella bovis et des pourcentages d'homologie inférieurs à 40 vis-à-vis des souches types des autres espèces et sous-espèces.

L'étude des séquences des gènes gltA, des gènes codant pour les ARNr 16S et des espaces intergéniques 16S-23S révèle une parenté entre toutes les espèces isolées des ruminants : ¤ Bartonella bovis, Bartonella capreoli, ¤ Bartonella chomelii et ¤ Bartonella schoenbuchensis.

 

Caractères bactériologiques

 

Bartonella capreoli est un cocco-bacille à Gram négatif, d'environ 0,8 mm de diamètre sur 1,6 µm de longueur, présentant de multiples flagelles polaires, aérobie, oxydase et catalase négatives.

Les caractères biochimiques ont été étudiés en utilisant des kits MicroScan® Rapid Anaerobe Panel*** (Dade International) et des tablettes Rosco Diagnostica [VP, hydrolyse de la tributyrine, proline aminopeptidase, pyrazinamidase et activité peptidasique vis-à-vis de la benzoyl-arginine-bêta-naphtylamide (activité trypsine-like)]. Comme pour les autres bartonelles, les caractères biochimiques présentent peu d'intérêt pour l'identification ce qui explique certainement l'omission de certains résultats dans la publication de Bermond et al.
. Une réponse positive est notée pour les tests acidification du tréhalose, hydrolyse de la N-acétyl-bêta-D-glucosaminide, hydrolyse du bis-p-nitrophényl-phosphate, arginine-arylamidase, lysine-arylamidase (acide et alcaline), glycine-arylamidase, leucine-arylamidase, méthionine-arylamidase, proline-arylamidase, tryptophane-arylamidase, glycylglycylarylamidase et activité trypsine-like.
. Un résultat négatif est obtenu pour les tests VP, uréase et pyrrolidonyl-arylamidase.

Comme pour les autres Bartonella sp., la primoculture de Bartonella capreoli est longue et nécessite 10 jours d'incubation. Lors des repiquages, la culture est plus rapide et des colonies sont visibles en six jours.
Sur une gélose Columbia enrichie de 5 p. cent de sang de lapin défibriné, incubée à 35 °C en atmosphère humide et en présence de 5 p. cent de dioxyde de carbone, les colonies sont lisses, grisâtres ou verdâtres, à contour régulier et leur diamètre varie de 0,5 à 1,2 mm.

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

Après ¤ Bartonella schoenbuchensis, Bartonella capreoli est la deuxième espèces du genre Bartonella caractérisée chez des cervidés sauvages. La publication de Bermond et al. ne précise pas l'état de santé des animaux ce qui laisse supposer que les chevreuils étaient en apparente bonne santé.

D'une manière générale, le taux d'infection par diverses espèces du genre Bartonella semble élevé chez les cervidés sauvages :
. Environ 70 p. cent des tiques (Ixodes ricinus) prélevées sur des chevreuils hollandais, 90 p. cent des cerfs mulets (Odocoileus hemionus) de Californie (42 animaux testés) et 15 p. cent des cerfs élaphes (Cervus elaphus) de Californie ou de l'Oregon (100 animaux testés) permettent de mettre en évidence des séquences d'ADN spécifiques des bartonelles.
. En 2001, Dehio et al. ont validé la nomenclature de ¤ Bartonella schoenbuchensis pour quatre souches de Bartonella sp. isolées du sang de chevreuils (Capreolus capreolus) abattus lors de chasses effectuées dans le Parc Naturel de Schönbuch ou dans le Spitzberg (régions situées dans le sud-ouest de l'Allemagne près de la ville de Tübingen).
. En France, les travaux de Heller et al., cités par Bermond et al., montrent également un taux de contamination très élevé chez les chevreuils.

Quelques espèces ou sous-espèces du genre Bartonella sont des agents de zoonoses (voir le fichier ¤ Bartonella) et il est probable que ce genre renferme d'autres bactéries pathogènes pour l'homme.
Dans certains pays, telle que la France, le nombre des cervidés sauvages est en augmentation et les activités liées à la chasse, notamment l'éviscération des animaux à mains nues, pourraient constituer une éventuelle source de contamination pour l'homme.

 

 

Orientation bibliographique

 

BERMOND (D.), BOULOUIS (H.J.), HELLER (R.), VAN LAERE (G.), MONTEIL (H.), CHOMEL (B.B.), SANDER (A.), DEHIO (C.) et PIÉMONT (Y.) : Bartonella bovis Bermond et al. sp. nov. and Bartonella capreoli sp. nov., isolated from European ruminants. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2002, 52, 383–390.

CHANG (C.C.), CHOMEL (B.), KASTEN (R.W.), HELLER (R.), KOCAN (K.M.), UENO (H.), YAMAMOTO (K.), BLEICH (V.C.), PIERCE (B.M.), GONZALES (B.J.), SWIFT (P.K.), BOYCE (W.M.), JANG (S.S.), BOULOUIS (H.J.) et PIÉMONT (Y.) : Bartonella spp. isolated from wild and domestic ruminants in North America. Emerging Infectious Dieseases, 2000, 6, 306-311.

DEHIO (C.), LANZ (C.), POHL (R.), BEHRENS (P.), BERMOND (D.), PIÉMONT (Y.), PELZ (K.) et SANDER (A.) : Bartonella schoenbuchii sp. nov., isolated from the blood of wild roe deer. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2001, 51, 1557-1565.

MAILLARD (R.), RIEGEL (P.), BARRAT (F.), BOUILLIN (C.), THIBAULT (D.), GANDOIN (C.), HALOS (L.), DEMANCHE (C.), ALLIOT (A.), GUILLOT (J.), PIÉMONT (Y.), BOULOUIS (H.J.) et VAYSSIER-TAUSSAT (M.) : Bartonella chomelii sp. nov., isolated from French domestic cattle (Bos taurus). Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2004, 54, 215-220.

MAILLARD (R.), VAYSSIER-TAUSSAT (M.), BOUILLIN (C.), GANDOIN (C.), HALOS (L.), CHOMEL (B.), PIEMONT (Y.) et BOULOUIS (H.J.) : Identification of Bartonella strains isolated from wild and domestic ruminants by a single-step PCR analysis of the 16S-23S intergenic spacer region. Vet. Microbiol., 2004, 98, 63-69.

SCHOULS (L.M.), VAN DE POL (I.), RIJPKEMA (S.G.) and SCHOT (C.S.) : Detection and Identification of Ehrlichia, Borrelia burgdorferi sensu lato, and Bartonella species in Dutch Ixodes ricinus ticks. J. Clin. Microbiol., 1999, 37, 2215-2222.

 

Voir aussi

¤

Source : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire, J.P. Euzéby — version archivée.