Mycobacterium elephantis
Créé le 04 octobre 2000
Dernière mise à jour le 28 janvier 2003
MYCOBACTERIUM ELEPHANTIS
Les éléphants et, notamment ceux élevés en captivité dans des parcs zoologiques, peuvent être infectés par Mycobacterium bovis ou Mycobacterium tuberculosis. Par contre, peu de données sont disponibles en ce qui concerne l'infection des éléphants par d'autres espèces du genre Mycobacterium.
En septembre 2000, Shojaei et al. proposent une nouvelle espèce du genre Mycobacterium, Mycobacterium elephantis, pour une souche bactérienne isolée d'un abcès pulmonaire d'un éléphant adulte mort de maladie respiratoire chronique. Aucune précision n'est donnée concernant l'espèce (éléphant d'Afrique ou éléphant d'Asie) et le mode de vie de l'animal (animal sauvage ou animal domestique ou animal de parc zoologique ou animal de cirque).
L'unique souche de Mycobacterium elephantis décrite par Shojaei et al. présente les caractères généraux de la famille des Mycobacteriaceae* et du genre Mycobacterium** mais, l'ensemble des critères nécessaires à la description d'une nouvelle espèce du genre Mycobacterium (voir Lévy-Frébault et Portaels 1992) ne sont pas réunis. Il est vrai que ces recommandations concernent les espèces à croissance lente et que Mycobacterium elephantis est une espèce à croissance rapide. Toutefois, on peut déplorer l'absence d'hybridation ADN - ADN et de détermination du G + C p. cent.
L'étude de la séquence des ADNr 16S permet de placer cette bactérie au sein des mycobactéries à croissance rapide où elle est phylogénétiquement apparentée à Mycobacterium confluentis, à Mycobacterium madagascariense, à Mycobacterium phlei et à Mycobacterium pulveris.
L'étude des acides mycoliques permet de différencier Mycobacterium elephantis de Mycobacterium abscessus, de ¤ Mycobacterium chelonae, de Mycobacterium confluentis et de ¤ Mycobacterium fortuitum. En revanche, elle ne permet pas de différencier cette bactérie de Mycobacterium madagascariense ou de Mycobacterium phlei.
En 2002, Turenne et al. publient un article décrivant 11 souches bactériennes isolées de l'homme (10 souches proviennent de crachats et une souche d'un nœud lymphatique) et dont les séquences des ARNr 16S, la composition des acides mycoliques et l'analyse des fragments de restriction du gène hsp65 (codant pour la protéine du choc thermique de 65 kDa) montrent qu'elles appartiennent à l'espèce Mycobacterium elephantis.
Les travaux de Turenne et al. ont permis de modifier et de compléter la description originelle de Mycobacterium elephantis.
Mycobacterium elephantis est un coccobacille faiblement acido-alcoolo-résistant, de 1,2 à 1,4 µm de longueur, à croissance rapide et scotochromogène (pigmentation jaune pale, devenant plus foncée dans les vieilles cultures).
. Une réponse positive est observée pour les tests, catalase semi-quantitative (hauteur de bulles supérieure à 45 mm), catalase thermostable, nitrate réductase, uréase, pyrazinamidase, phosphatase acide, nicotinamidase, bêta-glucosidase et hydrolyse du Tween 80.
. Une réponse négative est obtenue pour les tests niacine, arylsulfatase (après 3 et 14 jours), réduction du tellurite, acétamidase, benzamidase, succinamidase et acidification du fructose, de l'inositol, du mannitol et du sorbitol.
La culture est obtenue à 25 °C (après 7 jours d'incubation sur milieu de Löwenstein-Jensen), à 30 °C (après 7 jours d'incubation sur milieu de Löwenstein-Jensen), à 37 °C (après 5 jours d'incubation sur milieu de Löwenstein-Jensen) et à 42 °C (après 3 jours d'incubation sur milieu de Löwenstein-Jensen). Aucune culture n'est obtenue à 52 °C ou sur une gélose de MacConkey sans cristal violet.
Les colonies matures, observées sur milieu de Löwenstein-Jensen ou sur milieu de Middlebrook 7H10, sont lisses, surélevées et de couleur jaune pale.
La croissance est inhibée par l'isoniazide (1,4 mg/mL), la rifampicine (16 mg/mL), la pyrazinamide (66 mg/mL), la thiacétazone (10 mg/mL) et l'hydrazide de l'acide thiophène-2-carboxylique. La ciprofloxacine (2,5 mg/mL), l'éthambutol (3,2 mg/mL) ou le chlorure de sodium (à la concentration de 5 p. cent) n'ont pas d'effet inhibiteur.
Quelques caractères permettant de différencier Mycobacterium elephantis des espèces phylogénétiquement apparentées sont présentés dans le tableau I.
Les caractères phénotypiques de Mycobacterium elephantis sont proches des caractères de Mycobacterium flavescens. Toutefois, cette dernière espèce ne cultive pas ou ne cultive que faiblement à 42 °C. De plus, 44 p. cent des souches de Mycobacterium flavescens réduisent le tellurite, 78 p. cent des souches donnent une réponse positive au test arylsulfatase (après 14 jours), 28 p. cent des souches sont uréase négative, 38 p. cent des souches sont inhibées par 5 p. cent de NaCl et l'acidification du mannitol et du sorbitol est variable.
Comme le soulignent Floy et al., les tests d'identification biochimique ont été mis au point pour permettre le diagnostic des bacilles tuberculeux et de quelques autres mycobactéries importantes en clinique. Pour les autres mycobactéries, l'identification est difficile et devra, notamment, recourir à l'étude des acides mycoliques et/ou à l'analyse de la séquence des ADNr 16S.
Orientation bibliographique
Site Web : Tuberculose. Techniques de diagnostic en mycobactériologie (Michel Fabre, Frédéric Augu & Stéphane Lecaudey)
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Source : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire, J.P. Euzéby — version archivée.