Erysipelotrichaceae
Description
Voir aussi les fichiers : Erysipelothrix, Erysipelothrix rhusiopathiae et Erysipelothrix tonsillarum.
Dans la première édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology, le genre Erysipelothrix est placé dans le groupe des bacilles à Gram positif, non sporulés et de forme régulière qui rassemble également les genres Brochothrix, Carnobacterium, Caryophanon, Kurthia, Lactobacillus, Listeria et Renibacterium.
Durant de nombreuses années, le genre Erysipelothrix a été rapproché du genre Listeria et dans les 6ème et 7ème édition du Bergey's Manual of Determinative Bacteriology ces deux genres sont inclus dans la famille des Corynebacteriaceae. Dans son Traité de Systématique Bactérienne, Prévot étudie les genres Erysipelothrix et Listeria au sein de la famille des Actinomycetaceae. Toutefois, les études de taxonomie numérique, la composition du peptidoglycane, l'étude des lipides et les hybridations ADN-ADN n'étaient pas en faveur d'un rapprochement de ces deux genres.
Les premières analyses des séquences des ARNr16S montraient que Erysipelothrix rhusiopathiae (espèce type du genre) était dans une certaine mesure apparentée à Clostridium innocuum. En 1994, Collins et al. publient les résultats d'une étude phylogénétique du genre Clostridium (sensu lato) et leurs résultats montrent que Erysipelothrix rhusiopathiae et Clostridium innocuum appartiennent à un groupe apparenté aux Mycoplasmatales. Pour Collins et al., ce groupe comprendrait 5 genres : (i) un genre qui devrait rassembler Clostridium spiroforme et Clostridium ramosum ; (ii) un genre qui devrait regrouper Lactobacillus catenaformis et Lactobacillus vitulinus ; (iii) un genre rassemblant Eubacterium biforme et Streptococcus polymorphus ; (iv) un genre constitué par l'espèce Clostridium innocuum et (v) le genre Erysipelothrix.
En 2004, Verbarg et al. proposent de placer le genre Erysipelothrix dans la nouvelle famille des Erysipelotrichaceae. Cette proposition repose sur les analyses phylogénétiques et sur la structure du peptidoglycane. En effet, les représentants de cette famille possèdent un peptidoglycane du type B1delta (voir aussi le fichier "Classification des peptidoglycanes selon Schleifer et Kandler").
Les peptidoglycanes du type B sont caractérisés par leurs ponts interpeptidiques qui unissent l'un des groupes carboxyles du deuxième acide aminé d'une chaîne tétrapeptidique au groupe carboxyle du quatrième acide aminé d'une autre chaîne tétrapeptidique.
Dans le sous-groupe B1, les ponts interpeptidiques renferment un acide aminé "basique" sous forme L (généralement la L-lysine) et, pour les espèces ayant un peptidoglycane du type B1delta, l'acide aminé en position 3 de la chaîne tétrapeptidique est la L-alanine.
Dans le cas des représentants de la famille des Erysipelotrichaceae, les pont interpeptidiques sont constitués de glycine -> L-lysine -> L-lysine.
La description de la famille des Erysipelotrichaceae est la suivante :
. Bacilles minces, droits ou légèrement incurvés, pouvant donner des formes filamenteuses, immobiles et non sporulés, aéro-anaérobies, chimio-organotrophes, à métabolisme respiratoire et faiblement fermentatif, acidifiant sans gaz le glucose et d'autres sucres, dépourvus de ménaquinone et possédant un peptidoglycane du type B1delta dont les ponts interpeptidiques sont constitués de glycine -> L-lysine -> L-lysine.
. Les principaux acides gras sont les acides C16:0, C18:19cis et C18:0.
. Le G + C p. cent des représentants de la famille est compris entre 36 et 40.
. Le genre type est le genre Erysipelothrix dont l'ADN des différentes espèces peut être spécifiquement amplifié en utilisant les amorces 5'-TGATGCCATAGAAACTGGTA-3' et 5'-CTGTATCCGCCATAACTA-3'.
. Certains représentants de la famille sont pathogènes pour les mammifères et les oiseaux.
La famille des Erysipelotrichaceae appartient à la classe des Mollicutes, à la division ou phylum des "Firmicutes" et au domaine ou empire des "Bacteria".
La famille des Erysipelotrichaceae Verbarg et al. 2004 comprend les genres Bulleidia, Erysipelothrix, Holdemania et Solobacterium.
Orientation bibliographique
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