Bacterio

Erysipelothrix

Description

Systématique Le genre Erysipelothrix constitue, avec les genres Brochothrix, Carnobacterium, Caryophanon, Kurthia, Lactobacillus, Listeria et Renibacterium, le groupe des bacilles à Gram positif, non sporulés et de forme régulière. Jusqu’en 1987, le genre Erysipelothrix n’hébergeait qu’une unique espèce, Erysipelothrix rhusiopathiae. En 1987, Takahashi et al., proposent la nomenclature de Erysipelothrix tonsillarum pour des souches dépourvues de pouvoir pathogène pour le porc, présentant une faible homologie ADN - ADN avec Erysipelothrix rhusiopathiae et appartenant au sérovar 7. Ultérieurement, la même équipe inclut dans cette nouvelle espèce les sérovars 3, 10, 14, 20, 22 et 23. Les travaux de Ahrne et al. portant sur le polymorphisme de restriction des gènes codant pour l’ARNr, indiquent cependant que les souches des sérovars 2 et 7 appartiennent soit à l’espèce Erysipelothrix rhusiopathiae soit à l’espèce Erysipelothrix tonsillarum (ce qui remet en cause l’utilisation de la sérologie pour la détermination de l’espèce) et ils suggèrent l’existence d’une troisième espèce. Caractères bactériologiques Les espèces du genre Erysipelothrix sont des bacilles à Gram positif (toutefois, les bactéries se décolorent facilement et elles peuvent apparaître comme des germes à Gram négatif renfermant des granules ayant conservé la coloration de Gram), droits ou légèrement incurvés, de 0,2 à 0,4 mm de diamètre sur 0,8 à 2,5 mm de longueur, se présentant isolés, ou en courtes chaînes, ou en V ou en amas, ayant tendance à former de longs filaments pouvant atteindre ou dépasser 60 mm de longueur, non sporulés, immobiles. Plus rarement, les souches de Erysipelothrix sp. peuvent se présenter sous une forme coccobacillaire. Classiquement, ces bactéries sont considérées comme non capsulées mais des observations en microscopie électronique révèlent la présence d’une couche superficielle évoquant une capsule et dont l’épaisseur et/ou la structure sont impliquées dans la morphologie des colonies et dans l’intensité du pouvoir pathogène. Ce sont des bactéries aéro-anaérobies facultatives (mais apparaissant souvent micro-aérophiles notamment à l’isolement), à métabolisme faiblement fermentatif, catalase et oxydase négatives, acidifiant sans gaz le glucose ou d’autres sucres (l’acidification des sucres peut varier avec les milieux utilisés). À l'exception des vieilles cultures, la très grande majorité des souches produit de l’H2S (à condition d’effectuer cette recherche en milieu TSI). La majorité des souches coagule le plasma de lapin citraté sans doute en utilisant ou en dégradant le citrate, produit une hyaluronidase (les souches du sérovar 1 en produisent généralement de grandes quantités) et une neuraminidase. La production de neuraminidase semble corrélée positivement avec le la virulence. D'autres caractères bactériologiques sont donnés dans le tableau I. La croissance est possible entre 5 et 42 °C avec un optimum thermique compris entre 30 et 37 °C. Elle est favorisée par un pH légèrement alcalin (la croissance se produit entre pH 6,7 et 9,2 avec un optimum de 7,2 à 7,6) et par la présence de glucose (0,2 à 0,5 p. cent), de sérum (5 à 10 p. cent), d’hydrolysats de protéines ou de Tween 80. Les souches de Erysipelothrix sp. peuvent se présenter sous une forme S ou une forme R. Les souches S sont constituées de petits bacilles droits ou légèrement incurvés, donnant des colonies de 0,3 à 1,5 mm de diamètre, légèrement convexes, circulaires, transparentes, avec un aspect lisse, évoluant au cours du temps vers des colonies plus grandes avec un centre opaque. Les souches R se présentent sous la forme de filaments et elles donnent des colonies plus grandes (environ 2 mm de diamètre), plates, opaques, d’aspect mat, à contour irrégulier et ne présentant aucun caractère hémolytique. Entre ces deux formes, il existe des formes intermédiaires. Les colonies S se dissocient pour donner naissance à des colonies intermédiaires ou R et les colonies R sont également capables de donner des colonies intermédiaires ou S. Le germe est dépourvu d’hémolyse bêta mais sur gélose au sang, les colonies peuvent s’entourer d’une zone d’hémolyse alpha parfois très marquée et pouvant mimer une hémolyse bêta lors d’un examen superficiel. Sur un milieu à base de gélatine coulé en tube, ensemencé avec une strie centrale et incubé à 22 °C, la croissance se traduit par un aspect en "brosse à bouteille". Après 24 heures d’incubation, la croissance est faible et ne se matérialise qu’en surface puis progressivement, la culture se développe et atteint le fond du tube réalisant une image caractéristique. Les souches S donnent des ramifications de 2 à 3 mm alors que les souches R produisent des ramifications plus longues pouvant atteindre les parois du tube. Il semble que toutes les souches possèdent en commun un ou plusieurs antigènes thermolabiles constitués de protéines ou de glycoprotéines. En revanche, des antigènes thermostables liés au peptidoglycane permettent de décrire au moins 26 sérovars. Habitat et pouvoir pathogène Les Erysipelothrix sp. sont largement répandus dans la nature. Ce sont des parasites des mammifères, des oiseaux, des poissons et d’autres animaux aquatiques. Certaines souches de Erysipelothrix rhusiopathiae et de Erysipelothrix tonsillarum sont pathogènes pour les mammifères. Orientation bibliographique AHRNE (S.), STRENSTROM (I.M.), JENSEN (N.E. ), PETTERSSON (B.), UHLEN (M.) et MOLIN (G.) : Classification of Erysipelothrix strains on the basis of restriction fragment length polymorphisms. Int. J. Syst. Bacteriol., 1995, 45, 382-385. CHOOROMONEY (K.N.), HAMPSON (D.J.), EAMENS (G.J.) et TURNER (M.J.) : Analysis of Erysipelothrix rhusiopathiae and Erysipelothrix tonsillarum by multilocus enzyme electrophoresis. J. Clin. Microbiol., 1994, 32, 371-376. DUNBAR (S.A.) et CLARRIDGE III (J.E.) : Potential errors in recognition of Erysipelothrix rhusiopathiae. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 1302-1304. NORRUNG (V.) et MOLIN (G.) : A new serotype of Erysipelothrix rhusiopathiae isolated from pig slurry. Acta Vet. Hung., 1991, 39, 137-138. 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